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Chapitre XI LE TOMBEAU D'UNE REINE

» Les espérances de Mr. Trelawny étaient au moins aussi grandes que les mie

» Après beaucoup de recherches, après avoir essayé tous les lacets dans cet interminable enchevêtrement de collines, nous parvînmes finalement, à la tombée de la nuit, sur la vallée même décrite par Van Huyn. Une vallée aux parois hautes et abruptes; se rétrécissant au centre, s'élargissant aux deux extrémités, ouest et est. À la lumière du jour, en nous trouvant devant la falaise, nous pouvions facilement repérer l'ouverture, à une grande hauteur dans le roc, et les hiéroglyphes qui à l'origine avaient eu évidemment pour but de la dissimuler.

» Mais les signes qui avaient égaré Van Huyn et les gens de son époque – et d'époque plus récente – n'avaient plus de secrets pour nous. L'armée de savants qui avaient consacré leur intelligence et leur vie à ce travail, avaient arraché à la langue égyptie

» L'avertissement devait être terriblement puissant à l'époque où il fut écrit et par la suite, pendant des millénaires; même lorsque la langue dans laquelle il était do

» Ni Mr. Trelawny, ni moi-même nous n'avons osé dire à aucun de nos gens ce que signifiait cette inscription. Ils ne croyaient pas à la religion qui se trouvait à la base de cette malédiction, ni aux Dieux qui menaçaient de se venger; cependant, ils étaient si superstitieux que, s'ils avaient su, ils auraient probablement abando

» Cependant, leur ignorance, et notre discrétion nous ont protégés. Nous avons établi notre camp à proximité, mais derrière un rocher en saillie, un peu plus loin dans la vallée, ce qui leur évitait d'avoir sans cesse cette inscription devant eux. Car même l'appellation traditio

» Mr. Trelawny et moi-même, nous sommes entrés seuls dans le tombeau. Nous avions pris avec nous énormément de torches; nous les fixions à mesure que nous avancions. D'après le raffinement des sculptures et des peintures, la perfection du travail, il était évident que le tombeau avait été préparé du vivant de celle qui devait y reposer. Le tracé des hiéroglyphes était délicat, les coloris superbes; et dans cette caverne élevée, très éloignée de l'humidité apportée par le Nil, tout était aussi frais que si les artistes venaient à peine de déposer leur palette. Il y avait une chose que nous ne pouvions éviter de voir. Bien que la taille du rocher extérieur ait été l'œuvre des prêtres, le polissage de la face de la falaise faisait probablement partie du dessein original du constructeur du tombeau. Le symbolisme de la peinture et de la gravure de l'intérieur inspirait la même idée. La caverne extérieure, en partie naturelle, en partie creusée, n'avait au point de vue architectural que le sens d'une antichambre. À son extrémité, de manière à être tourné vers l'est, se trouvait un portique à colo

» La Stèle, ou plaque commémorative, qui était placée au pied du mur de l'ouest, était si remarquable que nous l'avons examinée minutieusement, avant même de poursuivre notre chemin pour trouver la momie qui était le but de notre recherche. Cette Stèle était constituée par une grande dalle de lapis-lazuli entièrement gravée d'hiéroglyphes de petites dimensions et d'une grande beauté. Le creux de la gravure était rempli par une sorte de ciment d'une extrême finesse et d'une couleur vermillon. L'inscription commençait ainsi: «Tera, Reine des Égyptes, fille d'Antef, Monarque du Nord et du Sud, Fille du Soleil, Reine des Diadèmes.»

» Suivait l'histoire détaillée de sa vie et de son règne.

» Les signes de souveraineté étaient do

» Les murs de la chambre supérieure de la Fosse et la Chambre du sarcophage étaient abondamment gravés; toutes les inscriptions, à l'exception de celle de la Stèle, étaient colorées d'un pigment bleu verdâtre. Quand on les voyait de côté, l'œil ne percevait que les facettes vertes, et cela faisait l'effet d'une vieille turquoise de l'Inde décolorée.

» Nous descendîmes dans la Fosse à l'aide de l'attirail que nous avions emporté. Trelawny passa le premier. C'était une fosse profonde, de plus de soixante-dix pieds; mais elle n'avait jamais été comblée. Le couloir ménagé au fond montait en pente jusqu'à la Chambre du sarcophage et était plus long que ceux qu'on trouve habituellement. Il n'avait pas été muré.

» À l'intérieur, nous avons trouvé un grand sarcophage de pierre jaune. Mais je n'ai pas besoin de le décrire: vous l'avez vu dans la chambre de Mr. Trelawny. Son couvercle était posé sur le sol; il n'avait pas été cimenté et était exactement tel que Van Huyn l'avait décrit. Inutile de le dire, nous étions très énervés quand nous avons regardé à l'intérieur. Il y avait, cependant, un motif de déception. Je ne pouvais m'empêcher de sentir combien était différent le spectacle rencontré par les yeux du voyageur hollandais, quand il avait regardé à l'intérieur et trouvé cette main blanche ayant toute l'apparence de la vie, et posée sur les bandelettes de la momie.

• Mais nous avons eu un sujet de saisissement que n'avait pas eu Van Huyn! Une partie du bras se trouvait là, blanche, couleur d'ivoire; mais l'extrémité du poignet était couverte de sang séché! C'était comme si le corps avait saigné après la mort! L'extrémité déchiquetée du poignet rompu était rugueuse du fait que du sang caillé s'y était déposé; l'os apparaissait, tout blanc, comme une opale dans sa gangue. Le sang avait coulé et fait des taches couleur de rouille sur les bandelettes. Nous avions sous les yeux une confirmation totale du récit. Devant un tel témoignage de la véracité du narrateur, nous ne pouvions plus douter de ce qu'il avait dit par ailleurs, comme du sang sur la main de la momie, ou des marques des sept doigts sur le cou du Cheik étranglé.

» Je ne vais pas vous importuner avec les détails de tout ce que nous avons vu, ou en vous racontant comment nous avons appris tout ce que nous savons. Ces co