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En apercevant le roi, Tahoser voulut se lever de son siège et se prosterner; mais Pharaon vint à elle, la releva et la fit asseoir.
«Ne t’humilie pas ainsi, Tahoser, lui dit-il d’une voix douce; je veux que tu sois mon égale; il m’e
«Pourquoi mon âme est-elle à Poëri?» se disait-elle en reprenant sa place sur son siège d’ivoire.
Timopht, mettant une main à terre et l’autre sur sa tête, pénétra dans la chambre:
«Roi, dit-il, un perso
– Comment s’appelle-t-il? dit le roi.
Timopht répondit; «Mosché.»
XV
Le roi passa dans une autre salle pour recevoir Mosché, et s’assit sur un trône dont les bras étaient formés par des lions; il entoura son cou d’un large pectoral, saisit son sceptre et prit une pose de superbe indifférence.
Mosché parut: un autre Hébreu, nommé Aharon, l’accompagnait. Quelque auguste que fût le Pharaon sur son trône d’or, entouré de ses oëris et de ses flabellifères, dans cette haute salle aux colo
On eût dit le reflet d’un soleil invisible.
Sans se prosterner, comme c’était l’habitude lorsqu’on approchait du roi, Mosché s’avança vers le trône de Pharaon et lui dit:
«Ainsi a parlé l’éternel, le Dieu d’Israël: «Laisse aller mon peuple, pour qu’il me célèbre une sole
«Le Dieu des Hébreux s’est manifesté à nous. Nous voulons donc aller à une distance de trois jours dans le désert et y sacrifier à l’éternel, notre Dieu, de peur qu’il ne nous frappe de la peste ou du glaive.» Aharon confirma par un signe de tête la demande de Mosché.
«Pourquoi détournez-vous le peuple de ses occupations? répondit le Pharaon. Allez à vos travaux. Heureusement pour vous que je suis aujourd’hui d’humeur clémente, car j’aurais pu vous faire battre de verges, couper le nez et les oreilles, jeter tout vifs aux crocodiles. Sachez, je veux bien vous le dire, qu’il n’y a d’autre dieu qu’Ammon-Ra, l’être suprême et primordial, à la fois mâle et femelle, son propre père et sa propre mère, dont il est aussi le mari; de lui découlent tous les autres dieux qui relient le ciel à la terre, et ne sont que des formes de ces deux principes constituants; les sages le co
«J’ai obéi aux ordres de l’éternel, dit Mosché à son compagnon lorsqu’il eut franchi le pylône, mais Pharaon est resté insensible comme si j’eusse parlé à ces hommes de granit assis sur des trônes à la porte des palais, ou à ces idoles à tête de chien, de singe ou d’épervier, qu’encensent les prêtres au fond des sanctuaires. Qu’allons-nous répondre au peuple quand il nous interrogera sur le succès de notre mission?» Pharaon craignant que les Hébreux n’eussent l’idée de secouer le joug d’après les suggestions de Mosché, les fit travailler plus rudement encore et leur refusa la paille pour mêler à leurs briques. Aussi les enfants d’Israël se répandirent-ils par toute l’Égypte, arrachant le chaume et maudissant les exacteurs, car ils se trouvaient très malheureux et ils disaient que les conseils de Mosché avaient redoublé leur misère.
Un jour Mosché et Aharon reparurent au palais et sommèrent encore une fois le roi de laisser partir les Hébreux, pour aller sacrifier à l’éternel, dans le désert.
«Qui me prouve, répondit Pharaon, que vraiment l’Éternel vous envoie vers moi pour me dire ces choses et que vous n’êtes pas, comme je l’imagine, de vils imposteurs?» Aharon jeta son bâton devant le roi, et le bois commença à se tordre, à onduler, à se couvrir d’écailles, à remuer la tête et la queue, à se dresser et à pousser des sifflements horribles. Le bâton s’était changé en serpent. Il faisait bruire ses a
Les oëris et les serviteurs rangés autour du trône restaient immobiles et muets d’effroi à la vue de ce prodige. Les plus braves avaient tiré à demi leur épée.
Mais Pharaon ne s’en émut aucunement; un sourire dédaigneux voltigea sur ses lèvres, et il dit:
«Voilà ce que vous savez faire. Le miracle est mince et le prestige grossier. Qu’on fasse venir mes sages, mes magiciens et mes hiéroglyphites.» Ils arrivèrent; c’étaient des perso