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– Étranger, ne sais-tu pas, lui répondit celui-ci, que les jeux vont commencer et que Thaïs paraîtra sur la scène? Tous ces citoyens vont au théâtre, et j’y vais comme eux. Te plairait-il de m’y accompagner?
Découvrant tout à coup qu’il était convenable à son dessein de voir Thaïs dans les jeux, Paphnuce suivit l’étranger. Déjà le théâtre dressait devant eux son portique orné de masques éclatants, et sa vaste muraille ronde, peuplée d’i
Paphnuce priait au dedans de lui-même et se gardait des paroles vaines, mais son voisin commença à se plaindre du déclin du théâtre.
– Autrefois, dit-il, d’habiles acteurs déclamaient sous le masque les vers d’Euripide et de Ménandre. Maintenant on ne récite plus les drames, on les mime, et des divins spectacles dont Bacchus s’honora dans Athènes nous n’avons gardé que ce qu’un barbare, un Scythe même peut comprendre: l’attitude et le geste. Le masque tragique, dont l’embouchure, armée de lames de métal, enflait le son des voix, le cothurne, qui élevait les perso
» Aussi vrai que je me nomme Dorion, la femme est l’e
– Tu parles sagement, répondit Paphnuce, la femme est notre pire e
– Par les Dieux immobiles, s’écria Dorion, la femme apporte aux hommes non le plaisir, mais la tristesse, le trouble et les noirs soucis! L’amour est la cause de nos maux les plus cuisants. Écoute, étranger: Je suis allé dans ma jeunesse, à Trézène, en Argolide, et j’y ai vu un myrte d’une grosseur prodigieuse, dont les feuilles étaient couvertes d’i
Paphnuce demanda:
– Dorion, quels sont tes plaisirs?
Dorion répondit tristement:
– Je n’ai qu’un seul plaisir et je conviens qu’il n’est pas vif; c’est la méditation. Avec un mauvais estomac il n’en faut pas chercher d’autres.
Prenant avantage de ces dernières paroles, Paphnuce entreprit d’initier l’épicurien aux joies spirituelles que procure la contemplation de Dieu. Il commença:
– Entends la vérité, Dorion, et reçois la lumière.
Comme il s’écriait de la sorte, il vit de toutes parts des têtes et des bras tournés vers lui, qui lui ordo
Les jeux commençaient. On voyait des soldats sortir des tentes et se préparer au départ quand, par un prodige effrayant, une nuée couvrit le sommet du tertre funéraire. Puis, cette nuée s’étant dissipée, l’ombre d’Achille apparut, couverte d’une armure d’or. Étendant le bras vers les guerriers, elle semblait leur dire: «Quoi! vous partez, enfants de Danaos; vous retournez dans la patrie que je ne verrai plus et vous laissez mon tombeau sans offrandes?» Déjà les principaux chefs des Grecs se pressaient au pied du tertre. Acanas, fils de Thésée, le vieux Nestor, Agamemnon, portant le sceptre et les bandelettes, contemplaient le prodige. Le jeune fils d’Achille, Pyrrhus, était prosterné dans la poussière. Ulysse, reco
– Achille, disait le roi d’Ithaque, est digne d’être honoré parmi nous, lui qui mourut glorieusement pour la Hellas. Il demande que la fille de Priam, la vierge Polyxène soit immolée sur sa tombe. Danaens, contentez les mânes du héros, et que le fils de Pélée se réjouisse dans le Hadès.
Mais le roi des rois répondait:
– Épargnons les vierges troie
Il parlait ainsi parce qu’il partageait la couche de la sœur de Polyxène, et le sage Ulysse lui reprochait de préférer le lit de Cassandre à la lance d’Achille.
Tous les Grecs l’approuvèrent avec un grand bruit d’armes entre-choquées. La mort de Polyxène fut résolue et l’ombre apaisée d’Achille s’évanouit. La musique, tantôt furieuse et tantôt plaintive, suivait la pensée des perso
Paphnuce, qui rapportait tout à la vérité divine, murmura:
– Ô lumières et ténèbres répandues sur les gentils! De tels sacrifices, parmi les nations, a
– Toutes les religions enfantent des crimes, répliqua l’Épicurien. Par bonheur un Grec divinement sage vint affranchir les hommes des vaines terreurs de l’inco