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Le sarcophage ouvert laissa voir le premier cercueil hermétiquement fermé. C’était un coffre orné de peintures et de dorures, représentant une espèce de naos, avec des dessins symétriques, des losanges, des quadrilles, des palmettes et des lignes d’hiéroglyphes. On fit sauter le couvercle, et Rumphius, qui se penchait sur le sarcophage, poussa un cri de surprise lorsqu’il découvrit le contenu du cercueil: «Une femme! une femme!» s’écria-t-il, ayant reco
Le Grec aussi parut éto
«Ceci dérange, dit le docteur à Lord Evandale, toutes mes notions et toutes mes théories, et renverse les systèmes les mieux assis sur les rites funèbres égyptiens, si exactement suivis pourtant pendant des milliers d’a
– Perso
Argyropoulos, ayant rangé autour de la caisse tous les objets trouvés près d’elle, se tint debout respectueusement à la porte de la cabine, et parut attendre. Lord Evandale comprit et lui fit compter les vingt-cinq mille francs par son valet de chambre.
Le cercueil ouvert posait sur des tasseaux, au milieu de la cabine, brillant d’un éclat aussi vif que si les couleurs de ses ornements eussent été appliquées d’hier, et encadrait la momie, moulée dans son carto
Jamais l’antique Égypte n’avait emmailloté avec plus de soin un de ses enfants pour le sommeil éternel. Quoique aucune forme ne fût indiquée dans cet Hermès funèbre, terminé en gaine, d’où se détachaient seules les épaules et la tête, on devinait vaguement un corps jeune et gracieux sous cette enveloppe épaissie. Le masque doré, avec ses longs yeux cernés de noir et avivés d’émail, son nez aux ailes délicatement coupées, ses pommettes arrondies, ses lèvres épanouies et souriant de cet indescriptible sourire du sphinx, son menton, d’une courbe un peu courte, mais d’une finesse extrême de contour, offraient le plus pur type de l’idéal égyptien, et accusaient, par mille petits détails caractéristiques, que l’art n’invente pas, la physionomie individuelle d’un portrait. Une multitude de fines nattes, tressées en cordelettes et séparées par des bandeaux, retombaient, de chaque côté du masque, en masses opulentes. Une tige de lotus, partant de la nuque, s’arrondissait au-dessus de la tête et venait ouvrir son calice d’azur sur l’or mat du front, et complétait, avec le cône funéraire, cette coiffure aussi riche qu’élégante.
Un large gorgerin, composé de fins émaux cloiso
Sur la poitrine, l’oiseau sacré à la tête de bélier, portant entre ses cornes vertes le cercle rouge du soleil occidental et soutenu par deux serpents coiffés du pschent qui gonflaient leurs poches, dessinait sa configuration monstrueuse pleine de sens symboliques. Plus bas, dans les espaces laissés libres par les zones transversales et rayées de vives couleurs représentant les bandelettes, l’épervier de Phré couro
Une bandelette longitudinale d’hiéroglyphes, panant de la ceinture et se prolongeant jusqu’aux pieds, contenait sans doute quelques formules du rituel funèbre, ou plutôt les nom et qualités de la défunte, problème que Rumphius se promit de résoudre plus tard.
Toutes les peintures, par le style du dessin, la hardiesse du trait, l’éclat de la couleur, dénotaient de la façon la plus évidente, pour un œil exercé, la plus belle période de l’art égyptien.
Lorsque le lord et le savant eurent assez contemplé cette première enveloppe, ils tirèrent le carto
C’était un spectacle étrange que ce maillot funèbre à masque doré, se tenant debout comme un spectre matériel, et reprenant une fausse attitude de vie, après avoir gardé si longtemps la pose horizontale de la mort sur un lit de basalte, au cœur d’une montagne éventrée par une curiosité impie.
L’âme de la défunte, qui comptait sur l’éternel repos, et qui avait pris tant de soins pour préserver sa dépouille de toute violation, dut s’en émouvoir, au-delà des mondes, dans le cercle de ses voyages et de ses métamorphoses.
Rumphius, armé d’un ciseau et d’un marteau pour séparer en deux le carto