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Koesler fonça vers Vondt, en agrippant Sorvan par-dessous l'épaule. Le Bulgare traînait la jambe en faisant une horrible grimace.
– Comment ça se présente? demanda Vondt en co
– Putain… Sont deux à tirer là-haut! L'aut'salopard il a au moins une mitrailleuse dans sa chambre… On a perdu Straub et Carl, et Dimitriescu… Lemme, Jampur, le Suisse… putain… Six hommes au moins… Y a pus qu' des cadavres dans c't'escalier…
Vondt le regarda froidement.
– Il faut prendre la fille. On a encore du temps devant nous.
Il consultait sa montre, nerveusement.
Mais il savait que c'était peine perdue. Sorvan pissait le sang comme une fontaine. Malgré sa force, la blessure le rendait moins opératio
Koesler soutenait durement son regard. Il n'y avait qu'à faire les comptes, Vondt, disait ce regard. C'est toi qui as planifié l'opération et regarde où on en est.
Vondt faisait des calculs en effet. Restaient Rudolf et les deux Français, plus eux trois. En moins de cinq minutes les effectifs avaient été largement divisés par deux. Il comprit que l'homme de Travis était un professio
– Tirons-nous, se résigna-t-il à lâcher.
Ils marchèrent à toute vitesse vers les bagnoles alors qu'il rappelait les Français avec le talkie.
Putain, c'était ce type qui devait être également responsable de la disparition de la patrouille de Guarda…
Ils prirent vers le nord, par la Nl14, la direction inverse vers laquelle leur faux appel avait envoyé la moitié du commissariat d'Évora. Sur leur route les flics avaient dû tomber dans le piège, des clous chevaliers disséminés dans un virage, et le temps qu'ils revie
Ils s'étaient divisés dans les trois voitures. Vondt et Rudolf, les deux Français ensemble et Koesler avec Sorvan. À l'embouchure de la N4 qui menait vers l'ouest, il fit des appels de phares à Koesler pour qu'ils s'arrêtent dans la cambrousse. Il demanda qu'on remplace les plaques néerlandaises par les plaques portugaises que Sorvan avait dénichées ce matin, avec un lot de fausses cartes grises.
Il demanda que Koesler parte en premier, puis lui et Rudolf, et enfin les Français, à cinq ou six minutes d'intervalle. On ne devait pas les voir ensemble jusqu'à la maison de Monchique. Le but de cette fuite vers le nord-ouest était de faire croire a une retraite vers Lisbo
Puis il avait patiemment attendu que Koesler et Sorvan s'enfoncent dans la nuit et il avait rallumé l'autoradio.
Eva K. ne serait pas contente du tout.
Dès leur arrivée à Monchique, il faudrait joindiie le Dr Laas, à la Casa Azul. De la part de Mme Cristobal, pour une urgence. Sorvan était le tueur fétiche d'Eva K., il ne fallait pas qu'il meure.
Il était pile quatre heures à l'horloge de bord lorsqu'il ordo