Страница 65 из 97
– Qu'est-ce qui y a? Mme K a appelé?
– Non, c'est notre équipe de Marvao, les Portugais. Ils ont téléphoné y a pas dix minutes… Au sujet de notre patrouille de Guarda.
Vondt l'emmena un peu à l'écart, dans le couloir de l'entrée. Il y avait assez de mauvaises nouvelles comme ça. Il voulait contrôler la circulation de l'information.
– Je t'écoute.
– Ben y m'ont dit qu'ils avaient cherché partout, hier, mais qu'y avait trace nulle part de nos gars. Mais y m'ont dit que dans la nuit y z'avaient appris qu'y avait eu une fusillade au nord de Castelo Branco dans l'après-midi. Deux types dans une voiture étrangère, remplis de plomb…
Merde, pensa Vondt, le pire était effectivement arrivé. L'homme de Travis était un tueur patenté.
Dorsen reprenait.
– Quand y m'ont appelé tout à l'heure y'm'ont dit que c'était plus la peine qu'y cherchent. C'est dans les éditions locales du matin. Deux hommes porteurs de faux papiers belges. Abattus. Puis jetés dans leur caisse au fond d'un ravin.
Vondt avala difficilement sa salive. Le tableau qu'il aurait à présenter à Mme Eva serait des plus sombres.
Il fit le bilan et tenta d'adopter un plan de retraite. Sept hommes perdus à l'hôtel. Deux à Castelo Branco. Restaient les Portugais. L'équipe qui surveillait la baraque de Travis à Albufeira. L'équipe de Vila Real de Santo Antonio. Ceux de Badajoz. Les quelques hommes qu'il avait laissés aux frontières, après l'appel des hommes de Guarda, par simple mesure de prudence (il n'avait repatrié vers Monchique que Jampur et Rudolf qui s’occupaient de la N 433, au sud-est de Moura).
La fille était au Portugal maintenant, c'était une certitude absolue. Il était inutile de garder toutes les réserves aux frontières. Il laisserait la maison d’Albufeira sous surveillance et pourrait combler une partie des pertes avec ces six hommes.
Il demanderait à Dorsen de s'occuper de ça puis dormirait le temps que Mme K appelle, comme convenu.
Ensuite il irait au bar du port de Vila Real. Il fallait retrouver Travis. Coûte que coûte.
Il ne put même pas dormir trois heures, dans une des grandes chambres de l'étage.
Dorsen vint le réveiller pour lui dire que Mme Kristensen était au téléphone. Il était onze heures et des poussières. Lorsque Vondt empoigna le combiné dans le vestibule, il avait à peine eu le temps de reprendre ses esprits.
– Bonjour, madame K, lâcha-t-il de sa voix la plus neutre.
Une sorte de feulement rauque était sorti de son larynx, en fait.
– Bonjour, Lucas. Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui ne va pas?
Eva Kristensen semblait posséder des ante
– Des problèmes. Graves. Où êtes-vous?
– Où croyez-vous que je sois, nom de dieu… En cure de thalasso évidemment.
– Vous êtes dans la maison? Écoutez… Il ne faut pas que vous sortiez de votre bateau, où que vous soyez.
Il tentait de la jouer pro. Lui faire comprendre qu'il contrôlait la situation, malgré le désastre.
Il y eut un bref soupir, hachuré de parasites…
– Qu'est-ce qu'il se passe encore? On m'a dit a mon arrivée que le Dr Laas était passé vous voir pour une urgence…
– Oui. L'intervention à Évora s'est très mal passée. Nous avons eu des morts et des blessés.
Un autre soupir.
– Seigneur… J'imagine qu'Alice s'est une fois de plus évanouie dans la nature?
– Oui (il ne chercha pas à minimiser la chose, au contraire). Elle est protégée par un homme de Travis. Un spécialiste. De plus les flics de tout le Portugal vont être sur les dents après Évora… C'est pour cela qu'il faut que vous restiez à bord… C'est extrêmement important. Je passerai vous voir dans l'après-midi, pour mettre en place un plan cohérent…
Il commençait à co
– À quelle heure? laissa-t-elle tomber, froidement.
Il avait réussi.
– Dans l'après-midi. Je dois d'abord passer à Vila Real de Santo Antonio, nous avons une piste sérieuse pour Travis… Sorvan a été blessé mais ce n'est pas très grave, il s'en sortira. Mais bon c'est vrai nous avons perdu sept hommes… et nous avons perdu aussi deux gars hier après-midi, au nord de Castelo Branco, vous verrez tout ça dans les journaux ou aux infos de midi.
– Putain, Lucas, ce type… Descendez-le dans la seconde, Vondt… Vous m'entendez?
Elle en parlait comme si un serpent allait s'enrouler sous ses jupes.
– Passez quand vous aurez fini là-bas. Ce qui compte maintenant c'est Travis. Ma fille doit déjà etre chez lui, nom de dieu…
– Ce n'est pas certain… je vous expliquerai cet apres-midi. Il faut que je me mette en route.
– O.K., au revoir, Lucas.
Et elle avait déjà raccroché.
Vondt prit une douche, s'envoya un bon petit dejeuner et demanda à Koesler quelques amphés.
Puis il expliqua à Dorsen ce qu'il attendait de lui. Il avait bien fait de le mettre en réserve celui-là. C'était de loin le plus intelligent de la bande. Et un excellent tireur de surcroît. Il était jeune mais montrait des aptitudes exceptio
Il était très exactement midi lorsqu'il prit la route du sud.