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– Madame! s’écria-t-il, on tue, on égorge mes frères; on veut me tuer, on veut m’égorger aussi. Ah! vous êtes la reine… sauvez-moi.

Et il se précipita à ses pieds, laissant sur le tapis une large trace de sang.

En voyant cet homme pâle, défait, agenouillé devant elle, la reine de Navarre se dressa épouvantée, cachant son visage entre ses mains et criant au secours.

– Madame, dit La Mole en faisant un effort pour se relever, au nom du Ciel, n’appelez pas, car si l’on vous entend, je suis perdu! Des assassins me poursuivent, ils montaient les degrés derrière moi. Je les entends… les voilà! les voilà!…

– Au secours! répéta la reine de Navarre, hors d’elle, au secours!

– Ah! c’est vous qui m’avez tué! dit La Mole au désespoir. Mourir par une si belle voix, mourir par une si belle main! Ah! j’aurais cru cela impossible!

Au même instant la porte s’ouvrit et une meute d’hommes haletants, furieux, le visage taché de sang et de poudre, arquebuses, hallebardes et épées en arrêt, se précipita dans la chambre.

À leur tête était Coco

– Mordi! cria-t-il, le voilà, le voilà! Ah! cette fois, nous le tenons, enfin!

La Mole chercha autour de lui une arme et n’en trouva point. Il jeta les yeux sur la reine et vit la plus profonde pitié peinte sur son visage. Alors il comprit qu’elle seule pouvait le sauver, se précipita vers elle et l’enveloppa dans ses bras.

Coco

Marguerite vit couler le sang, Marguerite sentit frisso

– Ah! madame! murmura-t-il d’une voix mourante, sauvez-moi!

Ce fut tout ce qu’il put dire. Son œil voilé par un nuage pareil à la nuit de la mort s’obscurcit; sa tête alourdie retomba en arrière, ses bras se détendirent, ses reins plièrent et il glissa sur le plancher dans son propre sang, entraînant la reine avec lui.

En ce moment Coco

À l’aspect de ce fer nu, et peut-être plutôt encore à la vue de cette insolence brutale, la fille des rois se releva de toute sa taille et poussa un cri tellement empreint d’épouvante, d’indignation et de rage, que le Piémontais demeura pétrifié par un sentiment inco

Mais tout à coup, par une porte cachée dans la muraille s’élança un jeune homme de seize à dix-sept ans, vêtu de noir, pâle et les cheveux en désordre.

– Attends, ma sœur, attends, cria-t-il, me voilà! me voilà!

– François! François! à mon secours! dit Marguerite.

– Le duc d’Alençon! murmura La Hurière en baissant son arquebuse.

– Mordi, un fils de France! grommela Coco

Le duc d’Alençon jeta un regard autour de lui. Il vit Marguerite échevelée, plus belle que jamais, appuyée à la muraille, entourée d’hommes la fureur dans les yeux, la sueur au front, et l’écume à la bouche.

– Misérables! s’écria-t-il.

– Sauvez-moi, mon frère! dit Marguerite épuisée. Ils veulent m’assassiner. Une flamme passa sur le visage pâle du duc.

Quoiqu’il fût sans armes, soutenu, sans doute par la conscience de son nom, il s’avança les poings crispés contre Coco

– Assassinerez-vous ainsi un fils de France? voyons! Puis, comme ils continuaient de reculer devant lui:

– Çà, mon capitaine des gardes, venez ici, et qu’on me pende tous ces brigands!

Plus effrayé à la vue de ce jeune homme sans armes qu’il ne l’eût été à l’aspect d’une compagnie de reîtres ou de lansquenets, Coco

Pendant ce temps, Marguerite avait instinctivement jeté sur le jeune homme évanoui sa couverture de damas, et s’était éloignée de lui.

Quand le dernier meurtrier eut disparu, le duc d’Alençon se retourna.

– Ma sœur, s’écria-t-il en voyant Marguerite toute marbrée de sang, serais tu blessée?

Et il s’élança vers sa sœur avec une inquiétude qui eût fait ho

– Non, dit-elle, je ne le crois pas, ou, si je le suis, c’est légèrement.

– Mais ce sang, dit le duc en parcourant de ses mains tremblantes tout le corps de Marguerite; ce sang, d’où vient-il?

– Je ne sais, dit la jeune femme. Un de ces misérables a porté la main sur moi, peut-être était-il blessé.

– Porté la main sur ma sœur! s’écria le duc. Oh! si tu me l’avais seulement montré du doigt, si tu m’avais dit lequel, si je savais où le trouver!

– Chut! dit Marguerite.

– Et pourquoi? dit François.

– Parce que si l’on vous voyait à cette heure dans ma chambre…

– Un frère ne peut-il pas visiter sa sœur, Marguerite?

La reine arrêta sur le duc d’Alençon un regard si fixe et cependant si menaçant, que le jeune homme recula.

– Oui, oui, Marguerite, dit-il, tu as raison, oui, je rentre chez moi. Mais tu ne peux rester seule pendant cette nuit terrible. Veux-tu que j’appelle Gillo

– Non, non, perso