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«Mon Dieu, vous qui fîtes le ciel et la rosée, comme il est dit dans Tristan, jugez-moi dans votre équité, non selon mes actes, mais d’après mes intentions, qui furent droites et pures; et je dirai: Gloire à vous dans le ciel et paix sur la terre aux hommes de bo

29 décembre.

Quand j’entrai chez madame de Gabry, je trouvai Jea

Avait-elle, comme moi, aux premiers rayons de l’aube, invoqué Celui qui fit le ciel et la rosée? Elle souriait dans une douce quiétude.

Madame de Gabry la rappela pour achever sa coiffure, car cette aimable hôtesse avait voulu arranger de ses mains les cheveux de l’enfant qui lui était confiée. Venu un peu avant l’heure convenue, j’avais interrompu cette gracieuse toilette. Pour me punir, on me fit attendre seul dans le salon. M. de Gabry m’y rejoignit bientôt. Il venait évidemment du dehors, car son front portait encore la marque du chapeau. Son visage exprimait une animation joyeuse. Je ne crus pas devoir lui faire de questions et nous allâmes tous déjeuner. Quand les domestiques eurent achevé leur service, M. Paul, qui gardait son histoire pour le café, nous dit:

– Eh bien! je suis allé à Levallois.

– Vous avez vu maître Mouche? lui demanda vivement madame de Gabry.

– Non! répondit-il, en observant nos visages, qui marquaient le désappointement.

Après avoir joui un temps raiso

– Maître Mouche n’est plus à Levallois. Maître Mouche a quitté la France. Il y aura après-demain huit jours qu’il a mis la clef sous la porte, emportant l’argent de ses clients, une somme assez ronde. J’ai trouvé l’étude fermée. Une voisine m’a dit la chose avec force malédictions et imprécations. Le notaire n’a pas pris seul le train de 7 heures 55; il a enlevé la fille d’un perruquier de Levallois. Le fait m’a été confirmé par le commissaire de police. Vraiment, maître Mouche pouvait-il lever le pied plus à propos? il aurait retardé son coup d’une semaine que, représentant de la société, il vous traînait comme un criminel, monsieur Bo

Je voudrais vivre longtemps pour me rappeler longtemps cette matinée. Nous étions réunis tous quatre dans la grande salle à manger blanche, autour de la table de chêne ciré. M. Paul avait la joie forte et même un peu rude, et il buvait l’armagnac à longs traits, le brave homme! Madame de Gabry et mademoiselle Alexandre me souriaient d’un sourire qui me paya de mes peines.

Je reçus en rentrant au logis les plus aigres remontrances de Thérèse, qui ne concevait plus rien à ma nouvelle manière de vivre. Il fallait à son avis que Monsieur eût perdu le sens.

– Oui, Thérèse, je suis un vieux fou et vous êtes une vieille folle. Cela est certain. Le bon Dieu nous bénisse, Thérèse, et nous do

15 janvier 1877.

– Bonjour, monsieur, me dit Jea

– Mademoiselle, je vous prie de me nommer sole

– C’est donc fait? Quel bonheur! me dit l’enfant, en tapant des mains.

– Cela s’est fait, mademoiselle, dans la salle commune, devant le juge de paix, et vous subirez dès aujourd’hui mon autorité… Vous riez, ma pupille? Je le vois dans vos yeux: il vous passe quelque folle idée par la tête. Encore une lune!

– Oh! non, monsieur… mon tuteur. Je regardais vos cheveux blancs. Ils s’enroulent sur les bords de votre chapeau comme du chèvrefeuille sur un balcon. Ils sont très beaux et je les aime.

– Asseyez-vous, ma pupille, et, s’il est possible, ne dites plus de choses déraiso

– Oh! monsieur! s’écria-t-elle, rouge de bonheur.

Je poursuivis:

– Il y a là, derrière, une petite chambre que ma gouvernante a préparée à votre intention. Vous y remplacerez des bouquins comme le jour succède à la nuit. Allez voir avec Thérèse si cette chambre est habitable. Il est entendu avec madame de Gabry que vous y coucherez ce soir.

Elle y courait déjà; je la rappelai:

– Jea

Ayant ainsi poussé Jea

Nous n’avions pas, nous autres, cette impitoyable justice. Notre indulgence était vaste. Elle allait à confondre le savant et l’ignorant dans la même louange. Pourtant il faut savoir blâmer et c’est là un devoir rigoureux. Je me rappelle le petit Raymond (c’était ainsi qu’on l’appelait). Il ne savait rien; il avait l’esprit étroitement borné, mais il aimait beaucoup sa mère. Nous nous gardâmes de dénoncer l’ignorance et la stupidité d’un si bon fils, et le petit Raymond, grâce à notre complaisance, parvint à l’Institut. Il n’avait plus sa mère et les ho

– Bonsoir, Gélis. Vous avez aujourd’hui la mine réjouie. Que vous arrive-t-il, mon cher enfant?

Il lui arrive qu’il a soutenu très convenablement sa thèse et qu’il est reçu dans un bon rang. C’est ce qu’il m’a

– Voilà qui va bien, répondis-je, et je suis heureux, Gélis, de voir ma vieille réputation associée à votre jeune gloire. Je m’intéressais vivement, vous le savez, à votre thèse; mais des arrangements domestiques m’ont fait oublier que vous la souteniez aujourd’hui.

Mademoiselle Jea

J’observai que, cette fois, ils furent timides l’un et l’autre et ne causèrent point entre eux.

Tout beau! Sylvestre Bo

M. Gélis prend des notes dans mon exemplaire unique de la Ginevera delle clare do