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«Il y a eu un homme blessé à l’incendie de cette nuit; c’est un tailleur, qui a, ma foi, montré une intrépidité extraordinaire. Demain, je vais engager le prince à s’appuyer sur mon bras, et à venir avec moi faire une visite au tailleur; je serai armé jusqu’aux dents et j’aurai l’œil au guet; d’ailleurs ce jeune prince n’est point encore haï. Moi, je veux l’accoutumer à se promener dans les rues, c’est un tour que je joue au Rassi, qui certainement va me succéder, et ne pourra plus permettre de telles imprudences. En revenant de chez le tailleur, je ferai passer le prince devant la statue de son père; il remarquera les coups de pierre qui ont cassé le jupon à la romaine dont le nigaud de statuaire l’a affublé; et, enfin, le prince aura bien peu d’esprit si de lui-même il ne fait pas cette réflexion: «Voilà ce qu’on gagne à faire prendre des jacobins.» A quoi je répliquerai: «Il faut en pendre dix mille ou pas un: la Saint-Barthélemy a détruit les protestants en France.»

«Demain, chère amie, avant ma promenade, faites-vous a

«Vous allez faire appeler Fabrice et le consulter sur cette démarche qui peut le conduire en prison. Pour tout prévoir, si, pendant qu’il est sous les verrous, Rassi, trop impatient, me fait empoiso

«Sentez-vous, madame, que, s’il n’est pas jugé de la façon la plus sole

Cette proposition du comte inquiéta mortellement la duchesse, et non sans cause; enfin, elle se rendit à la raison, et, sous la dictée du ministre, écrivit l’ordo

Le comte ne la quitta qu’à six heures du matin; elle essaya de dormir, mais en vain. A neuf heures, elle déjeuna avec Fabrice, qu’elle trouva brûlant d’envie d’être jugé; à dix heures, elle était chez la princesse, qui n’était point visible; à onze heures, elle vit le prince, qui tenait son lever, et qui signa l’ordo

Il serait peut-être plaisant de raconter la fureur de Rassi, quand le comte l’obligea à contresigner, en présence du prince, l’ordo

Le comte discuta le mérite de chaque juge, et offrit de changer les noms. Mais le lecteur est peut-être un peu las de tous ces détails de procédure, non moins que de toutes ces intrigues de cour. De tout ceci, on peut tirer cette morale, que l’homme qui approche de la cour compromet son bonheur, s’il est heureux, et, dans tous les cas, fait dépendre son avenir des intrigues d’une femme de chambre.

D’un autre côté, en Amérique, dans la république, il faut s’e

La duchesse, à son lever du soir, eut un moment de vive inquiétude: on ne trouvait plus Fabrice; enfin, vers minuit, au spectacle de la cour, elle reçut une lettre de lui. Au lieu de se constituer priso

Ce fut un événement d’une immense conséquence: en ce lieu il était exposé au poison plus que jamais. Cette folie mit la duchesse au désespoir; elle en pardo

«C’est ce maudit papier que je suis allée faire signer qui lui do

A peine le billet de Fabrice reçu, la duchesse courut chez le comte, qu’elle trouva tout pâle.

– Grand Dieu! chère amie, j’ai la main malheureuse avec cet enfant, et vous allez encore m’en vouloir. Je puis vous prouver que j’ai fait venir hier soir le geôlier de la prison de la ville; tous les jours, votre neveu serait venu prendre du thé chez vous. Ce qu’il y a d’affreux, c’est qu’il est impossible à vous et à moi de dire au prince que l’on craint le poison, et le poison administré par Rassi; ce soupçon lui semblerait le comble de l’immoralité. Toutefois, si vous l’exigez, je suis prêt à monter au palais; mais je suis sûr de la réponse. Je vais vous dire plus; je vous offre un moyen que je n’emploierais pas pour moi. Depuis que j’ai le pouvoir en ce pays, je n’ai pas fait périr un seul homme, et vous savez que je suis tellement nigaud de ce côté-là, que quelquefois, à la chute du jour, je pense encore à ces deux espions que je fis fusiller un peu légèrement en Espagne. Eh bien! voulez-vous que je vous défasse de Rassi? Le danger qu’il fait courir à Fabrice est sans bornes; il tient là un moyen sûr de me faire déguerpir.

Cette proposition plut extrêmement à la duchesse; mais elle ne l’adopta pas.

– Je ne veux pas, dit-elle au comte, que, dans notre retraite, sous ce beau ciel de Naples, vous ayez des idées noires le soir.

– Mais, chère amie, il me semble que nous n’avons que le choix des idées noires. Que devenez-vous, que deviens-je moi-même, si Fabrice est emporté par une maladie?

La discussion reprit de plus belle sur cette idée, et la duchesse la termina par cette phrase:

– Rassi doit la vie à ce que je vous aime mieux que Fabrice; non, je ne veux pas empoiso

La duchesse courut à la forteresse; le général Fabio Conti fut enchanté d’avoir à lui opposer le texte formel des lois militaires: perso

– Mais le marquis Crescenzi et ses musiciens vie

– C’est que j’ai obtenu pour eux un ordre du prince.

La pauvre duchesse ne co