Страница 17 из 187
Forte de son amour d’amante et de son amour de mère, Jea
Une indicible exaltation la soutenait.
Elle n’avait pas peur: ni de la nuit profonde, ni des mystérieuses obscurités qu’elle côtoyait, ni des maraudeurs qui infestaient les routes et tenaient la vie humaine pour non-valeur…
Elle marchait d’un bon pas, son enfant dans les bras, et elle ne songeait même pas qu’elle n’avait pas un vêtement de rechange, qu’elle ne possédait pas un écu, qu’elle ignorait Paris… elle ne songeait à rien… elle marchait comme dans une extase, le regard brillant fixé sur l’image de l’amant.
Environ une heure après le départ de François de Montmorency, des bûcherons apportèrent sur une civière le corps ensanglanté de son frère Henri. Il y eut un grand bruit, grandes allées et venues effarées dans le manoir. Henri fut porté dans son appartement, et le chirurgien du château sonda la blessure.
– Il vivra, dit-il. Mais de six mois, il ne pourra se lever d’ici.
Les bûcherons avaient reco
Mais l’événement leur parut si étrange et si redoutable qu’ils ne voulurent rien dire.
On supposa donc que le deuxième fils du co
Ce fut vers la même heure que le chevalier de Pardaillan quitta Montmorency. Il ignorait ce qui venait de se passer au manoir. Mais l’eût-il su qu’il fût parti quand même. En effet, Pardaillan co
– En somme, grommelait-il, en rendant l’enfant j’ai trahi mon illustre et vindicatif seigneur. Tudiable! C’est qu’il adore voir un corps se balancer au bout d’une corde, ce digne maître! Et bien que je sois gentilhomme, le drôle ne se gênerait pas pour essayer autour de mon col le chanvre neuf de la grande tour! Or çà, détalons, et tâchons de mettre en mon col et ledit chanvre un nombre respectable de toises et de lieues!
Ayant ainsi raiso
Bientôt il pénétra dans la forêt qui s’étendait alors presque jusqu’aux portes de Paris et dont les derniers bouquets ombrageaient les collines de Montmartre.
Au bout d’un bon temps de trot de vingt minutes, le cavalier crut apercevoir une ombre à deux pas de son cheval, et au même instant, celui-ci fit un brusque écart, puis s’arrêta net.
Pardaillan se pencha, distingua une femme, et presque aussitôt la reco
Jea
– Madame…, fit doucement le routier.
Jea
– Monsieur, dit-elle, je suis bien sur le chemin de Paris?
– Oui, madame. Mais vraiment… vous allez ainsi, toute seule, en forêt, par la nuit?… Voulez-vous me permettre de vous tenir compagnie?…
Elle secoua la tête, murmura un faible remerciement.
– Quoi! vous voulez être seule? reprit le cavalier.
– Seule, oui. Je ne crains rien.
Et elle se mit en marche.
Pardaillan la contempla une minute avec un éto
– Mais, madame, reprit-il, avez-vous au moins des parents à Paris? Savez-vous où vous irez?
– Non… Je ne le sais pas…
– Mais vous avez sans doute de l’argent?… Ne vous offensez pas, je vous prie…
– Vous ne m’offensez pas… Je n’ai pas d’argent… Merci de votre sollicitude, qui que vous soyez…
Un violent combat parut se livrer dans l’esprit du cavalier qui maugréa, pesta, jura tout bas, puis prenant une soudaine résolution, se pencha vers Jea
– Madame, ne maudissez pas trop le chevalier de Pardaillan… c’est un de mes amis!
Jea
Ce diamant, c’était celui qu’Henri de Montmorency avait do