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N'est-ce pas au milieu des ruines de la ville incendiée que ses ossements furent arrachés à la tombe et jetés en pâture aux plus vils animaux? N'est-ce pas enfin dans cette province que cent mille des anciens compagnons de Wang furent massacrés en trois jours?
Il était donc possible que le philosophe, pris d'une sorte de nostalgie depuis le changement apporté à son existence, se fût réfugié dans ces lieux, pleins de souvenirs perso
Voilà pourquoi Kin-Fo s'était d'abord dirigé sur Nan-King, et voulut s'arrêter à cette première étape de son voyage. S'il y rencontrait Wang, tout serait dit, et il en finirait avec cette absurde situation. Si Wang ne paraissait pas, il continuerait ses pérégrinations à travers le Céleste Empire, jusqu'au jour où, le délai passé, il n'aurait plus rien à craindre de son ancien maître et ami.
Kin-Fo, accompagné de Craig et Fry, suivi de Soun, se rendit à un hôtel, situé dans un de ces quartiers à demi dépeuplés, autour desquels s'étendent comme un désert les trois quarts de l'ancie
«Je voyage sous le nom de Ki-Nan, se contenta de dire Kin-Fo à ses compagnons, et j'entends que mon véritable nom ne soit jamais prononcé, sous quelque prétexte que ce soit.
– Ki…, fit Craig.
– Nan, acheva de dire Fry.
– Ki-Nan», répéta Soun.
On le comprend, Kin-Fo, qui fuyait les inconvénients de la célébrité à Shang-Haï, n'avait pas envie de les retrouver sur sa route. D'ailleurs, il n'avait rien dit à Fry-Craig de la présence possible du philosophe à Nan-King. Ces méticuleux agents auraient déployé un luxe de précautions que justifiait la valeur pécuniaire de leur client, mais dont celui-ci eût été fort e
La journée entière se passa à visiter les quartiers, les places, les rues de Nan-King. De la porte de l'Ouest à la porte de l'Est, du nord au midi, la cité, si déchue de son ancie
Aucun visage suspect ne se montra, ni sur les canaux, que fréquentait le gros de la population, ni dans ces rues dallées, perdues entre les décombres, et déjà envahies par les plantes sauvages. Nul étranger ne fut vu, errant sous les portiques de marbre à demi détruits, les pans de murailles calcinées, qui marquent l'emplacement du Palais Impérial, théâtre de cette lutte suprême, où Wang, sans doute, avait résisté jusqu'à la dernière heure. Perso
Kin-Fo, sur qui la fatigue ne semblait pas avoir prise, allait toujours. Entraînant ses deux acolytes, qui ne faiblissaient pas, distançant l'infortuné Soun, peu accoutumé à ce genre d'exercice, il sortit par la porte de l'Est et s'aventura dans la campagne déserte.
Une interminable avenue, bordée d'énormes animaux de granit, s'ouvrait là, à quelque distance du mur d'enceinte.
Kin-Fo suivit cette avenue d'un pas plus rapide encore.
Un petit temple en fermait l'extrémité. Derrière, s'élevait un «tumulus», haut comme une colline. Sous ce tertre reposait Rong-Ou, le bonze devenu empereur, l'un de ces hardis patriotes qui, cinq siècles auparavant, avaient lutté contre la domination étrangère. Le philosophe ne serait-il pas venu se retremper dans ces glorieux souvenirs, sur le tombeau même où reposait le fondateur de la dynastie des Ming?
Le tumulus était désert, le temple abando
Mais, sur la porte du temple, Kin-Fo aperçut, non sans émotion, quelques signes qu'une main y avait gravés. Il s'approcha et lut ces trois lettres W. K.-F.
Wang! Kin-Fo! Il n'y avait pas à douter que le philosophe n'eût récemment passer là!
Kin-Fo, sans rien dire, regarda, chercha…Perso
Le soir, Kin-Fo, Craig, Fry, Soun, qui se traînait, rentraient à l'hôtel, et, le lendemain matin, ils avaient quitté Nan-King.