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Quand il se présenta dans sa tenue martiale au complet pour le petit déjeuner, les enfants, jusqu’au dernier, baissèrent la tête, et la partie arrière de leur cou devint bien rouge. Toutefois, comme perso

– Eh bien, Arthur, si tu continues à faire l’idiot, avec ce ridicule costume, que peux-tu attendre qu’il arrive d’autre? Tu n’en as pas l’habitude et tu ne l’auras jamais.

Il voulut répondre par un discours indigné: «Madame!…» mais il n’alla pas plus loin, parce que maintenant que le sujet était abordé Mme Markam avait l’intention de dire tout ce qu’elle avait à dire. Ce qu’elle avait à dire n’était pas plaisant, et ne fut pas dit d’une manière plaisante. Les façons d’une femme sont rarement plaisantes quand elle entreprend de dire ce qu’elle considère être des «vérités» à son mari. Le résultat fut qu’Arthur Fernlee Markam décida sur-le-champ que, pendant son séjour en Écosse, il ne mettrait pas d’autre costume que celui que son épouse critiquait. Comme c’est souvent le cas avec les femmes, celle-ci eut le dernier mot, prononcé dans cette circonstance avec des larmes:

– Très bien, Arthur! Bien sûr, tu feras comme tu veux! Ridiculise-moi autant que tu peux, et gâche les chances de mariage de nos pauvres filles! D’une façon générale, les jeunes hommes ne semblent pas beaucoup apprécier d’avoir un idiot comme beau-père! Mais je te préviens que ta vanité, un jour, finira par te porter un rude choc, si, bien sûr, avant, tu n’es pas dans un asile de fous, ou mort!

Après quelques jours, il devint évident que M. Markam serait obligé de prendre la plus grande partie de son exercice au-dehors tout seul. Les filles, de temps en temps, firent une promenade avec lui, mais le plus souvent tôt le matin, ou tard le soir, ou bien lors d’une journée pluvieuse, quand il n’y avait perso

Au bout d’une semaine, la relative solitude, obligatoire, le chagrin constant et la réflexion morose continuelle que tout cela avait engendrés commencèrent à rendre M. Markam bien malade. Il était trop fier pour se confier à sa famille, puisqu’ils l’avaient, de son point de vue, très mal traité. De plus, il ne dormait pas bien la nuit, et quand il dormait, il faisait constamment de mauvais rêves. Simplement, pour s’assurer que son courage ne le lâchait pas, il prit l’habitude de visiter les sables mouvants au moins une fois par jour; il était rare qu’il omît d’y aller le soir avant de se coucher, dernière chose qu’il faisait la nuit. L’habitude d’y aller tous les soirs était peut-être due au fait que l’expérience terrible des sables mouvants revenait toujours dans ses rêves. Cela devenait de plus en plus obsédant, au point que parfois, en se réveillant, il pouvait à peine croire qu’il n’avait pas été réellement là-bas, en train de visiter l’endroit fatal. Quelquefois, il pensait que, peut-être, il marchait dans son sommeil.

Une nuit, son rêve fut si vivace qu’à son réveil il douta qu’il n’eût fait que rêver. Il ferma les yeux, les rouvrit, les referma, mais chaque fois la vision – si c’était une vision ou la réalité – si c’était la réalité – se montrait devant lui. La lune brillait pleine et jaune sur les sables mouvants tandis qu’il s’approchait; il pouvait voir l’étendue de lumière vacillante perturbée et pleine d’ombre noire lorsque le sable liquide frisso

Il était si convaincu que tout cela n’était pas un rêve qu’il se leva, bien qu’il fût tôt encore, s’habilla sans déranger sa femme et prit le chemin du bord de mer. Son cœur battit à tout rompre quand il croisa une série d’empreintes de pas sur le sable, que tout de suite il reco

Devant cet état de choses, il prit deux mauvaises décisions. D’abord il garda ses craintes pour lui, et comme perso

On croyait généralement que Saft Tammie était le fils d’un lord d’un des comtés des environs. Il avait d’abord reçu une éducation religieuse dans le but de devenir pasteur, mais pour une raison que tout le monde ignorait, il abando

– C’est très étrange, mais cet homme semble posséder un don singulier. S’agit-il d’un don de seconde vue, auquel le peuple écossais est si prompt à adhérer, ou de quelque autre forme occulte de co

Ces révélations ne diminuèrent en rien les préoccupations de M. Markam, au contraire, elles semblèrent imprimer plus profondément le contenu de la prophétie dans son esprit. De tous les livres qu’il avait lus sur son nouveau sujet d’étude, aucun ne l’intéressait autant qu’un livre allemand, Der Doppelgànger[14] du docteur Heinrich von Aschenberg, qui avait vécu jadis à Bo

Les marques à la craie étaient intactes! Il s’habilla et sortit sans bruit. Cette fois, la marée était haute, aussi il traversa les dunes et atteignit le rivage de l’autre côté des sables mouvants. Et là, comble d’horreur, il vit ses propres empreintes qui disparaissaient dans les abysses!