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Cependant la Renommée, messagère aux ailes rapides, court à travers la cité épouvantée et touche les oreilles de la mère d’Euryale. Subitement la chaleur a quitté les os de la malheureuse; ses fuseaux lui sont tombés des mains, sa laine s’est déroulée. Elle s’élance, l’infortunée et, avec des hurlements de femme, s’arrachant les cheveux, démente, elle court d’abord aux remparts et au premier rang. Guerriers, dangers, projectiles, rien n’existe pour elle; mais elle remplit le ciel de ses plaintes: «Est-ce ainsi que je te revois, Euryale? Toi, ce tardif appui de ma vieillesse, tu as pu me laisser seule? Cruel! Il n’a même pas été do

Mais le clairon d’airain a fait retentir au loin son chant terrible. Une clameur lui répond et le ciel en mugit. Les Volsques, d’un même mouvement, ont formé la tortue et se hâtent; ils se préparent à combler les fossés, à arracher les palissades. Les uns cherchent un accès et des endroits où poser les échelles et escalader les murs, là où la ligne des troupes est moins dense et où les rangs ont le plus d’éclaircies. Les Troyens, de leur côté, font pleuvoir sur eux toute espèce de projectiles et les repoussent à grands coups d’épieux, en gens qu’une longue guerre accoutuma à défendre des remparts. Ils roulaient des rochers écrasants pour rompre à la première occasion cette voûte d’acier, cependant que les Latins n’en sont pas moins ardents à braver tous les chocs sous l’épaisse carapace de leur tortue. Mais ils ne peuvent plus tenir. Les Troyens, là où l’e

Ô vous, Muses, et toi, Calliope, je vous en prie, inspirez mes chants; dites-moi quels carnages, quelles funérailles fit alors Turnus; quels guerriers chaque combattant a envoyés à Orcus, et déroulez avec moi le rouleau de cette énorme guerre. [Il vous en souvient, déesses; et vous pouvez nous le rappeler].

Il y avait une tour dont le regard mesurait difficilement la hauteur, munie de ponts très hauts, dans une admirable situation. Les Italiens unissaient toutes leurs forces pour l’emporter d’assaut et déployaient toutes leurs ressources pour la renverser. Les Troyens, eux, la défendaient à coups de pierres et, par ses larges meurtrières, répandaient une grêle de traits. Le premier, Turnus y lança une torche ardente et lui attacha l’incendie au flanc. La flamme, qu’attisait le vent, s’empare de la charpente, se fixe aux montants qu’elle dévore. Les assiégés en désordre, perdant la tête, veulent fuir le fléau; en vain. Pendant qu’ils se pressent et se portent tous ensemble du côté où le feu n’a pas pris, la tour, sous leur poids, s’est soudain écroulée avec un fracas de to

Mais Lycus, bien plus léger à la course, à travers les e

Ilionée d’un énorme rocher, un fragment de montagne, écrase Lucétius qui s’approchait d’une porte, la flamme au poing; Liger terrasse Émathion; Asilas, Gorynée, l’un adroit à lancer le javelot, l’autre habile à décocher de loin la flèche qui surprend; Cénée tue Ortygius; Turnus tue le vainqueur Cénée; et Turnus tue Itys, Clonius, Dioxippe, Promolus, Sagaris et Idas debout sur le devant d’une haute tour. Capys tue Privernus; la lance légère de Thémilla l’avait d’abord effleuré; l’imprudent rejette son bouclier et porte la main à sa blessure. Alors une flèche ailée arrive; sa main est clouée à son flanc gauche; et le trait a secrètement rompu ses poumons d’une blessure mortelle.

Sous des armes magnifiques, le fils d’Arcens, revêtu d’une chlamyde brodée à l’aiguille et teinte de la sombre pourpre ibérie

Ce fut alors, dit-on, qu’Ascagne, habitué jusqu’ici à n’effrayer que les bêtes fuyantes, lança une flèche rapide, sa première flèche de guerre et, de sa main, terrassa le fort Numanus, surnommé Rémulus, qui avait récemment épousé la sœur cadette de Turnus. Ce guerrier allait devant les lignes vociférant la louange et l’injure, et, le cœur enflé de sa nouvelle et royale alliance, s’avançait énorme en criant: «N’avez-vous pas honte de recommencer à vous faire assiéger dans vos retranchements, Phrygiens deux fois captifs, et à opposer des remparts à la mort? Les voilà ceux qui, les armes à la main, vie