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Tous les soirs je me plaisais à imaginer cette lettre, je croyais la lire, je m’en récitais chaque phrase. Tout d’un coup je m’arrêtais effrayé. Je comprenais que si je devais recevoir une lettre de Gilberte, ce ne pourrait pas en tous cas être celle-là puisque c’était moi qui venais de la composer. Et dès lors, je m’efforçais de détourner ma pensée des mots que j’aurais aimé qu’elle m’écrivît, par peur en les énonçant, d’exclure justement ceux-là,-les plus chers, les plus désirés-, du champ des réalisations possibles. Même si par une invraisemblable coïncidence, c’eût été justement la lettre que j’avais inventée que de son côté m’eût adressée Gilberte, y reco

En attendant je relisais une page que ne m’avait pas écrite Gilberte, mais qui du moins me venait d’elle, cette page de Bergotte sur la beauté des vieux mythes dont s’est inspiré Racine, et que, à côté de la bille d’agathe, je gardais toujours auprès de moi. J’étais attendri par la bonté de mon amie qui me l’avait fait rechercher; et comme chacun a besoin de trouver des raisons à sa passion, jusqu’à être heureux de reco

Il disait enfin, l’ordre nouveau dessiné par l’ouvrière invisible, que si nous pouvons désirer que les actions d’une perso

Ces paroles nouvelles, mon amour les entendait; elles le persuadaient que le lendemain ne serait pas différent de ce qu’avaient été tous les autres jours; que le sentiment de Gilberte pour moi, trop ancien déjà pour pouvoir changer, c’était l’indifférence; que dans mon amitié avec Gilberte, c’est moi seul qui aimais. «C’est vrai, répondait mon amour, il n’y a plus rien à faire de cette amitié-là, elle ne changera pas.» Alors dès le lendemain (ou attendant une fête s’il y en avait une prochaine, un a