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– Pardieu! parce qu’on me verrait faire la bo

– Vous êtes fâchée contre moi, la Louve?

– Oui, vous êtes pour moi une mauvaise co

Fleur-de-Marie comprit que sa compagne, dont le cœur n’était pas complètement vicié, se débattait, pour ainsi dire, contre de meilleures tendances. Sans doute, ces vagues aspirations vers le bien avaient été éveillées chez la Louve par la sympathie, par l’intérêt involontaire que lui inspirait Fleur-de-Marie. Heureusement pour l’humanité, de rares mais éclatants exemples prouvent, nous le répétons, qu’il est des âmes d’élite, douées, presque à leur insu, d’une telle puissance d’attraction qu’elles forcent les êtres les plus réfractaires à entrer dans leur sphère et à tendre plus ou moins à s’assimiler à elles.

Les résultats prodigieux de certaines missions, de certains apostolats, ne s’expliquent pas autrement…

Dans un cercle infiniment borné, telle était la nature des rapports de Fleur-de-Marie et de la Louve; mais celle-ci, par une contradiction singulière, ou plutôt par une conséquence de son caractère intraitable et pervers, se défendait de tout son pouvoir contre la salutaire influence qui la gagnait… de même que les caractères ho

Si l’on songe que le vice a souvent un orgueil infernal, l’on ne s’éto

Pourtant ces hésitations, ces colères, ces combats, mêlés çà et là de quelques élans généreux, révélaient chez cette malheureuse des symptômes trop favorables et trop significatifs pour que Fleur-de-Marie abando

Oui, pressentant que la Louve n’était pas absolument perdue, elle aurait voulu la sauver comme on l’avait sauvée elle-même.

«La meilleure manière de prouver ma reco

Prenant timidement la main de sa compagne, qui la regardait avec une sombre défiance, Fleur-de-Marie lui dit:

– Je vous assure, la Louve… que vous vous intéressez à moi… non pas parce que vous êtes lâche, mais parce que vous êtes généreuse. Les braves cœurs sont les seuls qui s’attendrissent sur le malheur des autres.

– Il n’y a ni générosité ni courage là-dedans, dit brutalement la Louve; c’est de la lâcheté… D’ailleurs, je ne veux pas que vous me disiez que je me suis attendrie… ça n’est pas vrai…

– Je ne le dirai plus, la Louve; mais puisque vous m’avez témoigné de l’intérêt… vous me laisserez vous en être reco

– Je m’en moque pas mal!… Ce soir, je serai dans une autre salle que vous… ou seule au cachot, et bientôt je serai dehors, Dieu merci!

– Et où irez-vous en sortant d’ici?

– Tiens!… chez moi, donc, rue Pierre-Lescot. Je suis dans mes meubles.

– Et Martial… dit la Goualeuse, qui espérait continuer l’entretien en parlant à la Louve d’un objet intéressant pour elle, et Martial, vous serez bien contente de le revoir?

– Oui… oh, oui!… répondit-elle avec un accent passio

– Et où est-il maintenant? Que fait-il?

– Il demeure toujours près du pont d’Asnières, sur le bord de l’eau.

– Sur le bord de l’eau?

– Oui, il est établi là, avec sa famille, dans une maison isolée. Il est toujours en guerre avec les gardes-pêche, et une fois qu’il est dans son bateau, avec son fusil à deux coups, il ne ferait pas bon l’approcher, allez! dit orgueilleusement la Louve.

– Quel est donc son état?

– Il pêche en fraude, la nuit; et puis, comme il est brave comme un lion, quand un poltron veut faire chercher querelle à un autre, il s’en charge, lui… Son père a eu des malheurs avec la justice. Il a encore sa mère, deux sœurs et un frère… Autant vaudrait pour lui… ne pas l’avoir, ce frère-là, car c’est un scélérat qui se fera guillotiner un jour ou l’autre… ses sœurs aussi… Enfin, n’importe, c’est à eux leur cou.

– Et où l’avez-vous co

– À Paris. Il avait voulu apprendre l’état de serrurier… un bel état, toujours du fer rouge et du feu autour de soi… du danger, quoi!… ça lui convenait; mais, comme moi, il avait mauvaise tête, ça n’a pas pu marcher avec ses bourgeois; alors il s’en est retourné auprès de ses parents, et il s’est mis à marauder sur la rivière. Il vient me voir à Paris, et moi, dans le jour, je vais le voir à Asnières: c’est tout près: ça serait plus loin que j’irais tout de même, quand ça serait sur les genoux et sur les mains.

– Vous serez bien heureuse d’aller à la campagne… vous la Louve! dit la Goualeuse en soupirant; surtout si vous aimez, comme moi, à vous promener dans les champs.

– J’aimerais bien mieux me promener dans les bois, dans les grandes forêts, avec mon homme.

– Dans les forêts?… Vous n’auriez pas peur?

– Peur? ah! bien oui, peur! Est-ce qu’une louve a peur? Plus la forêt serait déserte et épaisse, plus j’aimerais ça. Une hutte isolée où j’habiterais avec Martial, qui serait braco

– Vous avez donc déjà habité des bois, la Louve?

– Jamais.

– Qui vous a donc do

– Martial.