Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 56 из 151

– Oui, Saint-Père… et pour y préparer ainsi des événements qui sont encore dans la main de Dieu…

– C’est-à-dire la mort de Valois et l’avènement de Guise au trône de France.

– Oui, Saint-Père!…, Je vois que Votre Sainteté a l’esprit plus alerte qu’elle ne veut bien le dire.

Un pâle sourire glissa sur les lèvres de Sixte Quint, qui murmura:

– Continuez, mon cher ami…

– Donc, les principaux d’entre les conspirateurs, cardinaux ou évêques, doivent s’assembler pour une de ces cérémonies qu’elle sait organiser avec son infernal talent. Vous saurez que nul comme elle ne s’entend à frapper l’imagination de ceux qui l’entourent.

– Oui. C’est un point que j’ai trop négligé. Il faut aux hommes de la pompe, du théâtre, des spectacles magnifiques ou terribles. N’oubliez pas cela quand vous serez pape, Rove

– Ah! balbutia le cardinal, qui pâlit et joignit les mains, que dit là Votre Sainteté?…

– Cela m’a échappé… mais pas un mot!… Mettez que je n’aie rien dit… car si on savait… poursuivez, mon bon ami, poursuivez…

– Eh bien!, Saint-Père, je disais que rien ne serait plus facile que de profiter de cette réunion…

– Mais Guise? interrogea le pape dans l’œil duquel s’alluma un éclair. Rove

– Le duc de Guise, dit-il, doit venir à cette cérémonie avec ses gentilshommes et ses gens d’armes… Il doit en être prévenu à une certaine heure précise, ni trop tôt ni trop tard… Or, savez-vous qui doit le prévenir?… C’est moi, Saint-Père!

– Eh bien! fit le pape comme s’il n’eût pas déjà compris.

– Eh bien! je ne le préviendrai pas, voilà tout!…

Sixte Quint leva ses bras au ciel et murmura:

– Mon Dieu, c’est un grand bonheur que vous avez fait à votre serviteur et à votre Église en me ramenant ce digne, ce brave, cet excellent Rove

Ces trois derniers mots, le pape les prononça en lui-même, et Rove

– Toute la question, reprit le cardinal, est de savoir si Votre Sainteté pourra…

– Rassurez-vous, mon cher ami. Pour cette circonstance, Dieu fera un miracle et me rendra les forces nécessaires. D’ailleurs je dispose de quelques hommes décidés… je serai bien escorté…

– Et vous pouvez ajouter, Saint-Père, que grâce à moi, la plupart des conspirateurs sont maintenant indécis, hésitants, et qu’il faudrait bien peu de chose pour les ramener à vous…

– Bien, mon ami… bien… Et où doit avoir lieu cette réunion?… Dans Paris?…

– Non, heureusement: dans un endroit solitaire, écarté, assez éloigné de Paris pour permettre d’agir sans avoir à craindre d’intervention des ligueurs: à l’abbaye de Montmartre.

– Va bene:… J’enverrai en avant un homme à moi qui vous portera mes instructions. Arrangez-vous pour qu’il puisse entrer…

– À quoi le reco

– Il portera au doigt un a

– C’est de cela que je suis venu vous informer, Saint-Père…

– Et c’est?

– Demain! fit Rove

Un imperceptible tressaillement agita le vieillard. Rove

– Moi, et ceux qui sont prêts à rentrer dans le devoir, devons-nous attendre Votre Sainteté?

– Oui, dit nettement Sixte Quint. Lors même que je serais plus malade encore, Dieu fera un miracle… j’irai!

– Ainsi donc, Saint-Père, nous vous attendrons. Et nous attendrons d’abord l’homme porteur de l’a

– Et vous lui obéirez comme à moi-même, dit le pape qui leva sa dextre pour bénir.

Le cardinal Rove

– Pape!… Avant deux mois je serai pape!… Il croit qu’il en a encore pour six mois… Mais il faudrait vraiment un miracle… et nous ne sommes plus au temps des miracles!…

Là-dessus, le cavalier se dirigea vers le pont-levis, et sans doute il avait quelque mot d’ordre, car à son appel le pont s’abaissa, la porte s’ouvrit… bientôt le cardinal Rove

À peine le cardinal était-il sorti de la pièce où M. Peretti l’avait reçu, que le vieillard affaissé dans son fauteuil redressa sa taille, puis se releva et ricana:

– C’est trop facile décidément de jouer les hommes! Avec une promesse, on leur ferait trahir Dieu… Judas! Imposteur!… Toi, pape!… Allons donc!… Et puis… patience! je ne suis pas mort!… Six mois?… Six ans!… Patience, par la Madone, patience, mon bon Rove

En appelant ainsi, le pape frappa d’un marteau d’argent sur un timbre. Cajetan, l’intime et le véritable confident de Sixte, Cajetan que nous avons entrevu un instant au début de cette histoire dans l’hôtel de Catherine de Médicis, Cajetan donc apparut aussitôt.

– Combien d’hommes avons-nous? demanda le pape: j’entends des hommes d’armes.

– Vingt… que l’on peut porter à trente-cinq en armant les laquais.

– Les vingt suffiront. Qu’ils se tie

– Ma vie appartient au Seigneur et à mes supérieurs, dit Cajetan.

– Bon! Tu me précéderas donc, tu entreras dans l’endroit que je vais te désigner: tu y trouveras une femme… cette femme, en mon nom et au nom de Dieu, tu lui mettras la main à l’épaule et tu l’arrêteras…

– Je l’arrêterai, dit froidement Cajetan. Qui est cette femme?

– Fausta, répondit Sixte.