Страница 35 из 69
Moi, je n'en abuse pas. Mais j'imagine un enfant… lui aussi, il peut tout leur faire. Parfois il me vient une idée stupide. Envoyant ces cités de sable, je me dis: et si c'était la nôtre? Si nous étions nous aussi installés dans quelque aquarium prison et surveillés par une autre espèce géante? Si Adam et Eve avaient été deux cobayes expérimentaux déposés dans un décor artificiel, pour «voir»? Si le ba
Si le Déluge, après tout, n'avait été qu'un verre d'eau renversé par un Dieu négligent ou curieux?
Impossible, me direz-vous? Allez savoir… La seule différence pourrait être que mes fourmis sont retenues par des parois de verre et que nous sommes enfermés par une force physique: l'attraction terrestre! Mes fourmis arrivent toutefois à taillader le carton, plusieurs se sont déjà évadées. Et nous, nous arrivons à lancer des fusées qui échappent à l'attraction gravitatio
Revenons aux cités en aquarium. Je vous l'ai dit tout à l'heure, je suis un dieu magnanime, miséricordieux, et même un peu superstitieux. Alors je ne fais jamais souffrir mes sujets. Je ne leur fais pas ce que je n'aimerais pas qu'on me fasse. Mais les milliers de fourmilières vendues à la Noël vont transformer les enfants en autant de petits dieux. Seront-ils tous aussi magnanimes et miséricordieux que moi? Sûrement, la plupart comprendront qu 'ils sont responsables d'une ville et que cela leur do
Le soleil est à son zénith.
Les retardataires, mâles et femelles, se pressent dans les artères affleurant à la peau de la Cité. Des ouvrières les poussent, les lèchent, les encouragent.
La 56e femelle se noie à temps dans cette foule en liesse où toutes les odeurs passeports se confondent. Perso
Elle pénètre dans le mur de lumière et se trouve projetée de l'autre côté, hors de la Cité. Ses yeux à facettes accommodent peu à peu, cependant qu'elle ressent les piqûres de l'air sauvage. Un air froid, mobile et parfumé, à l'opposé de l'atmosphère apprivoisée du monde où elle a vécu.
Ses ante
Là-haut, à la pointe du dôme, des ouvrières la réceptio
Or, tandis que le vent continue de faire des sie
Justement, voilà qu'un de ces oiseaux tente sa chance, plonge dans le tas, saisit trois femelles et remonte! Avant que l'audacieux n'ait repris de l'altitude, il est abattu par les artilleuses; il se roule dans l'herbe, pitoyable, la bouche encore pleine, dans l'espoir d'essuyer le poison de ses ailes. Que ça leur serve d'exemple, à tous! Et de fait, les moineaux ont un peu reculé… Mais perso
PREDATEUR: Que serait notre civilisation humaine si elle ne s'était pas débarrassée de ses prédateurs majeurs, tels les loups, leslions, les ours ou les lycaons? Sûrement une civilisation inquiète, en perpétuelle remise en cause. Les Romains, pour se do
Edmond Wells
Encyclopédie du savoir relatif et absolu.
Le vent s'est calmé, les courants d'air se font rares, la température monte. À 22°-temps, la Cité décide de lâcher ses enfants. Les femelles font vrombir leurs quatre ailes. Elles sont prêtes, archiprêtes. Toutes ces odeurs de mâles mûrs ont porté leur appétit sexuel à son comble.
Les premières vierges décollent avec grâce., Elles s'élèvent à une centaine de têtes et… se font déjà faucher par les moineaux. Aucune ne passe.
En bas, c'est le désarroi, mais on ne va pas renoncer pour autant. Une seconde vague décolle. Quatre femelles sur cent arrivent à franchir le barrage de becs et de plumes. Les mâles partent à leur poursuite en escadre serrée. Eux, on les laisse passer, ils sont trop chétifs pour intéresser des moineaux. Une troisième vague de femelles s'élance à l'assaut des nuages. Plus de cinquante oiseaux se trouvent sur son chemin. C'est un carnage. Aucune survivante. Les volatiles, eux, sont de plus en plus nombreux, comme s'ils s'étaient do