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Pendant un instant, au sommet du rocher opposé, il put voir l’arrière chauve de la tête et le calot Glengarry muni de l’immense plume d’aigle. Reculant, son pied glissa et entraîna sa chute vers le sable entre les deux rochers. Rien de grave puisque le sable n’était qu’à quelques pieds au-dessous de lui, mais son esprit était occupé par la vision de lui-même ou de son double qui avait disparu. Comme c’était la façon la plus facile d’atteindre la terre ferme, il se prépara à sauter le reste de la hauteur. Cette décision ne demanda qu’une seconde, mais le cerveau fonctio

– Dieu soit loué, j’arrive à temps, et un pêcheur, de grosses bottes lui montant jusqu’aux cuisses, s’approcha, grimpant rapidement sur le rocher. Il reco

Utilisant sa grande force, tirant d’un mouvement fort et continu, il hissa Markam hors des sables mouvants affamés et le plaça sain et sauf sur le sommet du rocher. Lui do

– L’homme! Mais je suis arrivé juste à temps! Si je n’avais pas regardé ces braves garçons, là-bas, et commencé à courir tout de suite, vous seriez en train de vous enfoncer jusqu’aux entrailles de la terre, à présent. Wully Beagrie a cru que vous étiez un fantôme, et Tom MacPhail a juré que vous n’étiez pas autre chose qu’un lutin sur un gros champignon! «Non! dis-je. Ce n’est que ce fou d’Anglais, le cinglé qui s’est échappé de chez Tussaud!» J’ai pensé que comme vous êtes étranger et bête, sinon complètement fou, vous ne co

M. Markam fut profondément touché et le remercia de l’avoir sauvé d’une mort terrible; mais l’accusation de vanité lancée une fois de plus contre lui était une flèche qui blessa son humilité. Il était sur le point de répondre avec colère, quand, tout à coup, un grand respect l’envahit, et lui revinrent les paroles d’avertissement du postier à demi fou: «Regarde-toi et repens-toi avant que les sables mouvants ne t’engloutissent.»

À cet instant aussi il se rappela sa propre image qu’il avait vue et le danger soudain des sables mouvants meurtriers qui avait suivi. Il demeura silencieux une bo

– Mon brave homme, je vous dois la vie!

Le robuste pêcheur répondit avec une sorte de révérence:

– Non, non, c’est à Dieu que vous la devez, quant à moi, je ne suis que trop content d’être l’humble instrument de Sa miséricorde.

– Mais vous me permettrez de vous remercier, dit M. Markam en prenant les deux grandes mains de son sauveur dans les sie

Il était tout à fait évident que le pauvre homme était profondément touché, parce que des larmes coulèrent sur ses joues.

Le pêcheur dit avec une courtoisie rude mais vraie:

– Oui, monsieur! Remerciez-moi si vous voulez, cela fera du bien à votre pauvre cœur. Et je suis en train de me dire que si j’étais à votre place, j’aimerais être reco

Qu’Arthur Fernlee Markam était reco

Tandis que M. Markam et le pêcheur de saumons se promenaient ensemble le long de la mer, le premier demanda à son compagnon de ne pas mentio

– Non, non, répondit-il, il n’y a pas d’autre fou comme vous dans les environs. On n’en a pas vu de semblable depuis le temps de Jamie Fleeman – celui qui était le fou de Lord Udny. Je vous le dis, l’homme! un habit barbare comme celui que vous portez, on n’en a pas vu ici de mémoire d’homme. Et moi je pense qu’un pareil costume n’a jamais été fait pour s’asseoir sur un rocher froid, comme vous le faisiez là-bas. L’homme! Vous ne craignez donc pas les rhumatismes ou les lumbagos pour poser comme ça, sur les pierres froides, votre chair nue! Je me suis dit, quand je vous ai vu ce matin près du port, que vous étiez à moitié fou, car c’est bien fou ou idiot que vous devez être pour faire une chose pareille!

M. Markam ne prit pas la peine de discuter ce point, et, comme ils étaient arrivés près de sa maison, il proposa au pêcheur de saumon de venir prendre un verre de whisky, ce qu’il accepta, puis ils se quittèrent pour la nuit. M. Markam prit soin d’avertir toute sa famille au sujet des sables mouvants, leur expliquant que lui-même avait couru un grave danger à cause d’eux.

De toute la nuit, il ne dormit point. Il entendit les heures so

Il sommeillait dans la grisaille du petit matin, mais il était évident qu’il poursuivait le sujet dans ses rêves parce que sa femme, le réveillant, lui dit:

– Tâche de te reposer. Ce fichu costume des Highlands t’a dérangé la tête! Ne parle pas dans ton sommeil si tu peux t’en empêcher!

Il était vaguement conscient d’éprouver un sentiment de contentement, comme si un poids terrible avait été ôté de sa poitrine, mais il n’en savait pas la raison. Il demanda à sa femme ce qu’il avait dit dans son sommeil, et elle répondit:

– Dieu sait que tu l’as répété assez souvent pour qu’on s’en souvie

Et alors il s’endormit, parce qu’il se rendit compte qu’en somme la prophétie de l’homme cinglé ne s’était pas encore réalisée. Il ne s’était pas encore trouvé face à face avec lui-même, du moins pas encore.

Il fut réveillé tôt par l’une des bo

– Je dois aller à la poste, mais avant j’ai pensé que je pourrais perdre une heure avec toi en venant voir si tu es encore aussi fou à cause de ta vanité que la nuit passée. Et je vois que tu n’as pas encore appris la leçon. Mais ça ne saurait tarder, c’est tout comme! J’ai tout le temps, le matin devant moi, aussi je repasserai pour voir comment tu t’y prends pour aller aux sables mouvants, et puis au diable! Maintenant, je pars pour mon travail!

Et il partit, plantant là Markam, passablement vexé, parce que les bo