Страница 48 из 162
Et tout haut, il ajouta:
– À quelles perso
– Mais… à des perso
Et Damville attendit la réponse avec une angoisse qui décomposait son visage.
– Et quand cela serait! fit Pardaillan. Vous parliez de vos droits! N’ai-je pas celui de vous traiter en e
– Vous avez fait cela! gronda Damville avec un accent de rage et de désespoir.
Pardaillan eut encore un haussement d’épaules.
– Je voulais le faire: mais je ne l’ai pas fait. Ne me remerciez pas. J’enrage d’avoir gardé le silence: c’est mon fils qui m’a empêché de parler. Ce jeune fou a toujours eu d’étranges idées qui le perdront, et qui me perdront avec lui. Savez-vous ce qu’il m’a dit?… «Plutôt que de révéler un secret confié à notre ho
– Ainsi, fit Damville d’une voix rauque, Montmorency ne sait rien!
– Rien, monseigneur: ni lui ni perso
Le maréchal poussa un profond soupir. Sa terreur avait été telle qu’il ne songeait même pas à relever ce terme de félon dont Pardaillan venait de le souffleter.
Il ne mettait pas en doute la sincérité de ce rude et loyal adversaire.
En quelques instants il eut repris tout son sang-froid. Et alors, la colère commença à bouillo
Il fit un pas comme pour se diriger vers celle des portes derrière laquelle se trouvaient Orthès et ses arquebuses.
Mais se ravisant soudain, il se retourna vers Pardaillan.
– Voyons, dit-il brusquement, si je vous offrais la paix?
Pardaillan se leva, s’inclina et demanda:
– Vos conditions, monseigneur?
– Simplement de ne pas me gêner dans ce que je vais entreprendre: vous et votre fils, vous sortirez de l’hôtel de Montmorency; vous vous en irez de Paris, au diable si vous voulez. Je vous ferai remettre deux bons chevaux tout harnachés; dans la sacoche de chacun des chevaux il y aura deux mille écus. Avec une pareille somme, avec votre esprit et votre bravoure, vous pourrez n’importe où entreprendre de faire fortune, et vous réussirez.
Pardaillan, la tête baissée, paraissait réfléchir profondément.
– Songez-y, reprit le maréchal. Vous m’avez désarmé par votre fidélité à garder un secret que bien d’autres eussent vendu. Je suis donc disposé à vous être aussi agréable que je le pourrai. Vos insultes, je les oublie. Vos petites trahisons, je les efface. À vous comme au chevalier, je veux le plus grand bien possible. Je respecte vos idées particulières jusqu’à ne pas vous proposer de rentrer à mon service. Je ne veux même pas me souvenir que vous vous êtes introduit dans cet hôtel pour me tuer. Je vous dis: Pardaillan, ne soyons ni amis, ni e
Pardaillan soupira…
– Vous êtes mon priso
– Et si j’acceptais, dit enfin le vieux Pardaillan, comment vous y prendriez-vous, monseigneur? Car je vous sais défiant; sur ma simple parole, vous ne m’ouvririez pas les portes de votre hôtel.
Un éclair de joie aussitôt éteint flamboya dans les yeux du maréchal, qui répondit:
– Je ne prendrai que les précautions indispensables; vous allez écrire une lettre au chevalier, assez pressante pour qu’il vie
– Ho
– Vous acceptez, n’est-ce pas? fit Damville en frémissant.
– Certes, monseigneur! Avec joie! Avec gratitude! Et tant que je vivrai, je ne me lasserai pas d’admirer votre générosité!
– Écrivez donc, alors! gronda le maréchal qui se précipitant vers un meuble, en tira une écritoire et du papier.
Pardaillan ne bougea pas; un nouveau soupir gonfla sa poitrine.
– Un mot, dit-il. J’accepte. Mais malheureusement, je ne puis accepter que pour moi seul.
– Écrivez toujours! Je me charge de convaincre le chevalier! rugit le maréchal, incapable de contenir son impatience haineuse.
– Attendez donc, monseigneur. Je co
– Que signifie? gronda le maréchal.
– Cela signifie, monseigneur, qu’en lisant ma lettre, mon fils se mettrait à rire et s’écrierait: «Comment! mon digne père est priso