Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 6 из 42

Midi so

ait alors. Les affaires, très actives pendant la matinée, cessèrent comme par enchantement. La journée commerciale était pour ainsi dire terminée, et le calme allait succéder au mouvement, même dans la ville anglaise, devenue chinoise sous ce rapport.

En ce moment, quelques navires étrangers arrivaient au port, la plupart sous le pavillon du Royaume-Uni. Neuf sur dix, il faut bien le dire, sont chargés d'opium. Cette abrutissante substance, ce poison dont l'Angleterre encombre la Chine, produit un chiffre d'affaires qui dépasse deux cent soixante millions de francs et rapporte trois cents pour cent de bénéfice. En vain le gouvernement chinois a-t-il voulu empêcher l'importation de l'opium dans le Céleste Empire. La guerre de 1841 et le traité de Nan-King ont do

é libre entrée à la marchandise anglaise et gain de cause aux princes marchands. Il faut, d'ailleurs, ajouter que, si le gouvernement de Péking a été jusqu'à édicter la peine de mort contre tout Chinois qui vendrait de l'opium, il est des accommodements moye

ant finance avec les dépositaires de l'autorité. On croit même que le mandarin gouverneur de Shang-Haï encaisse un million a

uellement, rien qu'en fermant les yeux sur les agissements de ses administrés.

Il va sans dire que ni Kin-Fo ni Wang ne s'ado

aient à cette détestable habitude de fumer l'opium, qui détruit tous les ressorts de l'organisme et conduit rapidement à la mort.

Aussi, jamais une once de cette substance n'était-elle entrée dans la riche habitation, où les deux amis arrivaient, une heure après avoir débarqué sur le quai de Shang-Haï Wang – ce qui aurait encore surpris de la part d'un ex-Taï-ping – n'avait pas manqué de dire: «Peut-être y aurait-il mieux à faire que d'importer l'abrutissement à tout un peuple! Le commerce, c'est bien; mais la philosophie, c'est mieux! Soyons philosophes, avant tout, soyons philosophes!»