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Mais ni les bons traitements, ni l’occupation, ni la maladie ne pouvaient lui faire oublier Madeleine et ce cher moulin du Cormouer, et son petit Jea

… Mais voilà qu’il se fait tard, messieurs mes amis, et je m’endors sur mon histoire. À demain; si vous voulez, je vous dirai le reste. Bonsoir la compagnie.

Le chanvreur alla se coucher, et le métayer, allumant sa lanterne, reconduisit la mère Monique au presbytère, car c’était une femme d’âge qui ne voyait pas bien clair à se conduire.

XII

Au lendemain, nous nous retrouvâmes tous à la ferme et le chanvreur reprit ainsi son récit:

– Il y avait environ trois ans que François demeurait au pays d’Aigurande, du côté de Villechiron, dans un beau moulin qui s’appelle Haut-Champault, ou Bas-Champault, ou Frechampault, car, dans ce pays-là comme dans le nôtre, Champault est un nom répandu. J’ai été par deux fois dans ces endroits-là et c’est un beau et bon pays. Le monde de campagne y est plus riche, mieux logé, mieux habillé; on y fait plus de commerce, et quoique la terre y soit plus maigre, elle rapporte davantage. Le terrain y est pourtant mieux cabossé. Les rocs y percent et les rivières y ravinent fort. Mais c’est joli et plaisant tout de même. Les arbres y sont beaux à merveille et les deux Creuses roulent là dedans à grands ramages, claires comme eau de roche.

Les moulins y sont de plus de conséquence que chez nous, et celui où résidait François était des plus forts et des meilleurs. Un jour d’hiver, son maître, qui s’appelait Jean Vertaud, lui dit:

– François, mon serviteur et mon ami, j’ai un petit discours à te faire et je te prie de me do

«Il y a déjà un peu de temps que nous nous co

«Je suis donc content de toi, et je voudrais te contenter pareillement pour ma part. Dis-moi donc, tout franchement, si tu ne souhaites point quelque chose de moi, car je n’ai rien à te refuser.

– Je ne sais pas pourquoi vous me demandez cette chose-là, répondit François. Il faut donc, mon maître, que je vous aie paru mécontent de vous, et cela n’est point. Je vous prie d’en être certain.

– Mécontent, je ne dis pas. Mais enfin tu as un air, à l’habitude, qui n’est pas d’un homme heureux. Tu n’as point de gaieté, tu ne ris avec perso

– M’en blâmez-vous, mon maître? En cela je ne pourrais vous contenter car je n’aime ni la bouteille ni la danse; je ne fréquente ni le cabaret ni les assemblées; je ne sais pas de chansons et de sornettes pour faire rire. Je ne me plais à rien qui me détourne de mon devoir.

– En quoi tu mérites d’être tenu en grande estime, mon garçon, et ce n’est pas moi qui t’en blâmerai. Si je te parle de cela, c’est parce que j’ai une imagination que tu as quelque souci. Peut-être trouves-tu que tu te do

– Vous avez tort de croire cela, maître Vertaud. Je suis aussi bien récompensé que je peux le souhaiter, et en aucun lieu je n’aurais peut-être trouvé le fort gage que, de votre seul gré et sans que je vous inquiète, vous avez voulu me fixer. Ainsi vous m’avez augmenté chaque a

XIII

– Voyons, voyons, François, nous ne nous entendons guère, repartit maître Jean Vertaud; et je ne sais plus par quel bout te prendre. Tu n’es pourtant pas sot, et je pensais t’avoir assez mis la parole à la bouche; mais puisque tu es honteux je vas t’aider encore. N’es-tu porté d’inclination pour aucune fille du pays?

– Non, mon maître, répliqua tout droitement le champi.

– Vrai?

– Je vous en do

– Et tu n’en vois pas une qui te plairait si tu avais les moyens d’y prétendre?

– Je ne veux pas me marier.

– Voilà une idée! Tu es trop jeune pour en répondre. Mais la raison?

– La raison! dit François. Ça vous importe donc, mon maître?

– Peut-être, puisque j’ai de l’intérêt pour toi.

– Je vas vous la dire; je n’ai pas de raison pour m’en cacher. Je n’ai jamais co

– Oui-da! s’exclama Jean Vertaud, un peu saboulé par cette confession; je ne l’aurais jamais pensé.

– Pourquoi ne l’auriez-vous jamais pensé?… Vous ne répondez pas, mon maître? Eh bien, moi, je vas répondre pour vous. C’est que, me voyant bon sujet, vous vous seriez éto