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Le résultat de sa méditation, anxieusement attendu par Nofré, fut celui-ci:

«La fille de Pétamounoph est amoureuse.

– Qui te l’a dit? s’écria Nofré, qui croyait lire seule dans le cœur de sa maîtresse.

– Perso

– Tu parles très bien, et la sagesse habite ta vieille tête chauve; mais comment as-tu appris à co

«Je n’ai pas toujours été vieux et captif.» Illuminée par la suggestion de Souhem, Nofré pensa tout de suite au bel Ahmosis, l’oëris de Pharaon, qui passait si souvent au bas de la terrasse et qui avait si bo

Le jeune oëris était assis au fond de sa chambre sur un siège bas. Aux murs se groupaient en trophées différentes armes: la tunique de cuir écaillée de plaquettes de bronze où se lisait gravé le cartouche du Pharaon, le poignard d’airain à manche de jade évidé pour laisser passer les doigts, la hache de bataille à tranchant de silex, le harpe à lame courbe, le casque à double plume d’autruche, l’arc triangulaire et les flèches empe

Quand il vit Nofré, qu’il co

Il se leva et fit quelques pas vers Nofré, dont le regard inquiet scrutait les recoins de la chambre pour s’assurer de la présence ou de l’absence de Tahoser.

«Qui t’amène ici, Nofré? dit Ahmosis, voyant que la jeune suivante, préoccupée de sa recherche, ne rompait pas le silence. Ta maîtresse va bien, je l’espère, car il me semble l’avoir vue hier à l’entrée du Pharaon.

– Si ma maîtresse va bien, tu dois le savoir mieux que tout autre, répondit Nofré: car elle s’est enfuie de la maison sans confier ses projets à perso

– Elle a disparu! que me dis-tu là? fit Ahmosis avec une surprise qui certes n’était pas jouée.

– Je croyais qu’elle t’aimait, dit Nofré, et quelquefois les jeunes filles les plus retenues font des coups de tête. Elle n’est donc pas ici?

– Le dieu Phré, qui voit tout, sait où elle est; mais aucun de ses rayons terminés par des mains ne l’a atteinte chez moi. Regarde plutôt et visite les chambres.

– Je te crois, Ahmosis, et je me retire: car, si Tahoser était venue, tu ne le cacherais pas à la fidèle Nofré, qui n’eût pas mieux demandé que de servir vos amours. Tu es beau, elle est libre, riche et vierge. Les dieux eussent vu cette union avec plaisir.» Nofré revint à la maison plus inquiète et plus bouleversée que jamais; elle craignait qu’on ne soupço

Pharaon, de son côté, pensait aussi à Tahoser. Après avoir fait les libations et les offrandes exigées par le rituel, il s’était assis dans la cour intérieure du gynécée, et rêvait, sans prendre garde aux ébats de ses femmes, qui, nues et couro

C’était un tableau charmant que ces belles femmes dont les corps sveltes luisaient sous l’eau comme des statues de jaspe submergées, dans ce cadre d’arbustes et de fleurs, au milieu de cette cour entourée de colo

Amensé et Twéa, lasses de nager, étaient sorties de l’eau, et, agenouillées au bord du bassin, étalaient au soleil pour la sécher leur épaisse chevelure noire, dont les mèches d’ébène faisaient paraître leur peau plus blanche encore; les dernières perles du bain roulaient sur leurs épaules lustrées et sur leurs bras polis comme le jade; des servantes les frottaient d’essences et d’huiles aromatiques, tandis qu’une jeune Éthiopie

On eût dit que l’ouvrier qui avait sculpté les bas-reliefs décoratifs des salles du gynécée avait pris ces groupes pleins de grâce pour modèles; mais Pharaon n’eût pas regardé d’un œil plus froid le dessin incisé dans la pierre.

Juché sur le dossier du fauteuil, le singe privé croquait des dattes et faisait claquer ses dents; contre les jambes du maître le chat favori se frottait en arrondissant le dos; le nain difforme tirait la queue du singe et les moustaches du chat, dont l’un glapissait et l’autre jurait, ce qui ordinairement déridait Sa Majesté; mais Sa Majesté n’était pas ce jour-là en train de rire. Elle écarta le chat, fit descendre le singe du fauteuil, do

Chacune de ces chambres était formée de blocs d’une grandeur prodigieuse, et fermée par des portes de pierre qu’aucune puissance humaine n’eût pu forcer, à moins de savoir le secret qui les faisait s’ouvrir.

Dans ces chambres étaient enfermés les richesses du Pharaon et le butin enlevé aux nations conquises. Il y avait là des lingots de métaux précieux, des couro