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Ainsi, Lambert en persécutant le Parlement, Monck en se déclarant pour lui, s'étaient mutuellement déclarés e
Monck avait pacifié l'Écosse, il s'y était formé une armée et s'en était fait un asile: l'une gardait l'autre; Monck savait que le jour n'était pas encore venu, jour marqué par le Seigneur, pour un grand changement; aussi son épée paraissait-elle collée au fourreau. Inexpugnable dans sa farouche et montagneuse Écosse, général absolu, roi d'une armée de onze mille vieux soldats, qu'il avait plus d'une fois conduits à la victoire; aussi bien et mieux instruit des affaires de Londres que Lambert, qui tenait garnison dans la Cité, voilà quelle était la position de Monck lorsque à cent lieues de Londres il se déclara pour le Parlement. Lambert, au contraire, comme nous l'avons dit, habitait la capitale. Il y avait le centre de toutes ses opérations, et il y réunissait autour de lui et tous ses amis et tout le bas peuple, éternellement enclin à chérir les e
Monck, toujours circonspect, s'arrêta où il était et plaça son quartier général à Coldstream, sur la Tweed.
La vue de Lambert répandit la joie dans l'armée de Monck, tandis qu'au contraire la vue de Monck jeta le désarroi dans l'armée de Lambert. On eût cru que ces intrépides batailleurs, qui avaient fait tant de bruit dans les rues de Londres, s'étaient mis en route dans l'espoir de ne rencontrer perso
Les Écossais, leur distribution d'orge faite, ne s'inquiétèrent donc point s'il y avait ou s'il n'y avait pas de viande à Coldstream. Monck, peu familiarisé avec les gâteaux d'orge, avait faim, et son état-major, aussi affamé pour le moins que lui, regardait avec anxiété à droite et à gauche pour savoir ce qu'on préparait à souper. Monck se fit renseigner; ses éclaireurs avaient en arrivant trouvé la ville déserte et les buffets vides; de bouchers et de boulangers, il n'y fallait pas compter à Coldstream. On ne trouva donc pas le moindre morceau de pain pour la table du général.
Au fur et à mesure que les récits se succédaient, aussi peu rassurants les uns que les autres, Monck, voyant l'effroi et le découragement sur tous les visages, affirma qu'il n'avait pas faim; d'ailleurs on mangerait le lendemain, puisque Lambert était là probablement dans l'intention de livrer bataille, et par conséquent pour livrer ses provisions s'il était forcé dans Newcastle, ou pour délivrer à jamais les soldats de Monck de la faim s'il était vainqueur.
Cette consolation ne fut efficace que sur le petit nombre; mais peu importait à Monck, car Monck était fort absolu sous les apparences de la plus parfaite douceur.
Force fut donc à chacun d'être satisfait, ou tout au moins de le paraître. Monck, tout aussi affamé que ses gens, mais affectant la plus parfaite indifférence pour ce mouton absent, coupa un fragment de tabac, long d'un demi-pouce, à la carotte d'un sergent qui faisait partie de sa suite, et commença à mastiquer le susdit fragment en assurant à ses lieutenants que la faim était une chimère, et que d'ailleurs on n'avait jamais faim tant qu'on avait quelque chose à mettre sous sa dent. Cette plaisanterie satisfit quelques-uns de ceux qui avaient résisté à la première déduction que Monck avait tirée du voisinage de Lambert; le nombre des récalcitrants diminua donc d'autant; la garde s'installa, les patrouilles commencèrent, et le général continua son frugal repas sous sa tente ouverte.
Entre son camp et celui de l'e
Le potager, l'une des pattes les plus allongées de l'abbaye, s'étendait jusqu'au camp de Monck. Malheureusement on en était, comme nous l'avons dit, aux premiers jours de juin, et le potager, abando
Monck avait fait garder ce lieu comme le plus propre aux surprises. On voyait bien au-delà de l'abbaye les feux du général e