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En même temps, le caractère de la jeune fille se transformait.

Elle avait toujours été un peu mélancolique; elle devint d’une gaieté dont les éclats, par moments, amenèrent de soudaines épouvantes dans l’âme du chevalier.

On l’entendait rire et chanter; elle parlait d’une voix animée et s’exaltait étrangement en racontant les hauts faits de son fiancé, elle ne parlait guère que de lui, d’ailleurs; le soir, à la veillée, dans la grande salle, elle retraçait l’épopée en termes enflammés, et les serviteurs qui, selon la vieille coutume, prenaient place au feu, croyaient entendre un trouvère des anciens temps récitant quelque fabuleux poème de l’époque de Charlemagne.

Seulement, lorsqu’elle était seule, elle croisait quelquefois ses mains sur sa poitrine, et murmurait:

– J’ai là un feu qui me brûle, et lentement me consume…

Le 25 avril, devant toute la seigneurie de la province, tandis que les cloches de Montmorency so

La veille, le maréchal dit à Pardaillan:

– Mon cher fils, voici les lettres et documents qui vous font maître et seigneur du comté de Margency… Prenez-les comme un gage de mon affection et de ma gratitude.

Pardaillan était demeuré un instant rêveur, puis, relevant sa tête fine au profil de médaille et fixant sur le maréchal son clair regard, il avait répondu:

– Monseigneur, c’est un souvenir de tendresse et d’admiration que je veux offrir à celui qui fut mon maître, et me légua le nom de Pardaillan. Pauvre, sans sou ni maille, sans terres, n’ayant pour tout bien au monde que ce nom, je désire en m’unissant à l’ange que vous me do

Ceci fut dit avec une belle simplicité d’orgueil que le maréchal, grand cœur et esprit de poète, comprit. Il serra le chevalier dans ses bras et, sans insister, referma les parchemins dans un coffre.

Devant le bailli qui procédait au contrat, devant la foule des seigneurs accourus, le chevalier fut donc purement et simplement: le chevalier de Pardaillan.

Mais lorsqu’il s’avança pour signer les parchemins du bailli, la tempête des acclamations, le salut de toutes les têtes soudain découvertes, les regards de curiosité passio

Toute droite, toute pâle, dans sa robe de soie blanche à plis lourds, Loïse joignit les mains, et murmura:

– Ô mon héros… ô mon amour!…

La cérémonie fut suivie d’un de ces festins somptueux comme seul un Montmorency pouvait en offrir à de tels hôtes.

Le soir, les invités repartirent.

En effet, le mariage devait se faire à la chapelle en la plus stricte intimité, vu le deuil du jeune époux: c’est du moins l’explication qui fut do

Le matin du 26 avril se leva enfin.

Ce fut une radieuse journée de printemps. Les cerisiers étaient en fleurs; les haies embaumaient; les bois d’alentour se couvraient d’une verdure tendre; la campagne parsemée de bouquets – pommiers blancs, poudrés à frimas – saturée de parfums – lilas, violettes, muguet – la campagne si douce et si plaisante à l’œil, en ces jours où le monde renaît, offrait le spectacle et le charme d’un jardin comme timide et frileux encore.

Cette journée passa comme un doux songe d’amour.

Le maréchal, pourtant, paraissait assiégé de sombres souvenirs… C’est que cette date du 26 avril était à jamais gravée dans son cœur. Vingt ans avant, la nuit du 26 avril, en la chapelle de Margency, s’était consommée son union avec Jea

Le soir vint. Onze heures so

Le maréchal avait revêtu son costume semblable à celui qu’il portait le 26 avril de l’an 1553. Il do

La chapelle de Margency, comme vingt ans avant! Le mariage de minuit, comme vingt ans avant!

Presque les mêmes perso

Le prêtre commença son office.

Pardaillan et Loïse, l’un près de l’autre, se tenaient par la main; leurs yeux ne se quittaient pas; et dans ce double regard qui se croisait, il y avait comme de l’extase.

Le maréchal, avec une poignante anxiété, suivait sur le visage de Jea

Les a

Le prêtre prononça les formules sacramentelles.

Loïse et Pardaillan étaient unis!…

Alors, comme autrefois Jea

Dans le trajet de Montmorency à Margency, Jea

Devant la vieille église, sur la petite place de Margency, devant les châtaigniers séculaires sous l’ombrage desquels s’était écoulée son enfance heureuse, devant l’antique demeure de son père entrevue à la pâle clarté de la lune, elle eut comme un tressaillement et promena autour d’elle des regards éto

Pendant la cérémonie, Jea

Tout à coup, elle vit Loïse et le chevalier qui s’inclinaient devant elle.