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Qu’était auprès de ce demi-dieu le chétif Poëri? et pourtant Tahoser l’aimait. Les sages ont, depuis longtemps, renoncé à expliquer le cœur des femmes; ils possèdent l’astronomie, l’astrologie, l’arithmétique; ils co
Après avoir traversé plusieurs salles avec Tahoser, qu’il guidait par la main, le roi s’assit sur un siège en forme de trône, dans une chambre splendidement décorée.
Au plafond bleu scintillaient des étoiles d’or, et contre les piliers qui supportaient la corniche s’adossaient des statues de rois coiffés du pschent, les jambes engagées dans le bloc et les bras croisés sur la poitrine, dont les yeux bordés de lignes noires regardaient dans la chambre avec une intensité effrayante.
Entre chaque pilier brûlait une lampe posée sur un socle, et les pa
En tête de la série, guidée par Horus, le pasteur des peuples, marchait l’homme par excellence, l’Égyptien, le Rot-en-ne-rôme, à la physionomie douce, au nez légèrement aquilin, à la chevelure nattée, à la peau d’un rouge sombre, que faisait ressortir un pagne blanc. Ensuite venait le nègre ou Nahasi, avec sa peau noire, ses lèvres bouffies, ses pommettes saillantes, ses cheveux crépus; puis l’Asiatique ou Namou, à couleur de chair tirant sur le jaune, à nez fortement aquilin, à barbe noire et fournie, aiguisée en pointe, vêtu d’une jupe bariolée, frangée de houppes; puis l’Européen ou Tamhou, le plus sauvage de tous, différant des autres par son teint blanc, ses yeux bleus, sa barbe et sa chevelure rousses, une peau de bœuf non préparée jetée sur l’épaule, des tatouages aux bras et aux jambes.
Des scènes de guerre et de triomphe remplissaient les autres pa
Au milieu de la chambre, sur une table que supportaient des captifs liés par les coudes, sculptés si habilement qu’ils paraissaient vivre et souffrir, s’épanouissait une énorme gerbe de fleurs dont les émanations suaves parfumaient l’atmosphère.
Ainsi, dans cette chambre magnifique qu’entouraient les effigies de ses aïeux, tout racontait et chantait la gloire du Pharaon. Les nations du monde marchaient derrière l’Égypte et reco
Pharaon tenait le bout des doigts de Tahoser debout devant lui, et il fixait sur elle ses yeux de faucon, dont jamais les paupières ne palpitaient; la jeune fille n’avait pour vêtement que la draperie substituée par Ra’hel à sa robe mouillée pendant la traversée du Nil; mais sa beauté n’y perdait rien; elle était là demi-nue, retenant d’une main la grossière étoffe qui glissait, et tout le haut de son corps charmant apparaissait dans sa blancheur dorée. Quand elle était parée, on pouvait regretter la place qu’occupaient ses gorgerins, ses bracelets et ses ceintures en or ou en pierres de couleur; mais, à la voir privée ainsi de tout ornement, l’admiration se rassasiait ou plutôt s’exaltait.
Certes, beaucoup de femmes très belles étaient entrées dans le gynécée de Pharaon; mais aucune n’était comparable à Tahoser, et les prunelles du roi dardaient des flammes si vives qu’elle fut obligée de baisser les yeux, n’en pouvant supporter l’éclat.
En son cœur Tahoser était orgueilleuse d’avoir excité l’amour de Pharaon: car quelle est la femme, si parfaite qu’elle soit, qui n’ait pas de vanité? Pourtant elle eût préféré suivre au désert le jeune Hébreu. Le roi l’épouvantait, elle se sentait éblouie des splendeurs de sa face, et ses jambes se dérobaient sous elle. Pharaon, qui vit son trouble, la fit asseoir à ses pieds sur un coussin rouge brodé et orné de houppes.
«O Tahoser, dit-il en la baisant sur les cheveux, je t’aime.
Quand je t’ai vue du haut de mon palanquin de triomphe porté au-dessus du front des hommes par les oëris, un sentiment inco