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XXIX LE PAVILLON D’EN FACE

Pendant que d’Assas, dans le pavillon de gauche, soupait, s’éto

Et en effet, ce pavillon était habité par une femme.

Et cette femme, c’était Juliette Bécu, celle-là même que du Barry avait audacieusement présentée au bal de l’Hôtel de Ville comme la comtesse du Barry.

Dans le petit salon, deux perso

C’étaient le comte très authentique et la fausse comtesse.

Juliette Bécu semblait inquiète.

Du Barry cherchait à calmer ses inquiétudes.

– Mais enfin, reprenait la fille galante, continuant une conversation commencée, que veut-il?… Si le roi est amoureux de cette petite mijaurée, que puis-je y faire?…

– Écoutez, ma chère, répondit du Barry. Je vais vous exposer le plan de celui qui est en ce moment notre maître à tous deux et auquel nous devons obéir… Ce plan est simple et génial: Mme d’Étioles se trouve dans une maison… tenez, supposez que ce soit le pavillon qui se trouve en face et que vous avez vu en entrant.

– Il est inhabité…

– C’est vrai. Mais supposez un instant qu’il soit habité, et qu’il le soit précisément par Mme d’Étioles… Vous comprenez?… Vous ici… Mme d’Étioles en face… Je continue mes suppositions: par suite de combinaisons qui vous seront expliquées, un beau soir Mme d’Étioles vient prendre votre place…

– Ici? fit Juliette.

– Oui, ici. Or, en même temps, vous prenez la sie

– J’entends. Mais après?…

– Vous ne comprenez pas?…

– Que voulez-vous, mon cher, depuis quelque temps, je vis dans le pays des énigmes.

– C’est pourtant simple…

– Et génial, vous l’avez dit!…

– Eh bien! supposons qu’un soir, par une nuit sombre, le roi de France, qui aura enfin reçu un mot de Mme d’Étioles l’appelant près d’elle, supposons, dis-je, que Louis se mette en route pour se rendre chez Mme d’Étioles… Il arrive, il entre, il trouve les lumières éteintes parce que la pudeur de la pauvre enfant se révolte… et il tombe dans les bras d’une femme qui se trouve être…

– Juliette Bécu, comtesse du Barry!… Admirable!…

– N’est ce pas? Alors, dame, si le roi s’aperçoit de la substitution, c’est à vous de ne pas la lui faire regretter…

– Je m’en charge! s’écria résolument la fille galante. Mais que devient pendant ce temps la petite d’Étioles?

– Je vous l’ai dit: elle a pris ici votre place. Et alors il se trouve que le pavillon d’en face est soudain habité par un galant qui adore cette charmante enfant, qui entre ici, qui aperçoit son idole, tombe à ses pieds pendant que le roi tombe aux vôtres, et lui prouve que la jeunesse et l’amour valent bien la royauté, tandis que vous prouvez à Louis qu’en amour erreur peut faire compte…

– Mon cher, fit Juliette, ce n’est pas génial: c’est sublime!

– Plus que vous ne pensez!… Car voyez si tout a été prévu, combiné, arrangé… Supposez que ce galant dont je vous ai parlé…

– Celui qui tombe aux pieds de la petite mijaurée…

– Oui. Eh bien! supposez que ce galant ait gravement insulté un ho

– Ah! il s’appelle d’Assas?…

– Oui! fit du Barry en éclatant de rire… un rire sinistre et funèbre qui glaça Juliette. Le digne galant veut tirer son épée pour me faire ho

– Voyons? fit Juliette en frisso

Du Barry, le visage décomposé par la haine, continua:

– Alors, des gens de bo

– C’est-à-dire vous…

– Moi ou un autre, peu importe. La petite d’Étioles est désignée comme la meurtrière. On l’arrête. On lui fait son procès. Vingt jeunes gens vie

– Horrible! horrible! murmura en elle-même Juliette Bécu qui, à haute voix, ajouta:

– C’est charmant… Et c’est vous qui avez combiné tout ce superbe plan?

– En partie, répondit du Barry d’une voix sombre. Dans la partie qui concerne l’ho

Un lourd silence pesa pendant de longues minutes dans l’élégant salon-boudoir.

Juliette frisso

Du Barry, pensif, fixait ses yeux durs sur le feu, tandis qu’un sourire livide crispait ses lèvres.

– Oui, répondit le comte, tout cela se fera. Tout est prévu, combiné. Ni le roi… ni elle… ni lui! lui surtout! ne peuvent nous échapper.

– Et quand la chose doit-elle se faire?…

– Cela dépend maintenant de Bernis…

– Bernis?… Ce petit poète?…

– Ce grand homme, fit du Barry sans qu’on pût savoir positivement si sa parole exprimait de l’admiration ou du mépris.

– Et que vient faire en tout ceci Bernis? demanda Juliette. Je ne lui ai parlé que deux fois; il me fait l’effet d’un écervelé… Je voudrais bien savoir…

– Hum! fit du Barry en jetant un regard aigu sur la fille galante. Vous en voulez trop savoir, ma chère…

Juliette tressaillit, mais déguisa son émotion sous un geste d’indifférence.

– Nous jouons ici la tragédie, reprit du Barry. Bernis a son rôle, j’ai le mien, vous avez le vôtre. Croyez-moi, vous serez une détestable comédie

– C’est vrai… cependant, mon cher, puisque nous sommes associés, je serais bien aise de co

– M. Jacques?…

– Oui! Qui est-il? Où va-t-il? Que veut-il? Comment s’appelle-t-il?

– M. Jacques s’appelle M. Jacques, dit du Barry d’une voix qui fit frisso

Cette fois, du Barry parlait avec une évidente sincérité.

Juliette Bécu, profondément troublée de cette terreur qu’elle voyait chez son redoutable compagnon, n’osa pas insister.

– Quoi qu’il en soit, reprit-elle pour détourner les soupçons qu’elle craignait d’avoir éveillés dans l’esprit de du Barry, M. Jacques se conduit avec moi en vrai galant homme… Cette demeure… cette prison qu’il m’assigne, est une véritable bonbo