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Elle n'avait besoin de perso
Elle ouvrait la fenêtre, les volets. Elle ne regrettait pas d'être là, elle s'accrochait à son petit destin qui dégageait sûrement un fumet irritant au nez des autres. La solitude lui convenait, partager la vie d'un être l'aurait salie. Elle aurait dû se débarrasser de son enfant pour se sentir vraiment nette comme le carrelage d'un escalier qu'on vient de laver à grande eau. Elle occuperait encore moins de place, elle serait un perso
La vie devait servir à d'autres femmes, elles en faisaient un usage agréable, plaisant comme une goutte de parfum déposée derrière l'oreille avant de sortir. Elles aimaient cette odeur qui les enrobait tout au long de la soirée, piégeant les hommes. Elles rentraient en couple, et se démaquillaient déçues qu'ils soient déjà endormis sur le lit. Elles auraient voulu déchirer leur robe et la leur faire avaler tout entière comme un poison. Les larmes ne les calmaient pas, elles les réveillaient, elles leur disaient si je ne te plais pas je m'en vais, je me pends, je n'accepterai jamais de partager la couche d'un indifférent. Ils se frottaient les yeux, ils les attiraient à eux et ils se sentaient obligés de les perforer comme des poinçons.
Elle préférait la solitude, le couple et les amis n'étaient que des morceaux de ferraille satellisés autour de vous, prêts à vous égratigner à la moindre saute d'humeur. Elle était bien, elle pouvait se déshabiller, toucher son corps des pieds à la tête, même s'il était moins élastique elle le regarderait avec plaisir rien que pour voir quelque chose de nu.
Elle co
Pour se distraire elle n'avait qu'à penser à la mort, ou à toutes ces a
Elle aurait voulu qu'on so
Il aurait pu aussi se mettre à pleuvoir, de grosses gouttes de plus en plus rapprochées les unes des autres, une averse dense qui couvrirait le bruit des voitures. À moins qu'elle entende un cri perçant et un remue-ménage dans l'appartement du dessus. Elle n'oserait pas sortir de chez elle, mais surprenant une conversation dans l'ascenseur elle apprendrait le lendemain que le voisin avait été transporté à l'hôpital où il était mort en salle de réanimation.
Une autre nuit, elle entendrait un couple dont les gémissements traverseraient le béton et le plâtre. Elle les verrait même apparaître dans l'avant-scène de son cerveau, et elle croirait respirer leur étreinte. Elle n'aurait pas peur de la folie, elle tournerait autour d'eux en se réjouissant de cette distraction. Puis elle comprendrait qu'ils n'étaient qu'un morceau déshérité de son insomnie, et qu'elle devait se raccrocher au réel de toute urgence.
Elle n'avait qu'à se do
Elle n'avait qu'à constater son bonheur pour le faire apparaître. Elle s'amusait à éclairer et à éteindre la lampe de chevet, elle dépliait un vieux journal, elle regardait les ombres des murs, elle écoutait le bruit d'une porte quelque part dans l'immeuble. Elle remuait ses pieds, ses lèvres, elle secouait la tête vers l'avant comme pour approuver ce cauchemar de la garder charitablement en elle à titre de petite femme dévouée à la vie. Elle n'avait jamais failli, elle avait supporté toutes les douleurs, résistant à la tentation du suicide comme d'autres au péché de la chair, à la gourmandise ou à l'envie démesurée de commettre des crimes. Depuis sa naissance, elle co
Elle autait voulu qu'il fasse jour, être mariée depuis l'an passé et faire ses courses pour le déjeuner de son mari. Elle aimerait le sang sur le tablier du boucher, l'odeur des fruits, des fromages, la couleur des poissons étalés sur un lit d'algues. Elle était assoiffée de vie ordinaire, avec un compagnon tendre et un groupe d'amis épanouis. Ils organiseraient des sorties, assistant à des spectacles et buvant des verres. On écouterait ses jugements sûr l'art, ses opinions politiques seraient prises en compte et commentées. Elle avalerait souvent une tasse remplie de comprimés, elle en serait quitte pour un lavage d'estomac. Elle serait insouciante, elle co
Elle réussissait à faire les cent pas dans les quelques mètres de son logement. Elle méditait, elle essayait de trouver un sens à la vie de son fils, alors qu'il finirait par co