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– Ça ne me plaît pas…
– Bon dieu, regardez la situation en face, Anita. C'est franchement pas faisable autrement.
Anita se mura dans un long silence puis lâcha, entre ses dents:
– À quelle heure cet après-midi?
– Disons cinq heures? Ça vous laisse le temps d'interroger le Sud-Africain et de préparer un plan pour la suite…
– Comment on procède?
– On laissera Koesler dans le coffre de la Nissan, à cent mètres du commissariat de Faro, ét vous vous débrouillez pour la suite. Je reprendrai la BMW mais faut que vous disiez aux flics de la mettre en veilleuse, pour moi.
Il pointait du menton le skipper brésilien, débouchant sur le quai au volant d'une grosse Fiat bleue.
Un petit sourire arqua les lèvres d'Anita.
– Et qu'est-ce que avez comme arguments pour ça? C'est vrai que vous n'avez tué qu'une dizaine d'hommes, en deux jours…
Hugo avala la boule de billard qu'il avait dans la gorge.
– Dites que j'ai été engagé par le père d'Alice pour la protéger. Que j'étais en état de légitime défense et que je suis prêt à venir m'expliquer devant la justice quand Alice sera en sécurité.
Il espérait que cette soupe de vérités, de fictions et de demi-mensonges noierait définitivement le poisson. Cela sembla marcher mais il ne sut analyser convenablement la réaction de la jeune femme. Elle lui faisait face, aussi impénétrable qu'un sphinx.
– D'accord, finit-elle par lâcher.
– Nous allons former un convoi jusqu'à Faro… suivez-moi.
Et il s'éjecta de l'habitacle, avant qu'elle ne change d'avis, comme un astronaute découvrant que l'incendie était à bord.