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Ayant ainsi parlé, il se voile les tempes du myrte maternel. Hélymus le fait aussi, et le vieil Aceste et le jeune Ascagne; et toute la jeunesse l’imite. Du lieu de l’assemblée, Énée avec ses milliers d’hommes se rend au tombeau, entouré d’un immense cortège. Là, selon le rite des libations, il répand sur la terre deux coupes d’un vin pur, deux coupes d’un lait fraîchement trait, deux coupes de sang sacré, et il jette des fleurs éclatantes en disant: «Pour la seconde fois, salut à toi, mon divin père; salut aux cendres qui me sont vainement rendues, à l’âme et à l’ombre paternelles. Il ne m’a pas été do

Il achevait ces mots quand, sorti des saintes profondeurs du sépulcre, un reptile luisant, qui traînait immense sept a

Le jour attendu était arrivé; les chevaux de Phaéton ramenaient la neuvième Aurore dans la sérénité de sa lumière. La nouvelle des jeux et le nom célèbre d’Aceste avaient attiré les peuples voisins. Ils emplissaient le rivage de leur joyeux rassemblement; les uns, curieux de voir les compagnons d’Énée; les autres, prêts à disputer les prix. Et d’abord on place bien en vue au milieu de l’enceinte les trépieds sacrés, les vertes couro

Quatre galères choisies dans toute la flotte, d’une égale vitesse, commencent la lutte avec leurs lourdes rames. Mnesthée conduit la rapide Baleine à l’ardente équipe, Mnesthée, bientôt italien et qui do

Il y avait à quelque distance dans la mer, en face du rivage écumeux, un rocher que les flots battaient et recouvraient parfois quand les bises d’hiver cachent les astres: silencieux en temps calme, il élève au-dessus des flots immobiles une plate-forme où les plongeons aiment à se sécher au soleil. Le divin Énée y fait dresser, comme une borne, un chêne verdoyant et feuillu: c’est le but d’où les matelots devront revenir quand ils l’auront tourné par un large circuit. Le sort a désigné les rangs; et debout sur les poupes les capitaines resplendissent au loin de pourpre et d’or; les jeunes équipages se sont couro

Gyas a pris les devants; le premier, il rase les eaux devant une foule qui se bouscule et l’acclame. Cloanthe le suit avec de meilleures rames; mais le poids de son navire le ralentit. Derrière, à une égale distance, la Baleine et le Centaure s’efforcent de se dépasser: tantôt la Baleine y arrive; tantôt l’énorme Centaure passe devant elle; tantôt ils courent tous les deux bord à bord; et leur carène effilée sillo

Ils approchaient déjà du rocher et touchaient au but, quand Gyas qui tient la tête et se sent vainqueur pour la moitié de cette course sur l’abîme, interpelle son pilote Ménœtès de toute sa voix: «Où me mènes-tu si loin à droite? Tourne de ce côté. Rase le bord et laisse à gauche la rame effleurer le récif. Aux autres la haute mer!» Mais dans la crainte des écueils invisibles, Ménœtès tourne sa proue vers le large. «Où vas-tu, Ménœtès? Pourquoi ce détour î Gagne le rocher!» s’écrie de nouveau Gyas, et il le rappelait à grands cris. Et voici qu’en se retournant il aperçoit Cloanthe qui le presse à son arrière et qui déjà l’atteint. Cloanthe glisse à gauche entre le navire de Gyas et les rochers sonores, dépasse tout à coup le vainqueur, laisse la borne derrière lui et court maintenant sur la mer libre. Une violente irritation s’est allumée dans les veines du jeune homme; des larmes ruissellent sur ses joues. Oublieux de sa dignité et du salut de ses compagnons, il saisit l’indolent Ménœtès et, du haut de la poupe, le précipite dans les flots. Il s’empare du gouvernail, se fait lui-même son pilote, encourage les rameurs et tourne la barre du côté de la terre. Cependant, remonté non sans peine du fond de l’abîme, alourdi par son âge et par ses vêtements trempés et ruisselants, Ménœtès escalade le rocher et s’assied sur la pierre sèche. Les Troyens ont ri en le voyant tomber et se débattre; ils rient en le voyant vomir son eau salée.

Alors les deux derniers, Sergeste et Mnesthée, s’enflamment du joyeux espoir de devancer Gyas ainsi retardé, Sergeste prend la tête et s’approche du rocher; mais il ne peut dépasser son rival de toute une longueur; il ne le dépasse qu’à demi; l’éperon de la Baleine presse son flanc d’arrière, et, marchant à grands pas au milieu de son navire et de ses rameurs, Mnesthée les exhorte: «Allons, forcez de rames, compagnons d’Hector qu’au jour suprême de Troie j’ai choisis pour les miens. C’est le moment de déployer vos forces, le moment de montrer le même courage que naguère dans les Syrtes de Gétulie, la mer Ionie