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Ce discours fit impression sur les deux autres officiers.

– Monsieur, dit Athos, permettez-moi de vous dire que votre raiso

Le lieutenant fit un signe aux autres officiers.

– Non, monsieur, dit-il, non; à votre tour vous allez trop loin. Le général n'a rien à souffrir des événements, et sans doute, au contraire, il les a dirigés. Ce que fait Monck à cette heure, il l'a fait souvent. Nous avons donc tort de nous alarmer; son absence sera de courte durée, sans doute; aussi gardons-nous bien, par une pusillanimité dont le général nous ferait un crime, d'ébruiter son absence, qui pourrait démoraliser l'armée. Le général do

– Messieurs, dit Athos, vous oubliez que cette nuit le général m'a confié un dépôt sur lequel je dois veiller. Do

Les officiers se consultèrent un moment; puis après cette consultation:

– Soit, monsieur, dit le lieutenant; retournez chez vous.

Puis ils do

Chapitre XXVIII – La marchandise de contrebande

Deux jours après les événements que nous venons de raconter, et tandis qu'on attendait à chaque instant dans son camp le général Monck, qui n'y rentrait pas, une petite felouque hollandaise, montée par dix hommes, vint jeter l'ancre sur la côte de Scheveningen, à une portée de canon à peu près de la terre. Il était nuit serrée, l'obscurité était grande, la mer montait dans l'obscurité: c'était une heure excellente pour débarquer passagers et marchandises.

La rade de Scheveningen forme un vaste croissant; elle est peu profonde, et surtout peu sûre, aussi n'y voit-on statio

Lorsque le flot grandit, monte et pousse à la terre, il n'est pas très prudent de faire arriver l'embarcation trop près de la côte, car si le vent est frais, les proues s'ensablent, et le sable de cette côte est spongieux; il prend facilement mais ne rend pas de même. C'est sans doute pour cette raison que la chaloupe se détacha du bâtiment aussitôt que le bâtiment eut jeté l'ancre, et vint avec huit de ses marins, au milieu desquels on distinguait un objet de forme oblongue, une sorte de grand panier ou de ballot. La rive était déserte: les quelques pêcheurs habitant la dune étaient couchés. La seule sentinelle qui gardât la côte (côte fort mal gardée, attendu qu'un débarquement de grand navire était impossible), sans avoir pu suivre tout à fait l'exemple des pêcheurs qui étaient allés se coucher, les avait imités en ce point qu'elle dormait au fond de sa guérite aussi profondément qu'eux dormaient dans leurs lits. Le seul bruit que l'on entendît était donc le sifflement de la brise nocturne courant dans les bruyères de la dune. Mais c'étaient des gens défiants sans doute que ceux qui s'approchaient, car ce silence réel et cette solitude apparente ne les rassurèrent point; aussi leur chaloupe, à peine visible comme un point sombre sur l'océan, glissa-t-elle sans bruit, évitant de ramer de peur d'être entendue, et vint-elle toucher terre au plus près.

À peine avait-on senti le fond qu'un seul homme sauta hors de l'esquif après avoir do

Tout dormait là comme partout; seulement, un gros chien, de la race de ceux que les pêcheurs de Scheveningen attellent à de petites charrettes pour porter leur poisson à La Haye, se mit à pousser des aboiements formidables aussitôt que l'étranger fit entendre son pas devant les fenêtres. Mais cette surveillance, au lieu d'effrayer le nouveau débarqué, sembla au contraire lui causer une grande joie, car sa voix peut-être eût été insuffisante pour réveiller les gens de la maison, tandis qu'avec un auxiliaire de cette importance, sa voix était devenue presque inutile. L'étranger attendit donc que les aboiements sonores et réitérés eussent, selon toute probabilité, produit leur effet, et alors il hasarda un appel. À sa voix le dogue se mit à rugir avec une telle violence, que bientôt à l'intérieur une autre voix se fit entendre, apaisant celle du chien. Puis, lorsque le chien se fut apaisé:

– Que voulez-vous? demanda cette voix à la fois faible, cassée et polie.

– Je demande Sa Majesté le roi Charles II, fit l'étranger.

– Que lui voulez-vous?

– Je veux lui parler.

– Qui êtes-vous?

– Ah! mordioux! vous m'en demandez trop, je n'aime pas à dialoguer à travers les portes.

– Dites seulement votre nom.

– Je n'aime pas davantage à décliner mon nom en plein air; d'ailleurs, soyez tranquille, je ne mangerai pas votre chien, et je prie Dieu qu'il soit aussi réservé à mon égard.