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Les femmes se roulaient à terre, déchiraient leurs habits, s’arrachant les cheveux, se meurtrissant le sein. «Que ne nous laissais-tu en Égypte? la servitude vaut encore mieux que la mort, et tu nous as emmenés au désert pour y périr:

Avais-tu donc peur de nous voir manquer de sépulcres?» Ainsi vociféraient les multitudes furieuses contre Mosché, toujours impassible: les plus courageux se jetaient sur leurs orales et se préparaient à la défense; mais la confusion était horrible et les chars de guerre, en se lançant à travers cette masse compacte, devaient y faire d’affreux ravages.

Mosché étendit son bâton sur la mer après avoir invoclué l’éternel; et alors eut lieu un prodige que nul hiéroglyphite n’eût pu contrefaire. Il se leva un vent d’orient d’une violence extraordinaire, qui creusa l’eau de la mer des Algues comme le soc d’une charrue gigantesque, rejetant à droite et à gauche des montagnes salées couro

Les tribus se précipitèrent par cette issue miraculeuse, torrent humain coulant à travers deux rives escarpées d’eau verte. L’i

Effrayés de ce miracle, les Égyptiens hésitaient à poursuivre les Hébreux; mais Pharaon, avec son courage altier que rien ne pouvait abattre, poussa ses chevaux qui se cabraient et se renversaient sur le timon, les fouaillant à tour de bras de son fouet à double lanière, les yeux pleins de sang, l’écume aux lèvres et rugissant comme un lion dont la proie s’échappe! il les détermina enfin à entrer dans cette voie si étrangement ouverte!

Les six cents chars suivirent: les derniers Israélites, parmi lesquels se trouvaient Poëri, Ra’hel et Thamar, se crurent perdus, voyant l’e

Seul, Pharaon, debout dans la conque de son char surnageant, lançait, ivre d’orgueil et de fureur, les dernières flèches de son carquois aux Hébreux arrivant sur l’autre rive:

les flèches épuisées, il prit sa javeline, et, déjà plus qu’à moitié englouti, n’ayant plus que le bras hors de l’eau, il la darda, trait impuissant, contre le Dieu inco

Une lame énorme, se roulant deux ou trois fois sur le bord de la mer, fit couler bas les derniers débris: de la gloire et de l’armée de Pharaon il ne restait plus rien!

Et sur le rivage opposé, Miriam, la sœur d’Aharon, exultait et chantait en jouant du tambourin, et toutes les femmes d’Israël marquaient le rythme sur la peau d’onagre. Deux millions de voix ento

XVIII

Tahoser attendit en vain Pharaon et régna sur l’Égypte, puis elle mourut au bout de peu de temps. On la déposa dans la tombe magnifique préparée pour le roi, dont on ne put retrouver le corps, et son histoire, écrite sur papyrus avec des têtes de chapitre en caractères rouges, par Kakevou, grammate de la double chambre de lumière et gardien des livres, fut placée à côté d’elle sous le lacis des bandelettes.

Était-ce Pharaon ou Poëri qu’elle regrettait? Le grammate Kakevou ne le dit pas, et le docteur Rumphius, qui a traduit les hiéroglyphes du grammate égyptien, n’a pas osé prendre sur lui de décider la question. Quant à Lord Evandale, il n’a jamais voulu se marier, quoiqu’il soit le dernier de sa race.

Les jeunes misses ne s’expliquent pas sa froideur à l’endroit du beau sexe; mais, en conscience, peuvent-elles imaginer que Lord Evandale est rétrospectivement amoureux de Tahoser, fille du grand prêtre Pétamounoph, morte il y a trois mille cinq cents ans? Il y a pourtant des folies anglaises moins motivées que celle-là.


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