Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 2 из 4

À la Charité, j’accomplis le testament verbal de ce pauvre voyageur. Sa mère était absente; ce fut une sorte de bonheur pour moi. Néanmoins, j’eus à essuyer la douleur d’une vieille servante, qui chancela lorsque je lui racontai la mort de son jeune maître; elle tomba demi-morte sur une chaise en voyant cette clef encore empreinte de sang; mais comme j’étais tout préoccupé d’une plus haute souffrance, celle d’une femme à laquelle le sort arrachait son dernier amour, je laissai la vieille femme de charge poursuivant le cours de ses prosopopées, et j’emportai la précieuse correspondance, soigneusement cachetée par mon ami d’un jour.

Le château où demeurait la comtesse se trouvait à huit lieues de Moulins, et encore fallait-il, pour y arriver, faire quelques lieues dans les terres. Il m’était alors assez difficile de m’acquitter de mon message. Par un concours de circonstances inutiles à expliquer, je n’avais que l’argent nécessaire pour atteindre Moulins. Cependant, avec l’enthousiasme de la jeunesse, je résolus de faire la route à pied, et d’aller assez vite pour devancer la renommée des mauvaises nouvelles, qui marche si rapidement. Je m’informai du plus court chemin, et j’allai par les sentiers du Bourbo

– Merci! dis-je d’un air ironique. Son par là pouvait me faire errer pendant deux heures dans le parc.

Une jolie petite fille à cheveux bouclés, à ceinture rose, à robe blanche, à pèlerine plissée, arriva sur ces entrefaites, entendit ou saisit la demande et la réponse. À mon aspect, elle disparut en criant d’un petit accent fin: – Ma mère, voilà un monsieur qui veut vous parler. Et moi de suivre, à travers les détours des allées, les sauts et les bonds de la pèlerine blanche, qui, semblable à un feu follet, me montrait le chemin que prenait la petite fille.

Il faut tout dire. Au dernier buisson de l’avenue, j’avais rehaussé mon col, brossé mon mauvais chapeau et mon pantalon avec les parements de mon habit, mon habit avec ses manches, et les manches l’une par l’autre; puis je l’avais bouto

Tout à coup, au moment où je composais mon maintien, au détour d’une verte sinuosité, au milieu de mille fleurs éclairées par un chaud rayon de soleil, j’aperçus Juliette et son mari. La jolie petite fille tenait sa mère par la main, et il était facile de s’apercevoir que la comtesse avait hâté le pas en entendant la phrase ambiguë de son enfant. Éto