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– De Catherine de Médicis? insista le chevalier.

– Oui, mon ami… Après que le médecin du roi eut examiné la reine de Navarre, celle-ci fut aussitôt transportée jusqu’à sa litière, malgré Ambroise Paré qui lui voulait sur l’heure administrer je ne sais quel médicament… Le roi Henri, l’amiral, le prince de Condé et moi, nous montâmes à cheval pour escorter la litière; quelques gentilshommes nous accompagnèrent, le baron de Pont, le capitaine Briquemaut, messieurs de Rohan, de Téligny, d’Aubigné, de Cavagnes, de Piles, tous de la suite du roi Henri. La litière ainsi entourée de notre groupe et précédée de laquais à cheval portant des flambeaux traversa la foule qui entourait le Louvre. À la vue du roi Henri, cette foule se mit à pousser des clameurs comme si nous eussions été des e

– Hum! fit le chevalier.

– Le roi nous comble de ses caresses; la reine mère… je co

– Hum! hum! répéta le chevalier.

– Le peuple nous est seul hostile; mais M. de Guise nous assure que les parisiens n’ont qu’un reste de mauvaise humeur qui se dissipera lorsqu’on aura vu notre roi entrer à Notre-Dame…

Et, comme pour éviter d’approfondir les soupçons qu’évoquait l’attitude du chevalier, le comte se hâta de reprendre son récit:

– Lorsque la reine eut été couchée dans son lit, elle reprit co

Sans insister davantage, maître Paré s’inclina en poussant un soupir et, comme il se retirait, nous vîmes que son visage portait les traces d’une étrange épouvante.

– Ah! ah! interrompit le chevalier en jetant un regard interrogateur sur le comte de Marillac. Ce médecin n’est-il pas de la religion réformée?

– Oui, chevalier.

– Et vous dites qu’il n’insista pas pour do

– C’est la vérité…

– Et vous dites qu’il avait l’air épouvanté?

– En effet. Mais n’était-ce pas naturel?… Ce mal foudroyant, incompréhensible…

– Non, comte! Ambroise Paré est un homme énergique. De plus il est, dit-on, curieux de co

– Que voulez-vous dire, chevalier? s’écria Marillac avec agitation.

– Rien, fit sourdement le chevalier. Je m’éto

– Oui… laissons de côté les soupçons.

– Ah! vous avez dit enfin le mot! Vous aussi vous soupço

– Quoi? balbutia le comte.

– Un crime!…

Marillac pâlit. Son regard se détourna de Pardaillan. Une minute, il parut en proie à un trouble funeste et des pensées tragiques s’agitèrent en lui.

– Eh bien, oui, dit-il enfin; je crois à un crime! La reine de Navarre avait des e

Marillac passa la main sur son front. Et comme le chevalier gardait le silence, il continua:

– Mais peut-être, après tout, n’est-ce qu’un soupçon sans valeur.

– Peut-être! fit le chevalier. Vous disiez donc que le médecin du roi se retira.

– Et aussi nous tous, reprit Marillac avec un empressement fébrile. Le roi Henri demeura seul près de sa mère. Pendant trois longues heures, nous attendîmes dans la pièce voisine. Nous n’osions nous regarder les uns les autres. Je me souviens seulement que le prince de Condé ne cessa de pleurer, et je l’enviais, car pas une larme ne pouvait sortir de mes yeux brûlants; je voyais comme dans un songe pénible, où l’on a la sensation d’étouffer peu à peu… Enfin, l’aube entra dans cette salle où nos douleurs silencieuses étaient rassemblées, et fit pâlir les flambeaux qui jetèrent alors un éclat plus sinistre… Ce fut à ce moment que le roi Henri sortit de la chambre de sa mère… Que lui avait-elle dit? Quelles furent ses suprêmes confidences? Fut-ce son testament de reine, de chef de parti, qu’elle dicta au roi?… Qui sait?… Oui, qui sait si l’étrange hallucination qui s’empara de moi ne fut pas une vérité?… Car comme je me trouvais près de la porte, il me sembla un moment saisir quelques lambeaux de la parole royale et funèbre… «Je meurs assassinée, disait la voix rauque de la mourante, mais je vous ordo

Marillac étouffa un sanglot, et deux larmes qu’il ne songea pas à essuyer coulèrent de ses yeux.

– Nous entrâmes donc, poursuivit-il. Moi je pouvais à peine me soutenir. Quand je vis cette généreuse reine, cette guerrière qui avait éto