Страница 61 из 94
En revanche, Silvio, je comprends parfaitement l’inintelligible; les do
Nous avons avec Théodore et Rosette de grandes discussions à ce sujet: Rosette goûte peu mon système, elle est pour la vérité vraie; Théodore do
Beaucoup de perso
Cela fit venir l’idée de la jouer. La saison s’avance, et l’on a épuisé tous les genres d’amusements; l’on est las de la chasse, des parties à cheval et sur l’eau; les chances du boston, toutes variées qu’elles soient, n’ont pas assez de piquant pour occuper la soirée, et la proposition fut reçue avec un enthousiasme universel.
Un jeune homme qui savait peindre s’offrit pour faire les décorations; il y travaille maintenant avec beaucoup d’ardeur, et dans quelques jours elles seront achevées. – Le théâtre est dressé dans l’orangerie, qui est la plus grande salle du château, et je pense que tout ira bien. C’est moi qui fais Orlando; Rosette devait jouer Rosalinde, cela était de toute justice: comme ma maîtresse et comme maîtresse de la maison, le rôle lui revenait de droit; mais elle n’a pas voulu se travestir en homme par un caprice assez singulier pour elle, dont assurément la pruderie n’est pas le défaut. Si je n’avais pas été sûr du contraire, j’aurais cru qu’elle avait les jambes mal faites. Actuellement aucune des dames de la société n’a voulu se montrer moins scrupuleuse que Rosette, et cela a failli faire manquer la pièce; mais Théodore qui avait pris le rôle de James le mélancolique, s’est offert pour la remplacer, attendu que Rosalinde est presque toujours en cavalier, excepté au premier acte, où elle est en femme, et qu’avec du fard, un corset et une robe il pourra faire suffisamment illusion, n’ayant point encore de barbe et étant fort mince de taille.
Nous sommes en train d’apprendre nos rôles, et c’est quelque chose de curieux que de nous voir. – Dans tous les recoins solitaires du parc, vous êtes sûr de trouver quelqu’un avec un papier à la main, marmottant des phrases tout bas, levant les yeux au ciel, les baissant tout à coup, et refaisant sept à huit fois le même geste. Si l’on ne savait pas que nous devons jouer la comédie, assurément l’on nous prendrait pour une maiso
Je pense que nous saurons bientôt assez pour faire une répétition. – Je m’attends à quelque chose de très singulier. Peut-être ai-je tort. – J’ai eu peur un instant qu’au lieu de jouer d’inspiration nos acteurs ne s’attachassent à reproduire les poses et les inflexions de voix de quelque comédien en vogue; mais ils n’ont heureusement pas suivi le théâtre avec assez d’exactitude pour tomber dans cet inconvénient, et il est à croire qu’ils auront, à travers la gaucherie de gens qui n’ont jamais monté sur les planches, de précieux éclairs de naturel et de ces charmantes naïvetés que le talent le plus consommé ne saurait reproduire.
Notre jeune peintre a vraiment fait des merveilles: – il est impossible de do
Il a dessiné tous les costumes sur mes indications; ils sont du plus beau caractère. On a d’abord crié qu’ils ne pourraient pas se traduire en soie et en velours, ni en aucune étoffe co
– Comment voulez-vous que cela tie
– Cette coiffure me vieillit intolérablement.
– Avec de l’empois, des épingles et de la bo
Tu ne te figures pas la prodigieuse quantité de madrigaux que nous avons été obligés de dépenser pour contraindre nos dames à mettre des costumes charmants, et qui leur allaient le mieux du monde.
Nous avons eu aussi beaucoup de peine à leur faire poser congrûment leurs assassines. Quel diable de goût ont les femmes! et de quel titanique entêtement est possédée une petite-maîtresse vaporeuse qui croit que le jaune paille glacé lui va mieux que le jonquille ou le rose vif. Je suis sûr que, si j’avais appliqué aux affaires publiques la moitié des ruses et des intrigues que j’ai employées pour faire mettre une plume rouge à gauche et non à droite, je serais ministre d’État ou empereur pour le moins.