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Reprenant ses esprits, il constata à quel point les paroles du vieillard étaient absurdes. «Ça va mal là-bas.» Du délire. Un accident? Une maladie? Il pensa à ses parents. Mais pourquoi alors ne pas le dire clairement?
Il hésita puis, au lieu d'entrer directement dans la cour, contourna tout le pâté d'immeubles, monta dans le bâtiment dont les fenêtres, dans la cage d'escalier, do
Il passa un long moment le visage collé à la vitre. La façade lui était co
Le grincement des roues reprit. Alexeï trouva sa peur stupide. Aussi stupide que cette attente derrière une vitre poussiéreuse, aussi bête que la mise en garde de ce vieux joueur d'échecs qui l'avait pris sans doute pour quelqu'un d'autre.
Il eut envie de descendre vite, de rentrer pour prendre de vitesse sa peur. «Le trac», ricana-t-il en silence, et il se mit à dévaler l'escalier. Mais, deux étages plus bas, il s'arrêta. Un couple venait d'entrer et commençait à monter, l'obligeant à reculer vers son refuge. Il observa de nouveau les fenêtres de l'appartement, celles de leurs voisins du dessous, et soudain comprit ce qui le retenait ici…
Durant les a
Il pressa son front contre la vitre. Les rideaux de la chambre de ses parents semblèrent bouger. Non, rien. Il repensa au jeune homme-sanglier, à son visage renflé, à son mépris. A sa menace surtout, tout à fait fantaisiste bien sûr, mais qui souvent paraissait réalisable: ce piano et son couvercle cloué avec de gros clous de charpentier. En fait, s'il guettait à présent, devant ce vasistas couvert de toiles d'araignée, c'était à cause de ce jeune sanglier. C'est grâce à sa disparition, par une nuit de décembre, qu'il avait compris que perso
Il vit, à ce moment-là, le joueur d'échecs qui traversait la cour d'un pas tranquille. Le vieil homme agita le bras, saluant une femme qui arrosait les fleurs à sa fenêtre, puis disparut dans une entrée. Le crépuscule empêchait déjà de voir l'expression des traits. Et, comme en réponse à cette impression, la lumière colora les rideaux de la chambre de ses parents. Une ombre se dessina, très familière. Il crut reco
Il jeta un dernier coup d'œil sur l'immeuble, et c'est avec ce regard déjà insouciant et fatigué par la tension qu'il vit derrière la fenêtre obscure de leur cuisine un officier qui, de haut en bas, observait la cour.
Il lui sembla que l'escalier serait sans fin. Tour après tour, dans une course affolée, il suivait les zigzags des rampes qui se prolongeaient interminablement comme par une illusion d'optique. Dans les rues, puis dans les couloirs du métro, à la gare, il croyait s'enfoncer toujours dans la spirale glauque de la cage d'escalier, esquiver les portes qui risquaient à tout moment de s'ouvrir. Et son regard emportait la vision d'une fenêtre dans laquelle se découpait la silhouette d'un homme sanglé dans un baudrier. Il ne courait pas, il chutait.
Cette chute cessa devant les guichets. D'une boîte de bonbons, l'employée tira une petite boule rose et la mit dans sa bouche. Et tandis que ses doigts prenaient l'argent et rendaient la mo
Cette vie qui continuait tranquillement sans lui l'avait tellement frappé qu'il ne s'éto