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Il fallait absolument se secouer, retrouver mon père et notre vie d'antan. De quels charmes ne se paraient pas pour moi subitement les deux a

Je sais qu'on peut trouver à ce changement des motifs compliqués, que l'on peut me doter de complexes magnifiques: un amour incestueux pour mon père ou une passion malsaine pour A

«Ce que j'aime dans la jeunesse, c'est son entrain, sa conversation...»

Je le regardai violemment, avec dureté. Il était vrai qu'il aimait la jeunesse et avec qui avais-je parlé si ce n'est avec lui? Nous avions parlé de tout: de l'amour, de la mort, de la musique. Il m'abando

«Vous avez mauvaise mine, j'ai des remords de vous faire travailler.»

Je ne répondis pas, je me détestais trop moi-même pour cette espèce de drame que je montais et que je ne pouvais plus arrêter. Nous avions fini de dîner. Sur la terrasse, dans le rectangle lumineux projeté par la fenêtre de la salle à manger, je vis la main d'A

la netteté de mes souvenirs à partir de ce moment m'éto

En attendant, je maigrissais un peu plus chaque jour, je ne faisais que dormir sur la plage et, aux repas, je gardais malgré moi un silence anxieux qui finissait par les gêner. Je regardais A

Mon père souffrait autant qu'il lui était, dans son cas, possible de souffrir. C'est-à-dire peu, car il était fou d'A

«A

II croyait tout arranger et sans doute, dix jours plus tôt, cela eût tout arrangé. Mais j'étais arrivée bien plus loin dans les complications et les heures de travail pendant l'après-midi ne me gênaient plus, étant do

A

«C'est vrai que ça ne lui réussit pas. D'ailleurs, il lui suffirait de travailler vraiment au lieu de tourner en rond dans sa chambre...»

Je m'étais retournée, je les regardais. Comment savait-elle que je ne travaillais pas? Peut-être même avait-elle deviné mes pensées, je la croyais capable de tout. Cette idée me fit peur:

«Je ne tourne pas en rond dans ma chambre, protestai-je.

– Est-ce ce garçon qui te manque? demanda mon père.

– Non!»

C'était un peu faux. Mais il est vrai que je n'avais pas eu le temps de penser à Cyril.

«Et pourtant tu ne te portes pas bien, dit mon père sévèrement. A

– Ma petite Cécile, dit A

– Je me fous de mon examen, criai-je, vous comprenez, je m'en fous!»

Je la regardai désespérément, bien en face, pour qu'elle comprît que c'était plus grave qu'un examen. Il fallait qu'elle me dise: «Alors, qu'est-ce que c'est?», qu'elle me harcèle de questions, qu'elle me force à tout lui raconter. Et là, elle me convaincrait, elle déciderait ce qu'elle voudrait, mais ainsi je ne serais plus infestée de ces sentiments acides et déprimants. Elle me regardait attentivement, je voyais le bleu de Prusse de ses yeux assombris par l'attention, le reproche. Et je compris que jamais elle ne penserait à me questio