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Il a moins froid, maintenant, il a l'air fin dans son tricot, ses pauvres génitoires contractées ne ballant qu'à peine par en dessous. En attendant de trouver mieux à faire, il jette un œil par le sabord. Un scintillement lointain do
Facile à dire. Magnifiquement proportio
C'était dimanche, un vrai dimanche, cela se sentait dans l'air où quelques pelotons épars de cormorans se poussaient plus mollement que d'habitude. En remontant vers la passerelle, on croisa une partie de l'équipage qui sortait de la chapelle, parmi quoi le radiotélégraphiste dissimulant mal son dépit. Mais on allait bientôt atteindre l'objectif de Ferrer, de toute façon, pour ce radiotélégraphiste ce n'était plus qu'une question d'heures avant d'être débarrassé de ce rival qui, l'objectif atteint, fit ses adieux au commandant et à l'état-major sur la passerelle puis, retourné dans sa cabine, ses valises.
Le brise-glace déposa Ferrer à Wager Bay avant de repartir aussitôt. Ce jour-là pesait une brume uniforme, expansive, opaque et basse comme un plafond, masquant les sommets alentour et même les hauteurs du bateau, mais en même temps diffusant très vivement la lumière. Ferrer, descendu à terre, vit le Des Groseilliers se disloquer dans ce brouillard, ses masses se dissoudre au profit de ses contours puis ces lignes mêmes au profit de leurs seules intersections qui finirent par s'évaporer aussi.
Ferrer aimerait mieux ne pas s'attarder à Wager Bay: ce n'était qu'un groupe de baraquements préfabriqués aux parois de tôle ondulée rouillée percées de petites fenêtres éclairées d'ocré poussiéreux. Entre ces bâtiments blottis autour d'un mât, quelques rues schématiques respiraient à peine, étroits passages irréguliers gondolés de glace malpropre, obstrués par des congères, et leurs carrefours étaient jonchés de sombres masses de métal ou de ciment, de lambeaux de plastique pétrifiés. Raidement déployé comme un linge étendu quoique gelé à l'horizontale, un drapeau claquait immobilement au sommet du mât dont l'ombre, à peine sensible, s'étendait jusqu'à la cocarde étroite de l'héliport.
Ce petit héliport jouxtait une minuscule aérogare où Ferrer embarqua, en direction de Port Radium, à bord d'un Saab 340 Cityliner aménagé pour six perso
Meute assoupie dans un enclos autour d'un chef, ces chiens étaient hirsutes, malpropres, d'un pelage noir jaunâtre ou jaune pouilleux et d'un sale caractère. S'ils n'aimaient pas les hommes qui, ne les aimant pas non plus, ne les caressaient jamais, ils n'avaient même pas l'air de s'estimer beaucoup entre eux: les regards qu'ils échangeaient ne dénotaient qu'envie et jalousie. Ferrer comprendrait vite que, pris en particulier, aucun de ces animaux n'était bien fréquentable. En appelait-on un par son nom, il se retournait à peine puis se détournait s'il n'apercevait rien à manger. L'exhortait-on à se mettre au travail qu'il ne réagissait même pas, signifiant d'un bref regard latéral qu'on devait s'adresser au chef de meute. Celui-ci, conscient de son importance, faisait alors des mines et ne répondait qu'à peine d'un œil, œil courroucé de cadre au bord du stress, œil distrait de sa secrétaire en train de se faire les ongles.
On s'en fut le jour même, les voilà qui s'éloignent. Ils sont équipés de carabines Savage 116 FFS Tout temps, de jumelles 15 x 45 IS à stabilisateur d'image, de couteaux et de fouets. Le couteau de Napaseekadlak a un manche en oosik, os qui tient lieu de membre sexuel au morse et dont les qualités de souplesse, de résistance et de porosité sont idéales pour une bo
A la sortie de Port Radium, on s'engagea d'abord dans un petit défilé. Des affaissements de glace neigeuse, de part et d'autre, s'éparpillaient sur les roches comme un reliquat de mousse aux flancs d'un bock vidé. On avançait plutôt vite, chacun sèchement secoué sur son traîneau par les accidents de terrain. Ferrer essaya d'échanger au début quelques propos avec ses guides, surtout Angoutretok qui possédait un peu d'anglais, Napaseekadlak ne s'exprimant que par sourires. Mais les paroles, une fois émises, so
Tout de suite les moustiques passèrent à l'attaque mais par bonheur ils étaient très faciles à tuer. Sous ces latitudes en effet, l'homme est pratiquement inco
Une fois on aperçut un ours blanc, trop éloigné pour être hostile.
Ce fut aux chiens de poser toute sorte de problèmes. Par exemple un matin, comme Ferrer se trouvait éjecté de son traîneau sur une arête de neige rugueuse, le véhicule privé de maîtrise commença de bringuebaler en tous sens. Mais, au lieu de s'arrêter, les animaux se croyant libres détalèrent à toute allure et dans plusieurs directions à la fois. Le traîneau finit par verser et se coincer en travers de la piste, immobilisant au bout de leurs courroies les chiens qui se mirent aussitôt à s'engueuler bruyamment entre eux. Cependant Ferrer tâchait de revenir à lui sur le bas-côté de la piste en se massant la hanche. L'ayant remis sur pieds, Angoutretok entreprit d'apaiser les bêtes à coups de fouet mais ne parvint qu'à envenimer les choses: loin de se calmer, le premier chien fouetté réagit en mordant son voisin, qui en mordit un suivant, qui en mordit deux autres qui réagirent de même avant que tout cela dégénérât en vaste conflit, dans une confusion totale. A grand-peine on parvint à les maîtriser. Puis on repartit. L'été boréal progressait. La nuit ne tombait jamais.