Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 30 из 34

– N'essayez pas de m'avoir. Ce ne sont pas ces considérations métaphysiques qui vous ont déterminé à abando

– Ce n'est pas mal, comme fin.

– Admettons, mais concevez que le lecteur reste sur sa faim.

– Ce n'est pas mal, comme réaction.

– Pour une lecture métaphorique, oui. Pas pour la lecture carnassière que vous recommandez.

– Chère mademoiselle, vous avez à la fois raison et tort. Vous avez raison, c'est une cause mystérieuse qui m'a contraint à laisser ce roman inachevé. Vous avez néanmoins tort parce que, en bo

– Et fondés.

– Concevez que j'aie voulu me débarrasser de cette atmosphère qui, peu à peu, cessait de m'amuser. Et concevez que j'aie répugné à démythifier mon splendide roman par ce lamentable épilogue. Vous aviez donc tort de désirer une suite en bo

– Je vous ai apporté une fin, moi?

– C'est ce que vous êtes en train de faire à l'instant.

– Si vous vouliez me mettre mal à l'aise, vous avez réussi, mais j'aimerais une explication.

– Vous m'avez déjà apporté une do

– J'espère que vous n'avez pas l'intention de gâcher ce beau roman en lui greffant le délire cartilagineux dont vous m'avez assommée tout à l'heure.

– Pourquoi pas? C'était une sacrée trouvaille.

– Je m'en voudrais, de vous avoir suggéré une fin aussi mauvaise. Mieux vaut encore laisser votre roman inachevé.

– Ça, c'est à moi d'en juger. Mais vous allez m'apporter autre chose.

– Quoi donc?

– C'est vous qui allez me l'apprendre, ma chère enfant. Passons au dénouement, voulez-vous? Nous avons attendu la durée réglementaire.

– Quel dénouement?

– Ne faites pas l'i

– Aucun.

– Ne seriez-vous pas la dernière rescapée de la lignée de Planèze de Saint-Sulpice?

– Vous savez bien que cette famille s'est éteinte sans descendance – vous y êtes d'ailleurs pour quelque chose, non?

– Auriez-vous un lointain parent Tach?

– Vous savez très bien que vous êtes le dernier descendant des Tach.

– Vous êtes la petite-fille du précepteur?

– Mais non! Qu'allez-vous imaginer?

– Qui était votre aïeul, alors? Le régisseur ou le majordome du château? Le jardinier? Une femme de chambre? La cuisinière?

– Arrêtez de délirer, monsieur Tach; je n'ai aucun lien d'aucune sorte avec votre famille, votre château, votre village ou votre passé.

– C'est inadmissible.

– Pourquoi?

– Vous ne vous seriez pas do

– Je vous surprends en flagrant délit de déformation professio

– Vous avez certainement tort. Peut-être ne co

– Arrêtez ce délire, monsieur Tach. Vous chercheriez en vain des similitudes entre nos deux cas – à supposer que ces similitudes aient une quelconque signification. En revanche, ce qui me paraît significatif, c'est votre besoin d'établir une similitude.

– Significatif de quoi?

– Là est la vraie question, et c'est à vous qu'elle se pose.

– J'ai compris, c'est encore moi qui vais devoir tout faire. Au fond, les théoriciens du Nouveau Roman étaient d'énormes farceurs: la vérité, c'est que rien n'a changé dans la création. Face à un univers informe et insensé, l'écrivain est contraint à jouer les démiurges. Sans l'agencement formidable de sa plume, le monde n'aurait jamais été capable de do

– Eh bien, allez-y, soufflez.

– Je ne fais que ça, mon enfant. Ne voyez-vous pas que je vous implore, moi aussi? Aidez-moi à do

– Hélas, monsieur Tach.

– Quoi, hélas? Vous n'avez rien d'autre à me répondre?

– Si, mais êtes-vous capable d'entendre cette réponse?

– Je préfère la pire des réponses à une absence de réponse.

– Précisément. Ma réponse est une absence de réponse.

– Soyez claire, je vous prie.

– Vous me demandez qui je suis. Or, vous le savez déjà, non parce que je vous l'ai dit, mais parce que vous l'avez déjà dit vous-même. Avez-vous déjà oublié? Tout à l'heure, parmi une centaine d'injures, vous avez tapé en plein dans le mille.

– Allez-y, je suis à point.

– Monsieur Tach, je suis une sale petite fouille-merde. Il n'y a rien d'autre à dire sur mon compte, vous pouvez le croire. Je suis navrée. Soyez certain que j'aurais aimé avoir une autre réponse, mais vous exigiez la vérité, et cela est ma seule vérité.

– Je ne pourrai jamais vous croire.

– Vous avez tort. Au sujet de ma vie et de ma généalogie, je ne pourrais vous dire que des banalités. Si je n'avais pas été journaliste, je n'aurais jamais cherché à vous rencontrer. Vous aurez beau chercher, vous retomberez toujours sur la même conclusion: je suis une sale petite fouille-merde.