Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 23 из 41

Au moment où elle s’y attendait le moins, Clarisse, qui était appuyée contre la porte, la sentit fléchir sous elle…

– Il a ouvert! Il a ouvert. Merci, messieurs, je rentre bien vite… Ah! j’ai eu bien peur, ajouta-t-elle en regardant Octave, qui paraissait tout stupéfait. Adieu! dit-elle; et elle disparut, fermant la porte derrière elle.

– Eh bien, dit le bonhomme Jadis à Octave, qui ne bougeait pas, est-ce que nous allons coucher là, mon jeune ami?

– Non, non, répondit machinalement Octave en regardant toujours la porte; le portier avait pourtant dit qu’il n’ouvrirait pas, ajouta-t-il.

– Oui, mais il a ouvert; c’est égal, dit le vieillard, vous êtes en bon chemin maintenant. C’est toujours tout droit; et comme vous allez d’un assez bon pas, à ce que j’ai pu voir, vous arriverez. Et maintenant, allons nous coucher.

Arrivés à leur porte, Octave et le bonhomme Jadis recommencèrent le même manège qu’ils venaient de faire à la porte de Mademoiselle Clarisse. Ce ne fut qu’au bout d’un grand quart d’heure que le portier consentit à leur ouvrir.

Octave se jeta sur son lit et ne dormit presque pas. Le lendemain, dès le matin, – il était installé à la petite fenêtre do

– Bravo!… bravo! cria une voix qui venait d’une fenêtre de la cour.

Octave courut à sa croisée – qui était resté ouverte – et il aperçut le bonhomme Jadis qui jardinait comme de coutume.

– Eh bien, nous savons donc danser maintenant? dit le vieillard.

Octave lui répondit par un sourire accompagné par un geste amical.

Le soir du même jour, le portier monta tout essoufflé et tout effaré…

– Monsieur Octave, dit-il… c’est extraordinaire… ce qui arrive…

– Quoi donc? demanda le jeune homme avec inquiétude.

– Une lettre… une lettre pour vous!… C’est une dame qui l’a apportée… Nous en avons été saisis, ma femme et moi…

– Do

Quelques jours après, – le matin, – comme le bonhomme Jadis arrosait ses fleurs, il entendit un duo d’éclats de rire qui s’échappait de la chambre d’Octave.

– Ah! dit le bonhomme en se frottant les mains, je n’ai plus besoin de déménager; j’ai mon affaire en face de moi, ça me rappellera Jacqueline. Vingt ans! et pas d’amourettes! c’était trop fort aussi… À la bo

Les amours d’Olivier

I

Olivier avait vingt ans. La poésie n’avait d’abord été chez lui qu’une maladie de la première jeunesse, qu’un premier amour avait fort envenimée, et que plus tard la fréquentation de jeunes gens voués à l’art avait rendue chronique. Le père d’Olivier, homme très rigide et très positif, voulait faire suivre à son fils la carrière du commerce, et dans cette intention il avait envoyé Olivier prendre des leçons de tenue de livres chez un professeur du quartier. C’était un homme déjà vieux, ayant mené longtemps la vie des joueurs et des débauchés, et le moins habile physionomiste aurait lu facilement sur sa figure la carte de tous les mauvais penchants. À quarante-cinq ans cet homme, qui s’appelait M. Duchampy, avait épousé une jeune fille qu’il avait séduite. À l’époque où Olivier vint prendre des leçons chez lui, M. Duchampy était marié depuis quelques a

Il arriva une chose bien simple: c’est qu’Olivier n’apprit aucunement la tenue des livres, et qu’il devint parfaitement amoureux de la femme de son professeur. Un soir madame Duchampy se trouvant seule avec Olivier, elle lui fit ses confidences. C’était quelques jours après la mort de sa petite fille. Olivier tomba à ses genoux et laissa couler sur ses mains ces larmes toutes chaudes de sincérité qui gonflent les cœurs naïfs. Il eut toute l’éloquence de l’inexpérience. Il exprima la passion réelle avec l’accent vrai, et il fut écouté d’autant plus qu’il était attendu. À compter de ce jour-là Madame Duchampy s’appela Marie pour Olivier.

Cependant, quoi qu’il eût fait pour enrayer ses progrès, afin d’avoir un prétexte pour venir dans la maison, au bout de six mois de leçons Olivier en savait assez pour entrer dans n’importe quel comptoir commercial. Son professeur le lui déclara un jour; mais il ajouta: «J’espère néanmoins que cela ne vous empêchera pas de venir nous voir, et le plus souvent sera le mieux.» Olivier vint hardiment tous les jours.

Le professeur ne paraissait aucunement s’inquiéter de cette assiduité. Il en co