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X LA DAME EN NOIR

Le mariage secret de François de Montmorency et de Jea

En l’a

– Madame, lui dit-il, je ne sais quels sont vos sentiments à mon égard. Pardo

La princesse écoutait en souriant.

– On nous marie, continua François. En acceptant l’insigne ho

– Non pas, monsieur le maréchal, fit vivement Diane. Continuez donc, je vous prie, en toute loyauté…

– Si mon cœur était libre, dit alors François, il serait à vous; car vous êtes belle parmi les plus belles. Mais…

– Mais votre cœur est à une autre?…

– Non, madame! Et je me suis mal exprimé: mon cœur est mort, voilà tout!… Et si moi-même je vis encore, ce n’est pas faute d’avoir ardemment cherché la mort sur les champs de bataille…

Ses yeux s’obscurcirent. Et avec un sourire navrant, il ajouta:

– Il paraît qu’elle ne veut pas de moi… Voici donc, madame et princesse, la vérité tout entière, si cruelle qu’elle soit à dire pour moi: notre mariage ne peut-être que l’union de deux noms. Si l’amitié la plus fidèle et la plus ardente, si une affection fraternelle de tous les instants, si un dévouement aveugle peuvent balancer l’absence d’amour, je vous offre humblement cette amitié et ce dévouement… Maintenant, madame, que je vous ai parlé avec toute la sincérité d’une loyauté que nul jusqu’ici n’a pu suspecter, j’attends votre décision…

Diane se leva.

C’était une grande belle femme qui ne manquait ni de cœur ni d’esprit.

– Monsieur le maréchal, dit-elle doucement, venant de tout autre que vous, une pareille franchise m’eût en effet offensée. Mais à vous, monsieur, je pardo

– Madame…, murmura François en pâlissant… car peut-être avait-il espéré une autre réponse.

– Allez, monsieur le maréchal. Je respecterai le deuil de votre cœur…

Et comme il s’inclinait en baisant la main de la princesse, avec un sourire mélancolique, elle ajouta:

– Maître Ambroise Paré prétend que j’ai d’éto

C’est ainsi que fut conclu le pacte.

Après la cérémonie, François se lança à corps perdu dans une série de dangereuses campagnes; mais, comme il l’avait dit, il paraît que la mort ne voulait pas de lui.

Quant à Henri, il ne revit pas son aîné. On eût dit, d’ailleurs, que les deux frères cherchaient à s’éviter. Quand l’un guerroyait dans le Nord, l’autre se trouvait dans le Midi.

Le jour de la rencontre devait pourtant venir, et de terribles drames se préparaient pour ce jour-là…

Car les deux frères aimaient toujours.

Ils aimaient la même femme – maintenant disparue – sans qu’aucun d’eux, malgré des recherches ardentes, eût jamais pu la retrouver.

Qu’était-elle donc devenue, cette femme tant adorée? Plus heureuse que François, avait-elle trouvé un refuge dans la mort? Avait-elle cessé de souffrir, et l’abominable calvaire de son cœur d’épouse et de mère l’avait-il conduit au tombeau?

Non! Jea

Si lutter sans cesse contre la douleur, si étouffer à chaque seconde les palpitations et les élans d’un cœur passio

Comment la malheureuse avait-elle quitté l’hôtel de Montmorency après l’effroyable scène où s’était consommé son sacrifice? Comment ne mourut-elle pas de désespoir? Qui la recueillit et la sauva? Comment s’écoulèrent les a

Il nous a été impossible de reconstituer ces épisodes d’une existence flétrie.

Nous retrouvons Jea

Entrons dans la maison… pénétrons dans une pièce claire, pauvre, mais arrangée avec un goût délicieux… regardons le tableau admirable qui s’offre à nos yeux… écoutons!…

Jea

En passant, elle s’arrête un instant devant le miroir, se regarde, et songe:

«Comme il me trouverait flétrie, s’il me voyait à présent!… Me reco

Jea

L’éclat de ses yeux s’est seulement adouci et comme voilé.

Ses lèvres où fleurissait jadis le rire ont pris un pli grave.

Mais elle est toujours la femme radieusement belle que les gens du voisinage appellent «la Dame en noir», parce qu’elle porte sur ses vêtements le même deuil éternel que dans son cœur.

Et ces yeux voilés repre

Ah! c’est que cette petite ouvrière aux doigts roses qui courent dans la laine, c’est sa fille! sa Loïse!…

Maintenant, nous savons pourquoi Jea

Maintenant, nous co

Jea

Elle peut être une épouse qui a éprouvé le plus effroyable malheur qui puisse frapper une épouse.

Elle demeure, elle est toujours et avant tout la mère!…

Et si elle a tressailli de joie lorsque jadis elle a compris que le mystère de la maternité allait s’accomplir en elle, si elle s’est mise à idolâtrer sa petite Loïse dès son premier balbutiement, comment ne l’aimerait-elle pas maintenant!

Loïse paraît seize printemps…

Ses yeux, d’un bleu intense, d’un bleu violette, semblent réfléchir l’infinie pureté d’un ciel de mai, par ces matins ineffables où l’immensité céleste paraît plus profonde, où le bleu paraît plus bleu…

Ses cheveux forment autour de son front de neige un nimbe nuageux, presque fluide tant ils sont fins et soyeux, un nimbe qui se dore sous les rayons du soleil, comme si un peintre génial s’était plu à dépenser pour eux tout l’or de sa palette.

Son attitude, son geste, sa parole forment un poème d’harmonie.

On ne sait quelle force de souplesse et de fierté se dégage de ce merveilleux ensemble.

Et pourtant…

Quelle mélancolie sur ce front si radieux, si noble de lignes, si expressif!…

Est-ce que celle-là aussi serait marquée par la fatalité!…

Est-ce que sur les pas de la fille, comme sur ceux de la mère, vont se lever et se déchaîner les passions orageuses créatrices de drames?

Jea

Loïse lève la tête…

La mère et la fille se sourient… et quiconque les verrait en ce moment se demanderait laquelle des deux est la plus admirable, et jurerait que ce sont deux sœurs que quelques a

Jea