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– Oh! ça, c’est bien vrai, s’écria Louise; il n’y en a pas une autre comme vous au moins… mademoi… madame Germain.
– À la bo
– Quel bonheur que tant de richesse tombe à une perso
– Sans doute il est bien riche, mais s’il n’était que cela… Ah! ma bo
– Un prince?
– Qu’est-ce que je dis, un prince… une altesse royale, un grand-duc régnant, un roi en petit… Germain m’a expliqué ça.
– M. Rodolphe!
– Hein! ma pauvre Louise! Et moi qui lui avais demandé de m’aider à cirer ma chambre!
– Un prince… presque un roi! C’est ça qu’il a tant de pouvoir pour faire le bien.
– Vous comprenez ma confusion, ma bo
– Vous n’avez plus eu peur? Oh! moi, comme j’aurais tremblé!
– Eh bien! moi, non. Après avoir reçu Mme Georges avec une bonté sans pareille et offert sa main à Germain, le prince m’a dit en souriant: «Eh bien! ma voisine, comment vont papa Crétu et Ramonette? (C’est le nom de mes oiseaux; faut-il qu’il soit aimable pour s’en être souvenu!) Je suis sûr, a-t-il ajouté, que maintenant vous et Germain vous luttez de chants joyeux avec vos jolis oiseaux? – Oui, monseigneur. (Mme Georges nous avait fait la leçon toute la route, à nous deux Germain, nous disant qu’il fallait appeler le prince monseigneur.) Oui, monseigneur, notre bonheur est grand, et il nous semble plus doux et plus grand encore parce que nous vous le devons. – Ce n’est pas à moi que vous le devez, mon enfant, mais à vos excellentes qualités et à celles de Germain.» Et cætera, et cætera, je passe le reste de ses compliments. Enfin nous avons quitté ce seigneur le cœur un peu gros, car nous ne le verrons plus. Il nous a dit qu’il retournait en Allemagne sous peu de jours, peut-être qu’il est déjà parti; mais, parti ou non, son souvenir sera toujours avec nous.
– Puisqu’il a des sujets, ils doivent être bien heureux!
– Jugez! il nous a fait tant de bien, à nous qui ne lui sommes rien. J’oubliais de vous dire que c’était à cette ferme-là qu’avait habité une de mes ancie
– Allons, tant mieux, dit amèrement Louise; elle est heureuse aussi, elle…
– Ma bo
– Si mon enfant m’était resté, dit tristement Louise en interrompant Rigolette, cela m’aurait consolée; car maintenant quel est l’ho
– Au contraire, Louise, moi je dis qu’il n’y a qu’un ho
– Vous me dites cela pour me consoler.
– Non, je dis cela parce que c’est vrai.
– Enfin, vrai ou non, ça me fait du bien, toujours, et je vous en remercie. Mais qui vient donc là? Tiens, c’est M. Pipelet et sa femme! Mon Dieu, comme il a l’air content! lui qui, dans les derniers temps, était toujours si malheureux des plaisanteries de M. Cabrion.
En effet, M. et Mme Pipelet s’avançaient allègrement, Alfred, toujours coiffé de son inamovible chapeau tromblon, portait un magnifique habit vert pré encore dans tout son lustre; sa cravate, à coins brodés, laissait dépasser un col de chemise formidable qui lui cachait la moitié des joues; un grand gilet à fond jaune vif, à larges bandes marron, un pantalon noir un peu court, des bas d’une éblouissante blancheur et des souliers cirés à l’œuf complétaient son accoutrement.
Anastasie se prélassait dans une robe de mérinos amarante sur laquelle tranchait vivement un châle d’un bleu foncé. Elle exposait orgueilleusement à tous les regards sa perruque fraîchement bouclée et tenait son bo
La physionomie d’Alfred, ordinairement si grave, si recueillie et dernièrement si abattue, était rayo
– Délivré!… parti!
– Ah! mon Dieu! monsieur Pipelet, dit Rigolette, comme vous avez l’air joyeux! qu’avez-vous donc?
– Parti… mademoiselle, ou plutôt madame, veux-je, puis-je, dois-je dire, car maintenant vous êtes exactement semblable à Anastasie, grâce au conjungo, de même que votre mari, M. Germain, est exactement semblable à moi.
– Vous êtes bien ho