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» Les Arabes furent surpris de nous voir revenir sur nos pas; certains d'entre eux en furent mécontents. Il y eut pas mal de frictions, et plusieurs désertions; si bien que c'est avec une escorte moins importante que nous sommes repartis vers l'est. Tout d'abord, le Cheik ne manifesta aucune curiosité pour notre destination précise. Mais quand il devint visible que nous nous dirigions de nouveau vers la vallée de la Sorcière, il parut à son tour préoccupé, et cela ne fit que s'aggraver à mesure que nous approchions du but. Jusqu'au moment où nous nous sommes trouvés à l'entrée de la vallée. Là, il s'arrêta et refusa d'aller plus loin. Il dit qu'il attendrait notre retour si nous choisissions de poursuivre notre chemin seuls. Il resterait trois jours; si, après ce délai, nous n'étions pas revenus, il s'en irait. Aucune offre d'argent ne put le tenter au point de le faire changer d'avis. La seule concession qu'il voulut bien nous faire, ce fut de retrouver les échelles et de les apporter au pied de la falaise. Il le fit; puis, avec le reste de la troupe, il retourna à l'entrée de la vallée pour nous y attendre.

» Mr. Trelawny et moi-même nous nous munîmes de cordes et de torches, et nous montâmes de nouveau jusqu'au tombeau. Il était évident que quelqu'un était venu en notre absence, car la dalle de pierre qui fermait l'entrée du tombeau était retombée à l'intérieur, et une corde pendait du sommet de la falaise. À l'intérieur, une autre corde plongeait dans la Fosse de la Momie. Nous nous sommes regardés, mais nous n'avons pas dit un mot. Nous avons fixé notre propre corde, et comme prévu, Trelawny descendit le premier, tandis que je le suivais immédiatement. Ce n'est qu'une fois que nous fûmes parvenus au fond de la fosse qu'une pensée me traversa l'esprit: il n'était pas impossible que nous fussions tombés dans une sorte de piège. Quelqu'un pouvait descendre par la corde fixée au sommet de la falaise, couper celle qui nous avait servi à descendre dans la fosse, et nous enterrer vivants. Cette pensée était horrifiante, mais il était trop tard pour faire quoi que ce fût. Je ne dis rien. La seule chose que nous avons pu remarquer, c'était le vide qui nous entourait. Malgré ses ornements magnifiques, le tombeau do

ait une impression de désolation à cause de l'absence du grand sarcophage qui, pour être logé, avait nécessité qu'on taille dans le roc, du coffre aux vases d'albâtre, des tables sur lesquelles étaient posés le matériel et la nourriture destinés au mort, et des figurines ushaptiu.

» Le spectacle était rendu encore plus désolé par la présence de la momie de la Reine Tera qui gisait sur le sol à l'endroit où se trouvait antérieurement le grand sarcophage. À côté gisaient également, dans l'attitude convulsée attestant d'une mort violente, trois des Arabes qui avaient déserté. Leur visage était noir, leurs mains et leur cou étaient souillés du sang qui avait jailli de leur bouche, de leurs yeux et de leur nez.

» Ils portaient tous sur le cou la marque à présent noircie, d'une main à sept doigts.

» Nous nous sommes approchés, Trelawny et moi, et, tandis que nous regardions, nous étions tellement impressio

és et terrifiés que nous avons dû nous soutenir mutuellement.

» Car détail plus merveilleux que tous les autres, en travers de la poitrine de la reine momifiée, était posée une main à sept doigts, d'un blanc d'ivoire, dont le poignet présentait seulement une cicatrice, comme une ligne rouge irrégulière, et de laquelle semblaient tomber des gouttes de sang.