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Il serra la main d’Aramis et alla trouver Porthos.
– Ami, lui dit-il, vous avez tant travaillé avec moi à édifier notre fortune, jusqu’au moment où nous sommes sur le point de recueillir le fruit de nos travaux, ce serait une duperie ridicule à vous que de vous laisser dominer par Aramis, dont vous co
– Mais je dirais que nous avons eu trop de mal à le prendre pour le lâcher ainsi.
– Bravo! Porthos, et vous auriez raison, mon ami; car avec lui vous lâcheriez votre baro
– Bon! vous croyez?
– J’en suis sûr.
– Alors je tuerais plutôt tout que de le laisser échapper.
– Et vous auriez raison. Il ne s’agit pas, vous comprenez, quand nous avons cru faire nos affaires, d’avoir fait celles des frondeurs, qui d’ailleurs n’entendent pas les questions politiques comme nous, qui sommes de vieux soldats.
– N’ayez pas peur, cher ami, dit Porthos, je vous regarde par la fenêtre monter à cheval, je vous suis des yeux jusqu’à ce que vous ayez disparu, puis je reviens m’installer à la porte du cardinal, à une porte vitrée qui do
– Bravo! pensa d’Artagnan, de ce côté, je crois, le cardinal sera bien gardé.
Et il serra la main du seigneur de Pierrefonds et alla trouver Athos.
– Mon cher Athos, dit-il, je pars. Je n’ai qu’une chose à vous dire: vous co
– Il ne me fallait rien moins qu’une telle considération, mon cher d’Artagnan, pour me décider à faire le métier de geôlier. Je vous do
– Voilà qui me rassure plus que toutes les signatures royales, pensa d’Artagnan. Maintenant que j’ai la parole d’Athos, je puis partir.
D’Artagnan partit effectivement seul, sans autre escorte que son épée et avec un simple laissez-passer de Mazarin pour parvenir près de la reine.
Six heures après son départ de Pierrefonds, il était à Saint-Germain.
La disparition de Mazarin était encore ignorée; A
Bernouin seul en savait un peu plus que les autres.
Bernouin, ne voyant pas revenir son maître et entendant so
A
Or, comme d’Artagnan ne formait pas une troupe, puisqu’il était seul, puisqu’il ne s’éloignait pas de Rueil, puisqu’il allait à Saint-Germain, perso
En entrant dans la cour du vieux château, la première perso
À la vue de d’Artagnan, qui entrait à cheval dans la cour d’ho
– Monsieur d’Artagnan! s’écria celui-ci, pareil à un homme qui a le cauchemar et qui parle en dormant; monsieur d’Artagnan!
– Lui-même, monsieur Bernouin.
– Et que venez-vous faire ici?
– Apporter des nouvelles de M. de Mazarin, et des plus fraîches même.
– Et qu’est-il donc devenu?
– Il se porte comme vous et moi.
– Il ne lui est donc rien arrivé de fâcheux?
– Rien absolument. Il a seulement éprouvé le besoin de faire une course dans l’Île-de-France, et nous a priés, M. le comte de La Fère, M. du Vallon et moi, de l’accompagner. Nous étions trop ses serviteurs pour lui refuser une pareille demande. Nous sommes partis hier soir, et nous voilà.
– Vous voilà.
– Son Éminence avait quelque chose à faire dire à Sa Majesté, quelque chose de secret et d’intime, une mission qui ne pouvait être confiée qu’à un homme sûr, de sorte qu’elle m’a envoyé à Saint-Germain. Ainsi donc, mon cher monsieur Bernouin, si vous voulez faire quelque chose qui soit agréable à votre maître, prévenez Sa Majesté que j’arrive et dites-lui dans quel but.
Qu’il parlât sérieusement ou que son discours ne fût qu’une plaisanterie, comme il était évident que d’Artagnan était, dans les circonstances présentes, le seul homme qui pût tirer A
D’Artagnan s’approcha de sa souveraine avec toutes les marques du plus profond respect.
Arrivé à trois pas d’elle, il mit un genou en terre et lui présenta la lettre.
C’était, comme nous l’avons dit, une simple lettre, moitié d’introduction, moitié de créance. La reine la lut, reco
D’Artagnan lui raconta tout avec cet air naïf et simple qu’il savait si bien prendre dans certaines circonstances.
La reine, à mesure qu’il parlait, le regardait avec un éto
– Comment, monsieur! s’écria, quand d’Artagnan eut terminé son récit, la reine rouge d’indignation, vous osez m’avouer votre crime! me raconter votre trahison!
– Pardon, Madame, mais il me semble, ou que je me suis mal expliqué, ou que Votre Majesté m’a mal compris; il n’y a là-dedans ni crime ni trahison. M. de Mazarin nous tenait en prison, M. du Vallon et moi, parce que nous n’avons pu croire qu’il nous ait envoyés en Angleterre pour voir tranquillement couper le cou au roi Charles Ier, le beau-frère du feu roi votre mari, l’époux de Madame Henriette, votre sœur et votre hôte, et que nous avons fait tout ce que nous avons pu pour sauver la vie du martyr royal. Nous étions donc convaincus, mon ami et moi, qu’il y avait là-dessous quelque erreur dont nous étions victimes, et qu’une explication entre nous et Son Éminence était nécessaire. Or, pour qu’une explication porte ses fruits, il faut qu’elle se fasse tranquillement, loin du bruit des importuns. Nous avons en conséquence emmené M. le cardinal dans le château de mon ami, et là nous nous sommes expliqués. Eh bien! Madame, ce que nous avions prévu est arrivé, il y avait erreur. M. de Mazarin avait pensé que nous avions servi le général Cromwell, au lieu d’avoir servi le roi Charles, ce qui eût été une honte qui eût rejailli de nous à lui, de lui à Votre Majesté, une lâcheté qui eût taché à sa tige la royauté de votre illustre fils. Or, nous lui avons do