Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 17 из 41

– Je sais ce que vous voulez me dire, ma sœur… murmura la malade. Et elle demanda les sacrements.

Le soir, comme la religieuse s’apprêtait à quitter la salle, Clémence la fit appeler.

– Tenez, ma sœur, lui dit-elle en lui mettant dans la main une pièce d’or qui était cachée sous son oreiller, vous mettrez ceci dans le tronc des pauvres malades. C’est toute ma fortune. Adieu!

– Couvrez-vous, mon enfant, lui dit la sœur, en voyant qu’elle gardait ses bras hors du lit. Vous allez avoir froid.

– Oh! qu’est-ce que cela fait maintenant? dit Clémence. Et elle se prit à sourire en regardant ses mains que la maladie avait rendues pâles et transparentes. – Si Théodore me voyait! murmura-t-elle. Puis elle s’endormit et fit son dernier rêve.

Vers le milieu de la nuit elle se réveilla pour mourir. L’agonie fut brève. On avait, comme d’habitude, envoyé chercher l’interne de garde pour y assister. Quand l’infirmier vint le demander, il achevait une partie avec un de ses camarades.

– Qu’est-ce qu’il y a? demanda-t-il.

– C’est la jeune fille du numéro 15 qui se meurt.

– C’est bon, j’y vais… Théodore, prends donc ma partie. Dix minutes après, l’interne remontait.

– Eh bien, lui dit Théodore, qui était venu passer cette nuit avec ses amis les carabins, et le numéro 15?

– La petite est morte, dit l’interne en reprenant son jeu: le roi!… c’est dommage, elle était bien jolie; – valet… dix-huit ans; – passe trèfle…; des yeux noirs et des mains blanches… oh! mais blanches… Tiens, à propos, elle s’appelait Clémence, comme ton ancie

– Ah! reprit celui-ci, Clémence! celle qui avait les mains rouges. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue. – Atout, atout et atout. Mon petit, ça me fait la vole et le point.

Le bonhomme Jadis

À l’époque du terme d’avril, un jeune homme appelé Octave vint prendre possession d’une chambre qu’il avait quelques jours auparavant arrêtée dans une maison de la rue de la Tour d’Auvergne. Il avait l’air si ho

Le logement d’Octave était situé au quatrième et dernier étage. C’était une petite chambre si basse de plafond, qu’un homme d’une taille un peu élevée n’aurait pas pu y garder son chapeau. Elle était éclairée d’un côté par une petite fenêtre do

Octave passa la journée à mettre ses affaires en ordre. Ce n’était pourtant pas une longue besogne, car il n’avait bien juste que le nécessaire, et à la vue de son mobilier de modeste apparence, le portier de la maison avait fait une grimace, et s’était presque repenti de lui avoir loué sans aller aux informations.

Son installation terminée, Octave se mit machinalement à sa fenêtre pour juger ce que serait la vue. En levant les yeux, il aperçut à la croisée qui faisait face à la sie

– Monsieur, j’ai l’ho

Octave, un peu éto

Comme il déposait sa clef chez le portier, celui-ci le prévint qu’il était d’habitude dans la maison de ne point rentrer après minuit, et que, passé cette heure, on payait une amende.

Octave répondit qu’il ne se trouverait jamais dans ce cas-là, et que d’ailleurs il sortait fort rarement le soir.

Avec une foule de précautions oratoires, qui rendirent son avertissement très difficile à comprendre, le portier informa en outre Gustave qu’il était libre de recevoir des femmes chez lui, à la condition que ce seraient des perso

Octave répondit qu’il recevrait peu de visites; mais que sûrement il ne recevrait jamais de femmes chez lui.

Le portier conclut en lui demandant s’il désirait que son épouse prît soin de son ménage, comme elle faisait pour quelques célibataires. Mais Octave le remercia en disant que son ménage était trop peu de chose, et qu’il avait l’habitude de le faire lui-même.

Octave rentra de très bo

Tous les jours il faisait ainsi de même, avec la plus parfaite régularité. Chaque matin il apercevait son vieux voisin qui jardinait à la fenêtre; ils se saluaient et échangeaient quelques paroles sur l’état du temps.

Depuis un mois Octave habitait la maison, et on n’avait pu remarquer aucun changement dans son existence. Non seulement il ne s’était présenté aucune visite pour lui, mais encore il n’avait reçu aucune lettre. On causait de lui quelquefois dans la loge du portier, et on s’éto

Octave avait vingt ans. Son histoire était fort courte. Son père était un petit négociant qu’une mauvaise spéculation avait ruiné. Il était mort foudroyé par ce désastre. La mère d’Octave, ne pouvant plus payer sa pension au collège, l’en retira avant qu’il eût achevé ses études. Ils vécurent dans un grand dénûment l’un et l’autre pendant une a