Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 142 из 162

En effet, non seulement le maréchal était fils aîné, héritier direct de la gloire du nom, successeur de ce co

Il est vrai que sa conscience, bientôt, s’était élevée et comme purifiée, rejetant les scories d’une religion de meurtre; mais il avait gardé pour lui ses impressions.

Il est vrai encore que plus d’une fois il avait élevé la voix en faveur des huguenots; mais sa fidélité aux Valois était demeurée inébranlable, et nous avons vu l’attitude qu’il avait prise devant Henri de Navarre.

Il est vrai enfin que tous les modérés du royaume, tous ceux qui voulaient laisser aux huguenots la liberté de conscience le considéraient comme leur chef naturel, mais il n’avait rien entrepris qui ne pût être juste et légitime aux yeux mêmes du roi de France.

François de Montmorency, donc, se savait suspect, mais non désigné aux coups des massacreurs.

Cependant, la fermeture des portes de Paris, mesure exceptio

Mais quoi? Il n’eut su le dire.

À tout hasard, il mit son hôtel en état de défense.

Une douzaine de gentilshommes, les uns catholiques, les autres huguenots, et bons serviteurs de la monarchie, mais comme lui ayant horreur de tant de guerres sauvages, vivaient dans l’hôtel et composaient sa maison, ou, si l’on veut, sa cour.

Le maréchal porta à quarante le nombre des gens d’armes qu’il entretenait.

De plus, il arma les laquais: il y en avait une vingtaine dans l’hôtel.

Tout cela formait un total d’environ quatre-vingts combattants. L’hôtel fut abondamment pourvu de poudre, de balles, de mousquets de pistolets et d’armes de toute nature, des provisions de bouche pour un mois y furent entassées.

Lorsque tout cela fut fait, le maréchal se prit à sourire et haussa les épaules, croyant vraiment avoir exagéré les précautions.

La successive disparition du vieux Pardaillan et du chevalier raviva ses inquiétudes.

Qu’étaient-ils devenus? Comment le savoir?…

Dès lors, tous les soirs, l’hôtel fut barricadé; des rondes furent organisées…

Pendant ces quelques journées, Loïse vécut auprès de sa mère. La douce folie de Jea

– Le voici qui vient… Je vais lui dire… Oh! je tremble…

Et si François apparaissait alors, le cœur serré, les bras vaguement tendus vers celle qui l’avait tant aimé, la folle le regardait d’un air éto

Quant à Loïse, si elle souffrit de l’inexplicable disparition du chevalier, il fut impossible de le deviner; son pur et fier profil de vierge ne s’altéra pas; elle parut uniquement occupée de sa mère.

Seulement, l’inquiétude faisait peut-être de terribles ravages dans cette âme.

Le samedi soir, comme elle s’était assise près de Jea

– Enfin!… le voici!… Oh! quand viendra-t-il?…

Peut-être ce mot de la pauvre démente correspondait-il avec les pensées de la jeune fille, car elle tressaillit, puis, portant la main à ses yeux, se prit à pleurer doucement.

– Il vient! répéta Jea

– Hélas! hélas! murmura Loïse. Où est-il?…

Le maréchal entra à ce moment. Il vit cette scène si douce et si triste d’un seul coup d’œil. Il saisit la mère et la fille dans ses bras et les serra convulsivement contre lui, en proie à une angoisse inexprimable.

Et Jea

– Où est-il? Quand reviendra-t-il?

Vers deux heures du matin, tout dormait dans l’hôtel, en cette nuit du samedi, hormis les gens d’armes du corps de garde. Le silence était profond. Jea

Le maréchal, vers dix heures, s’était retiré dans son appartement, comme d’habitude.

Il faut ici esquisser un plan de l’hôtel, bâti d’ailleurs sur le modèle des demeures seigneuriales de l’époque.

Une cour pavée, séparée de la rue par une forte muraille que perçaient une grande porte à double battant et une autre plus petite. À gauche de la cour, un bâtiment élevé; c’était le logis des gens d’armes, corps de garde, écuries au rez-de-chaussée, deux étages et un grenier. En avant, la loge du suisse; à droite, un autre corps de logis où se trouvaient les appartements des gentilshommes et, tout en haut, les chambres des laquais, cuisiniers, sommeliers, etc. Au fond de la cour, séparé de ces deux bâtiments mais les touchant presque, l’hôtel proprement dit, avec son rez-de-chaussée où se trouvaient les salles d’ho

C’était, on le voit, la même disposition que l’hôtel Coligny, disposition adoptée par la plupart des grands seigneurs du temps.

Les premiers mugissements des cloches réveillèrent François de Montmorency.

Il s’habilla, revêtit une cuirasse de buffle, ceignit son épée de bataille, s’arma d’une dague et ouvrit une fenêtre.

Au ciel, brillaient encore quelques étoiles, de leur dernier éclat pâli.

Une étrange rumeur venait du fond de Paris et semblait gagner les rues de proche en proche. Au loin, de sourdes détonations éclataient. Les cloches so

Pendant quelques minutes, le maréchal écouta cette énorme rumeur. Son visage s’assombrit, ses tempes battirent le rappel de l’angoisse.

Alors, il courut à la chambre où dormaient Jea