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À son tour, Herma

Toute la journée, Herma

Lorsqu’il se réveilla, il était nuit, la lune éclairait sa chambre. Il regarda l’heure; il était trois heures moins un quart. Il n’avait plus envie de dormir. Il était assis sur son lit et pensait à la vieille comtesse.

En ce moment, quelqu’un dans la rue s’approcha de la fenêtre comme pour regarder dans sa chambre, et passa aussitôt. Herma

«Je viens à toi contre ma volonté, dit-elle d’une voix ferme. Je suis contrainte d’exaucer ta prière. Trois-sept-as gagneront pour toi l’un après l’autre; mais tu ne joueras pas plus d’une carte en vingt-quatre heures, et après, pendant toute ta vie, tu ne joueras plus! Je te pardo

À ces mots, elle se dirigea vers la porte et se retira en traînant encore ses pantoufles sur le parquet. Herma

Herma

VI

Deux idées fixes ne peuvent exister à la fois dans le monde moral, de même que dans le monde physique deux corps ne peuvent occuper à la fois la même place. Trois-sept-as effacèrent bientôt dans l’imagination de Herma

«Quelle jolie taille! disait-il; elle ressemble à un trois de cœur.»

On lui demandait l’heure; il répondait: «Sept de carreau moins un quart.»

Tout gros homme qu’il voyait lui rappelait un as. Trois-sept-as le suivaient en songe, et lui apparaissaient sous maintes formes étranges. Il voyait des trois s’épanouir comme des magnolia grandiflora. Des sept s’ouvraient en portes gothiques; des as se montraient suspendus comme des araignées monstrueuses. Toutes ses pensées se concentraient vers un seul but: comment mettre à profit ce secret si chèrement acheté? Il songeait à demander un congé pour voyager. À Paris, se disait-il, il découvrirait quelque maison de jeu où il ferait en trois coups sa fortune. Le hasard le tira bientôt d’embarras.

Il y avait à Moscou une société de joueurs riches, sous la présidence du célèbre Tchekalinski, qui avait passé toute sa vie à jouer, et qui avait amassé des millions, car il gagnait des billets de banque et ne perdait que de l’argent blanc. Sa maison magnifique, sa cuisine excellente, ses manières ouvertes, lui avaient fait de nombreux amis et lui attiraient la considération générale. Il vint à Pétersbourg. Aussitôt la jeunesse accourut dans ses salons, oubliant les bals pour les soirées de jeu et préférant les émotions du tapis vert aux séductions de la coquetterie. Herma

Ils traversèrent une longue enfilade de pièces remplies de serviteurs polis et empressés. Il y avait foule partout. Des généraux et des conseillers privés jouaient au whist. Des jeunes gens étaient étendus sur les divans, prenant des glaces et fumant de grandes pipes. Dans le salon principal, devant une longue table autour de laquelle se serraient une vingtaine de joueurs, le maître de la maison tenait une banque de pharaon. C’était un homme de soixante ans environ, d’une physionomie douce et noble, avec des cheveux blancs comme la neige. Sur son visage plein et fleuri, on lisait la bo

La taille dura longtemps; on pontait sur plus de trente cartes. À chaque coup, Tchekalinski s’arrêtait pour laisser aux gagnants le temps de faire des paroli, payait, écoutait civilement les réclamations, et plus civilement encore faisait abattre les cornes qu’une main distraite s’était permise.

Enfin la taille finit; Tchekalinski mêla les cartes et se prépara à en faire une nouvelle.

«Permettez-vous que je pre

Tchekalinski, en lui adressant un gracieux sourire, s’inclina poliment en signe d’acceptation. Naroumof complimenta en riant Herma

«Va! dit Herma

– Combien? demanda le banquier en clignant des yeux. Excusez, je ne vois pas.

– Quarante-sept mille roubles», dit Herma

«Il a perdu l’esprit», pensa Naroumof.

«Permettez-moi de vous faire observer, monsieur, dit Tchekalinski avec son éternel sourire, que votre jeu est un peu fort. Jamais on ne ponte ici que deux cent soixante-quinze mille roubles sur le simple.