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Ce désir qu'il avait d'Elsa le contrariait, mais non comme on pourrait le croire. Il ne se disait pas: «Je vais tromper A

Je ne pensais pas à lui quand je formais le projet de rejeter A

En ce moment il souffrait, du moins il s'exaspérait: Elsa était devenue pour lui le symbole de la vie passée, de la jeunesse, de sa jeunesse surtout. Je sentais qu'il mourait d'envie de dire à A

Et sans doute, à ce moment-là, pouvais-je tout arranger. Il me suffisait de dire à Elsa de lui céder, et, sous un prétexte quelconque, d'emmener A

Mais je ne disais pas à Elsa de lui céder ni à A

Je faisais même semblant d'ignorer les tourments de mon père. Il ne fallait surtout pas qu'il se confiât à moi, qu'il me forçât à devenir sa complice, à parler à Elsa et écarter A

Je devais faire semblant de considérer son amour pour A

En attendant nous coulions des jours heureux: je multipliais les occasions d'exciter mon père sur Elsa. Le visage d'A

Je passe vite sur cette période, car je crains, à force de chercher, de retomber dans des souvenirs qui m'accablent moi-même. Déjà, il me suffit de penser au rire heureux d'A

c'est drôle comme la fatalité se plaît à choisir pour la représenter des visages indignes ou médiocres. Cet été-là, elle avait pris celui d'Elsa. Un très beau visage, si l'on veut, attirant plutôt. Elle avait aussi un rire extraordinaire, communicatif et complet, comme seuls en ont les gens un peu bêtes.

Ce rire, j'en avais vite reco

En dehors de ces accidents, et comblant la vie quotidie

Un beau matin, la femme de chambre, très excitée, m'apporta un mot d'Elsa, ainsi conçu: «Tout s'arrange, venez!» Cela me do

«Je viens de voir votre père, enfin, il y a une heure.

– Que vous a-t-il dit?

– Il m'a dit qu'il regrettait infiniment ce qui s'était passé; qu'il s'était conduit comme un goujat. C'est bien vrai... non?»

Je crus devoir acquiescer.

« Puis il m'a fait des compliments comme lui seul sait en faire... Vous savez, ce ton un peu détaché, et d'une voix très basse, comme s'il souffrait de les faire... ce ton...»

Je l'arrachai aux délices de l'idylle:

«Pour en venir à quoi?

– Eh bien, rien!... Enfin si, il m'a invitée à prendre le thé avec lui au village, pour lui montrer que je n'étais pas rancunière, et que j'étais large d'idées, évoluée, quoi!»

Les idées de mon père sur l'évolution des jeunes femmes rousses faisaient ma joie.

«Pourquoi riez-vous? Est-ce que je dois y aller?»

Je faillis lui répondre que cela ne me regardait pas. Puis je me rendis compte qu'elle me tenait pour responsable du succès de ses manœuvres. A tort ou à raison, cela m'irrita.

Je me sentais traquée:

«Je ne sais pas, Elsa, cela dépend de vous; ne me demandez pas toujours ce qu'il faut que vous fassiez, on croirait que c'est moi qui vous pousse à...

– Mais c'est vous, dit-elle, c'est grâce à vous, voyons...»

Son intonation admirative me faisait brusquement peur.

«Allez-y si vous voulez, mais ne me parlez plus de tout ça, par pitié!

– Mais... mais il faut bien le débarrasser de cette femme... Cécile!»

Je m'enfuis. Que mon père fasse ce qu'il veut, qu'A

Cyril me prit dans ses bras, sans un mot, m'emmena. Près de lui tout devenait facile, chargé de violence, de plaisir. Quelque temps après, étendue contre lui, sur ce torse doré, inondé de sueur, moi-même épuisée, perdue comme une naufragée, je lui dis que je me détestais. Je le lui dis en souriant, car je le pensais, mais sans douleur, avec une sorte de résignation agréable. Il ne me prit pas au sérieux.

«Peu importe. Je t'aime assez pour t'obliger à être de mon avis. Je t'aime, je t'aime tant...»

Le rythme de cette phrase me poursuivit pendant tout le repas: «Je t'aime, je t'aime tant.» C'est pourquoi, malgré mes efforts, je ne me souviens plus très bien de ce déjeuner. A

A quatre heures je descendis sur la plage. Je trouvai mon père sur la terrasse, comme il partait pour le village; je ne lui dis rien. Je ne lui recommandai même pas la prudence. L'eau était douce et chaude. A