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Après le dîner, à six heures, je suis allé sur le boulevard. Il y avait foule; les deux princesses étaient assises sur un banc, entourées de jeunes gens qui faisaient tous leurs efforts pour paraître aimables. J’ai trouvé place à quelque distance sur un autre banc. J’ai arrêté deux officiers de ma co

«Que racontait-il? a-t-elle demandé à l’un des jeunes gens qui était retourné vers elle par politesse; c’était sûrement une histoire très intéressante? Ses exploits à la guerre?»

Elle a dit tout cela assez haut, et avec l’intention de me piquer.

Ah! ai-je pensé, vous vous fâchez tout de bon, chère princesse; permettez! vous en verrez bien d’autres.

Groutchnitski la suivait comme une bête féroce suit sa proie, et ne la quittait pas des yeux; je parierais que demain il demandera à quelqu’un de le présenter à la princesse. Elle en sera fort heureuse; car elle s’e

16 Mai.

Pendant les deux jours suivants, mes affaires ont fait d’énormes progrès. Décidément la jeune princesse me déteste. On m’a répété deux ou trois épigrammes décochées à mon adresse assez vives, mais aussi très flatteuses. C’est affreux et étrange pour elles que moi habitué à l’élégante société, qui ai été reçu au milieu de leurs parents à Pétersbourg, je ne cherche point à faire co

Hier je les ai rencontrées dans le magasin de Tchelakow; elles marchandaient un admirable tapis persan. La jeune princesse suppliait sa mère de ne pas hésiter sur le prix. Ce tapis ornerait si bien son boudoir!… J’ai do

Groutchnitski a pris un air mystérieux; il va les mains croisées derrière lui et ne reco

– Tu ne veux décidément pas faire co

– Non, décidément!

– C’est cependant la maison la plus agréable des eaux! et l’on y trouve la meilleure société!

– Mon cher, la société m’e

– Pas encore! J’ai causé deux fois avec la jeune princesse, pas davantage. Tu sais qu’il est gênant de se présenter soi-même dans une maison où l’on n’est pas co

– Pardon! mais tu es ainsi bien plus intéressant vraiment! Tu ne sais pas profiter des avantages de ta situation. Ton manteau de soldat fait de toi aux yeux d’une jeune fille sentimentale, un héros et un martyr.

Groutchnitski m’a envoyé un sourire de contentement.

– Quelle bêtise! a-t-il dit.

– Je suis sûr, ai-je continué, que la jeune princesse est déjà amoureuse de toi.

Il a rougi jusqu’aux oreilles et s’est rengorgé. Ô amour-propre! tu es le levier que demandait Archimède pour soulever le monde.

– Tu plaisantes toujours, a-t-il dit, en ayant l’air de se fâcher; d’abord elle me co

– Les femmes n’aiment que ceux qu’elles ne co

– Oui! mais je n’ai aucune prétention à plaire, je désire tout simplement faire co

– Comment! Elle t’a parlé de moi?

– Oui, mais ne t’en réjouis pas! j’avais par hasard entamé une conversation avec elle auprès du puits. Voici les quelques mots qu’elle m’a dit: «Quel est ce monsieur qui a le regard si désagréable et si dur? il était avec vous le jour où…» Elle a rougi et n’a pas osé rappeler le jour, où elle a eu pour moi cette attention qui m’est si chère.

– Elle n’avait pas besoin de rappeler cela; le souvenir en sera éternellement gravé dans ton cœur.

– Mon cher Petchorin, je ne te félicite, pas, tu as vraiment une mauvaise réputation auprès d’elle; et je le regrette, car Marie est charmante!»

Il faut vous faire observer que Groutchnitski est de ces hommes qui, en parlant de femmes qu’ils co

J’ai pris un air sérieux et lui ai répondu:

– Elle n’est donc pas méchante!… Prends-y garde, Groutchnitski! Les jeunes filles russes, en grande partie, ne vivent que d’amour platonique, sachant ne pas le confondre avec le mariage. Et cet amour platonique est ce qu’il y a de plus effrayant. La jeune princesse me paraît être de ces femmes qui veulent être amusées; si elles s’e