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Après tout cela, comment ne serait-on pas fataliste. Mais qui sait, s’il est réellement persuadé d’une chose ou non?… Et nous prenons souvent pour la persuasion un sentiment trompeur ou une erreur de la raison. J’aime à douter de tout; cela n’empêche pas la décision de caractère; au contraire, il me semble que je vais toujours avec plus d’audace, lorsque j’ignore ce qui m’attend, sans doute il ne peut rien m’arriver de pire que la mort; et la mort on ne peut l’éviter!

De retour à la forteresse, je racontai à Maxime Maximitch tout ce qui m’était arrivé et tout ce dont j’avais été le témoin. Je désirais co

«Oui, en effet, ce trait est assez bizarre!… Du reste les armes de ces Asiatiques ratent souvent, si elles sont mal graissées, ou si l’on n’appuie pas assez fortement le doigt sur la détente. J’avoue que moi non plus je n’aime pas les carabines circassie

Puis il ajouta en réfléchissant quelque peu:

«Oui j’ai pitié de ce malheureux… quel diable le poussait donc à causer la nuit avec un ivrogne!… Du reste, il est évident que cela avait été écrit dans sa destinée!…»

Je ne pus rien en tirer de plus: en général il n’aimait pas les discussions métaphysiques.

LE DÉMON

PREMIÈRE PARTIE

I.

Un ange déchu, un démon plein de chagrin, volait au-dessus de notre terre pécheresse. Les souvenirs de jours meilleurs se pressaient en foule devant lui, de ces jours où, pur chérubin, il brillait au séjour de la lumière; où les comètes errantes aimaient à échanger avec lui de bienveillants et gracieux sourires; où, au milieu des ténèbres éternelles, avide de savoir, il suivait, à travers les espaces, les caravanes nomades des astres abando

II.

Depuis longtemps réprouvé, il errait dans les solitudes du monde sans trouver un asile. Et cependant les siècles succédaient aux siècles, les instants aux instants. Lui, dominant le misérable genre humain, semait le mal sans plaisir et nulle part ne rencontrait de résistance à ses habiles séductions. Aussi le mal l’e

III.

Bientôt le ba

IV.

Puis le tableau changea; une nature pleine de vie s’épanouit à ses regards; les luxuriantes vallées de la Géorgie se déroulèrent au loin comme un magique tapis. Terre heureuse et florissante!… Les silhouettes des ruines, les ruisseaux à l’eau rapide et murmurante et au fond parsemé de cailloux aux mille couleurs; les buissons de roses sur lesquels les rossignols à la voix douce, chantent la plaintive beauté que rêva leur amour; les ombrages des platanes touffus, entremêlés de lierre abondant; les grottes où les timides chevreuils se réfugient aux jours brûlants; l’éclat, le mouvement, le murmure des feuilles; le bruit sonore de mille voix; l’haleine parfumée de mille plantes; la voluptueuse ardeur du milieu du jour; les nuits toujours humides d’une rosée odorante; les étoiles du ciel, brillantes comme le regard et les yeux des jeunes Géorgie

V.

Cette grande demeure, ce palais spacieux, le vieux Gudal aux cheveux blancs les a bâtis pour lui. Ils ont coûté bien des larmes, bien des fatigues aux esclaves soumis depuis longtemps à ses ordres. Au lever du jour, les ombres de ses murailles s’allongent sur les pentes des montagnes voisines. Des marches creusées dans le roc conduisent de la tour, placée à l’un des angles, au bord de la rivière. C’est en suivant cette rampe sinueuse, que la jeune princesse Tamara va puiser de l’eau à l’Arachva [28].

VI.

Toujours silencieuse, la sombre demeure, du haut des rochers escarpés, semble contempler les vallées. Mais en ce jour un grand festin a été servi dans ses murs; la zourna [29] réso

[25] Le Kasbek est un des pics les plus élevés du Caucase.

[26] Le Darial, torrent du Caucase.

[27] Le Terek, rivière du Caucase.

[28] L'Arachva est une rivière de la Géorgie.

[29] Instrument à corde; espèce de viole.

[30] Sorte de tambour de basque.