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Chapitre XVII LA CAVERNE

Le soir, Mr. Trelawny nous emmena de nouveau dans le bureau. Quand nous fûmes tous attentifs, il révéla ses plans:

– J'ai abouti à la conclusion que pour la réalisation convenable de ce que nous appellerons notre Grande Expérience, nous devrons être absolument et complètement isolés. Non pas seulement pendant un jour ou deux, mais pendant tout le temps qu'il faudra. Ici, cela serait impossible, les besoins et les habitudes d'une grande ville avec tout ce qu'ils entraînent de possibilités d'interruption, nous dérangeraient, ou pourraient le faire. Les télégrammes, les lettres recommandées, les messagers express suffiraient déjà; mais la grande armée de ceux qui veulent obtenir quelque chose causerait à coup sûr un désastre. En outre, les événements de la semaine dernière ont attiré l'attention de la police sur cette maison. Même si des instructions spéciales n'ont pas été do

Cependant, comme nous devons commencer immédiatement notre travail d'emballage, nous remettrons à plus tard, quand nous en aurons le loisir, les opérations ultérieures.

Le lendemain, à l'heure du dîner, le travail était terminé, et tout était prêt pour les transporteurs, qui devaient venir à minuit. Un peu avant l'heure fixée, nous entendîmes un bruit de voitures, et nous ne tardâmes pas à être envahis par une armée de travailleurs qui, grâce à leur nombre, emportèrent sans effort visible, en une procession ininterrompue, tous les paquets que nous avions préparés. Il leur suffit d'un peu plus d'une heure, et quand les camions se furent éloignés, nous étions tous prêts à les suivre à Paddington. Silvio faisait naturellement partie de l'expédition.

Avant de partir nous avons parcouru en groupe la maison qui paraissait en vérité assez désolée. Comme les domestiques étaient partis pour la Cornouailles, il n'y avait eu aucune tentative de nettoyage; toutes les pièces, tous les couloirs dans lesquels nous avions travaillé, tous les escaliers, étaient jonchés de papiers et de détritus, et portaient des traces de pieds boueux.

La dernière chose que fit Mr. Trelawny avant de partir fut de prendre dans le grand coffre-fort le Rubis aux Sept Étoiles. Tandis qu'il le plaçait en sécurité dans son portefeuille, Margaret qui avait soudain paru très fatiguée, qui se tenait à côté de lui, pâle et rigide, s'épanoui soudain, comme si la vue de la Pierre Précieuse l'avait inspirée. Elle sourit à son père d'un air approbateur et dit:

– Vous avez raison, père. Il n'y aura aucun e

– Elle, ou quelque chose, nous a créé des difficultés lorsque nous étions dans le désert en sortant du tombeau de la Vallée de la Sorcière!

Tel fut le commentaire sarcastique de Corbeck qui se tenait à côté d'elle. Margaret répondit à la vitesse de l'éclair:

– Ah! elle était alors près de son tombeau, d'où son corps n'avait pas été bougé depuis des milliers d'a

– Comment doit-elle le savoir? demanda Corbeck sur un ton incisif.

– Si elle est douée de ce corps astral dont parle mon père, elle doit sûrement le savoir! Comment en serait-il autrement, avec une présence invisible et une intelligence qui peut s'en aller au loin, même jusqu'aux étoiles et jusqu'aux mondes qui sont au-delà de nous.

Elle se tut et son père déclara sole

– C'est de cette hypothèse que nous partons. Nous devons avoir le courage de nos convictions, et agir en conséquence – jusqu'à la fin!

À la gare, lorsque tous les fardeaux furent chargés, les ouvriers montèrent dans le train. Celui-ci prit aussi quelques-uns des plateaux utilisés pour transporter les caisses avec les grands sarcophages. Des camions ordinaires et un grand nombre de chevaux nous attendraient à Westerton, qui était notre gare pour Kyllion. Mr. Trelawny avait commandé un wagon-lit pour notre expédition. Dès que le train eut démarré, nous nous sommes tous installés dans nos cabines.

Cette nuit-là, je dormis profondément. J'avais une conviction de sécurité absolue et suprême. La déclaration définitive de Margaret: «Il n'y aura aucun e

Pendant tout l'après-midi, nous avons parlé de la Grande Expérience qui avait pris corps dans notre pensée. Mr. Trelawny était de plus en plus enthousiaste à mesure que le temps passait; l'espoir avait chez lui laissé la place à la certitude.

Quant à Margaret, elle paraissait d'une certaine façon paralysée. Soit qu'il y ait eu quelque chose de changé dans ses sentiments, soit qu'elle ait pris l'entreprise plus au sérieux qu'elle ne l'avait fait jusque-là. Elle était généralement plus ou moins distraite, comme si elle avait sombré dans la méditation; mais elle en sortait brusquement. C'était habituellement à l'occasion d'une péripétie du voyage, comme un arrêt dans une gare, ou quand le fracas de to

Nous arrivâmes à Westerton vers neuf heures du soir. Des camions et des chevaux nous attendaient, et le travail de déchargement commença immédiatement.

Nous n'attendîmes pas pour voir faire le travail, qui était entre les mains d'hommes compétents. Nous prîmes la voiture qui nous attendait, et dans la nuit, nous nous dirigeâmes rapidement vers Kyllion.

Quand la maison apparut dans un brillant clair de lune, nous fûmes tous impressio